Le coup de cœur du jour, c'est le détour de 10 kms dès le départ par le pont Kintaikyo, sur la rivière Nishiki. Pour comprendre une histoire qui remonte à 1673, quand le seigneur du fief d’Iwakuni, Hiroyoshi Kikkawa, las de voir le pont s'écrouler de façon répétitive à chaque importante crue de la Nishiki, lança le projet d'un vrai pont. Après consultation d'ouvrages Chinois, il dessina une structure toute en bois, à 5 arches, calculée sur des bases technologiques encore reconnues aujourd'hui. L'entretien des piliers fut hélas négligé pendant la guerre du Pacifique, et le pont dut être reconstruit après le passage dévastateur du typhon en 1950.

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La visite est l'occasion de faire connaissance d’un morceau de vie du samouraï Mekata, le vassal préféré de Hiroyoshi Kikkawa, son chouchou, un hatamoto fort, dévoué, premier de classe et cultivé. Le rôle du samouraï à la période d'Edo avait évolué, tout en étant un bon guerrier dévoué, résolu à se faire seppuku s’il arrivait quelque chose à son maître ou si son maître l’exigeait, le samouraï de la période d’Edo devait démontrer des qualités artistiques, chanteur danseur beau parleur... bref l’homme idéal. Wikipedia nous livre le secret de fabrication d’un samouraï.

Dans la tradition samouraï, un fils de samouraï était soumis à une discipline très stricte. Le temps des caresses maternelles était douloureusement court. Avant même d'avoir vêtu son premier pantalon, on l'avait soustrait autant que possible aux tendres contacts et on lui avait appris à réprimer les élans affectueux de l'enfance. Tout plaisir oisif était rigoureusement mesuré et le confort lui-même proscrit, sauf en cas de maladie. Ainsi, dès le moment où il savait parler, on lui enjoignait de considérer le devoir comme le seul guide de son existence, le contrôle de soi comme la première règle de conduite, la souffrance et la mort comme des accidents sans importance du point de vue individuel.

Cette éducation austère n'allait pas sans impératifs beaucoup plus contraignants, destinés à développer une impassibilité totale dont l'enfant ne devait jamais se départir, hormis dans l'intimité de la maison. On accoutumait les garçonnets à la vue du sang en les forçant à assister à des exécutions. Ils ne devaient manifester aucune émotion. De retour chez eux, on les obligeait à manger un grand plat de riz coloré en rouge sang par l'adjonction d'un jus de prunes salées, afin de réprimer tout sentiment d'horreur secret. Des épreuves encore plus pénibles pouvaient être imposées, même aux très jeunes enfants. À titre d'exemple, on les contraignait à se rendre seuls, à minuit, sur les lieux du supplice, et à en rapporter la tête d'un des condamnés pour preuve de leur courage. En effet, la crainte des morts était jugée tout aussi méprisable de la part d'un samouraï que celle des vivants. Le jeune samouraï devait apprendre à se prémunir contre toutes les peurs. Dans toutes ces épreuves, la plus parfaite maîtrise de soi était exigée. Aucune fanfaronnade n'aurait été tolérée avec plus d'indulgence que le moindre signe de lâcheté.

En grandissant, l'enfant devait se satisfaire, en guise de distractions, de ces exercices physiques qui, très vite et pour le restant de ses jours, préparent le samouraï à la guerre : kenjutsu, jujutsu, bajutsu, kyujutsu, respectivement art du sabre, lutte, art équestre, tir à l'arc. On lui choisissait des compagnons parmi les fils des domestiques, plus âgés que lui et sélectionnés pour leur habileté dans l'exercice des arts martiaux. Ses repas, bien qu'abondants, n'étaient pas très raffinés, ses tenues légères et rudimentaires, sauf à l'occasion des grandes cérémonies. Lorsqu'il étudiait, en hiver, s'il arrivait qu'il eût si froid aux mains qu'il ne puisse plus se servir de son pinceau, on lui ordonnait de plonger dans l'eau glacée pour rétablir la circulation. Si le gel engourdissait les pieds, on l'obligeait à courir dans la neige. Plus rigoureux était encore l'entraînement militaire proprement dit : l'enfant apprenait de bonne heure que la petite épée à sa ceinture n'était ni un ornement, ni un jouet.

Pour l'éducation religieuse du jeune samouraï, on lui apprenait à vénérer les dieux anciens et les esprits de ses ancêtres. On l'initiait à la foi et à la philosophie bouddhiques et on lui enseignait l'éthique chinoise. Ceci est à nuancer, du fait que tel clan ou telle famille ou encore telle koryu (école d'arts martiaux) tendaient à une vision shintoïste, bouddhique ou confucianiste.

Peu à peu, à mesure qu'il passait de l'enfance à l'adolescence, la surveillance à laquelle il était soumis allait s'amenuisant. On le laissait de plus en plus libre d'agir selon son propre jugement, avec la certitude qu'on ne lui pardonnerait pas la moindre erreur, qu'il se repentirait toute sa vie d'une offense grave et qu'un reproche mérité était plus à redouter que la mort même.

L’esprit encore imprégné de la culture samouraï.... on reprend notre route, c’est un jour de congé national spécial dédié à l’encouragement à pratiquer le sport. On rencontre quelques cyclistes ou joggers, mais assez peu compte tenu de la population. Par contre, on voit passer régulièrement des voitures avec porte voix, d’où sortent des cris aigus et nasillards que l’on ne comprend pas, on imagine des encouragements à la population pour faire de cette journée end réussite sportive. Quand elles passent près de nous, des mains recouvertes de gants blancs nous encouragent et nous saluent, on roule en plein milieu de la caravane publicitaire du Tour de France.

Le soleil fait des étoiles dans la mer, il règne encore une belle chaleur, maintenant c’est certain : on ne connaîtra pas le froid au Japon..

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 On fait étape à Shūnan, une ville industrielle, un port qui nous permettrait de nous rendre directement sur Kyūshū, dernière étape de notre voyage au Japon. Mais on décide de rester sur Honshū, on prendra le tunnel qui relie Honshū à Kyūshū. 

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