C’est jour de chance, la chance du débutant ? Le Fuji est enrobé ce matin d’un voile de coton blanc qui épouse sa forme, un look de vieux père Noël ou une glace à la noix de coco. Un peu provocateur quand même, sans doute l’annonce du déluge qui va s’abattre dans l’après-midi. Au programme : poursuivre notre tour du Fuji, en longeant les 5 lacs Yamanaka-ko, Kawaguchi-ko, Sai-ko, Shõji-ko et Motosu-ko, un chouette itinéraire d’une cinquantaine de kms, si on ne se perd pas ce sera plat... on a besoin d’une journée tranquille après les efforts fous d’hier.

Vers le bout du premier lac, on entend un grondement sourd qui se répète à intervalles réguliers, dans la tête, on se fait vite un film « c’est le ventre du Fuji, écoute.... », je pose la question à un cycliste qui nous explique par onomatopées que le Fuji n’a rien avoir avec ça, ce sont des explosions de chantier. Dommage...

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On remercie le camionneur qui nous dépasse, gare son camion et nous arrête pour nous dire qu’on est entrain de rentrer sur l’autoroute (peut être une déformation qui date de la traversée du Canada), et on arrive à Fuji-Yoshida. C'est notre arrêt café de 11 heures, on y passe du temps à flâner, tourner dans les rues de la ville, jusqu’au sanctuaire shintoïste de Fuji-Senjen-jinja, au milieu de ses cèdres millénaires. C’est un lieu de départ pour l’ascension du Fuji, date limite 26 Août, on ne fera donc pas l’ascension à pied.

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Et c’est le déluge : on a tellement bien traîné que la pluie se met à tomber au moment où on repart... 2 heures de pluie en roulant au bord des lacs, ce n’est pas grave car il ne fait pas froid, et ça donne un cachet au paysage.

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La suite, c’est le spectacle de notre arrivée à l’hôtel. On est mouillés-trempés, tout blets, le comptoir de la réception est recouvert d’eau après mon passage. Une fois les formalités de booking dûment accomplies.... tout le monde se mobilise, on est à l’arrêt-stand aux 24 heures du Mans. L’un avec des serviettes pour sécher sacoches et vélos, un autre avec la burette d’huile qu’il pose sur la chaîne, un troisième avec du papier journal pour les chaussures... quelqu’un s’empare des vélos secs pour les mettre à l’abri, et le temps de se retourner, les sacoches ont disparu, elles sont déjà montées dans la chambre sur un chariot. Tout ça en moins de 5 minutes. Une sacrée équipe, qui n’avait jamais vu ça, et qui a su faire et bien faire dès le 1er essai.

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De son côté, Evelyne se remet de son état de choc de la montée d’hier, au cours de laquelle elle avait plusieurs fois évoqué le mythe de Sisyphe, craignant voir redescendre les vélos et leur chargement qu’on poussait avec peine. Inspiration pour un moment de philosophie.

Le mythe de Sisyphe : « Faire rouler en haut d’une colline un rocher qui redescend avant d’atteindre le sommet ».

A l’affirmation de « Pas de châtiment plus terrible que le travail inutile et vain »

Kuki Shūzo répond « Il faut imaginer un Sisyphe heureux ».

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Il n’est guère de passion sans lutte.