365 jours sans jour sans

18 décembre 2018

Mardi 18 Décembre - Saigon : km 11,090

Soirée d’hier passée avec Tara et Kys, le Haut Jura et la Haute Savoie réunis à Saigon. Soixante huitards, ils sont passés presque sans transition du banc de l’école où ils se sont connus à la galerie d’art de Saigon, plus de quarante années dédiées à la production d’œuvres artistiques, il faut le faire. Des œuvres qui dégagent un besoin de communication, des représentations de scènes de l’Asie du Sud Est qui parlent bien mieux que de longs discours. 

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On a quelque chose en commun : peindre chaque jour pendant 8 heures, c’est un peu comme prendre son vélo pour faire 100 kms, il faut un peu d’endurance et beaucoup de ténacité. Et aimer ce que l’on fait. 

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Leur histoire est riche de créativité et de découvertes. Ils ont connu le Saigon au moment de son ouverture vers le monde. Ça les a émus et inspirés pour toujours. A deux pas de l’épicerie française, ils ont un accès direct au Beaujolais nouveau et au Reblochon, ils sont restés finalement tout près de leur pays natal. Un beau parcours, une réussite artistique, un bonheur de tous les jours quand on vit dans une galerie tapissée de ses doigts.

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Selon le guide du routard... « l’une des galeries les plus intéressantes de Saigon, car à la fois inscrite dans la tradition bouddhique et faisant preuve d’une grande liberté de style. Un mélange de culture ancestrale et de créativité. Tara et Kys sont deux peintres d’origine française qui connaissent bien le Vietnam. Ils réalisent et vendent des tableaux, des dessins et des gravures exécutés avec passion dans un style original qui vaut le coup d’oeil ».

 

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17 décembre 2018

Lundi 17 Décembre - Saigon : km 11,077

Quel contraste ! Arrivés au centre ville en bateau hier soir, dans un décor de lumières, on avait perdu l'habitude. On avait en tête Hanoï et son austérité apparente, on découvre Saigon la folle. Les deux se rejoignent au niveau de la circulation, le deux roues à moteur vient de partout et va partout, avec son degré de liberté de 360°, un ballet sans fin, c’est magnifique. En quittant le quai, ça nous a pris 5 bonnes minutes pour oser rentrer dans le flot, et puis c'est comme à la piscine, une fois à l'eau, tu nages. Une énorme différence avec Hanoï : les feux rouges sont respectés. Chapeau.

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Le choc psychologique, on le reçoit dans le quartier de la rue piétonne de Bùi Viêt, surnommé le quartier des routards. Ambiance fête de la musique dans tous les bars qui rivalisent en musique à fond, et comme ils mettent leurs décibels en commun, c'est hallucinant et étourdissant. Pour nous, c’est une première, du jamais vu, même à Genève. On comprend vite que Saigon est différent, unique, on se réjouit d’y fêter Noël.

Extrait du routard : A la suite de la prise de Saigon en 1975 par le Viêt-cong, quelqu'un a évoqué la victoire de Hanoï la prude sur Saigon la pute. Oulala !

Saigon est en pleine effervescence, c'est l’heure de la construction du métro, dans 5 ans la ville sera prête à accueillir de grands événements.

On profite des vélos pour faire un petit tour découverte du quartier centre, l’hôtel de ville (qui ressemble à celui-ci de Montréal), Notre Dame (ressemblance Paris ?), la Poste (ressemblance coloniale) surveillée par le très vénéré Monsieur Hô Chi Minh.

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On se pose pour les 11 jours qui suivent dans un petit hôtel, Condodo, un accueil très chaleureux, on va prendre le temps de l’euphorie des fêtes. En commençant ce soir par une retrouvaille artistique. A suivre...

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16 décembre 2018

Dimanche 16 Décembre - Vūng Tàu / Hô Chi Minh City - km 11,069

Pédaler pour se retrouver, on a l’habitude, on fait ça tous les ans. Mais aujourd’hui, ça revêt un parfum particulier, on a une semaine pour préparer Noël à Saigon, le sapin, la crèche, l’arrivée de nos filles et famille, leur dire « venez, car tout est prêt ». On s’est quitté le 26 mai, pour se retrouver le 24 décembre. Le temps passe vite !

La stratégie du jour : 100 kms à vélo pour Vūng Tàu, port et plage de Hô Chí Minh City, puis l’express aéroglisseur qui nous amène directement au centre ville en 1h30, sans avoir à affronter les autoroutes de banlieue. Le luxe.

Un ensemble de belles routes secondaires tranquilles, vent dans l’dos on fait l’étape à 20 km/h. Dès le départ, on est poussé par le vent, et par la chaîne des ´Hellos’ que l’on reçoit. Au café-coco de 11 heures, certains vont jusqu’à toucher Evelyne, les épaules, le nez, les cheveux... comme un porte bonheur. On se sent dans la peau de De Gaulle et Tante Yvonne lorsqu’ils ont fait la route de Québec à Montréal poussés par la foule, épisode qui amena le grand Charles à clamer sur le perron de l’hôtel de ville de Montréal son ´Vive le Québec ...  libre’. Et nous, qu’est ce qu’on va dire en arrivant ?

Des scènes du jour : le riz qui sèche sur la chaussée - on se demande comment les camions les évitent - , le taureau à 3 bosses, la 9ème crevaison, une vraie de vrai.

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Il me revient comme une rengaine en roulant la chanson de Jean Ferrat à propos des guerres coloniales « Ah, Monsieur xxxx, vous osez déclarer qu’un air de liberté flottait sur Saigon, avant que cette ville, s’appelle Ville Ho Chi Minh ». Oulala.

Avec une marge d’avance de 15 minutes, on saute dans le dernier bateau, on se régale avec quelques séquences de la caméra cachée Projetées sur l’écran géant. On rit tout fort comme des enfants, ça fait plus de 6 mois qu’on n’a pas regardé la télé...

  • La dame qui enterre son mari dans le jardin, elle demande de l’aide aux passants pour amener la terre, il en manque sur les chaussures encore à découvert;
  • Le monsieur qui cadenasse son bébé à un vélo et s’en va tranquillement boire une bière avec le flic du quartier à la terrasse de l’autre côté de la rue;
  • Le boucher qui éternue violemment sur le morceau de viande qu’il sert à ses clients, c’est vraiment dégoûtant ;
  • Le couple de flics qui mesurent la distance de pare choc à par choc entre une voiture en cours de stationnement et les deux voitures situées de chaque côté : deux maniaques qui contrôlent que la distance est la même.

Etc... et à 18h, on est à Hô Chi Minh City, le soleil se couche, Evelyne le mitraille. Après 2000 kms de route au Vietnam, on franchit notre ligne d’arrivée devant la galerie d’art Tarakys, heureux.

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15 décembre 2018

Samedi 15 Décembre - La Gi : km 10,961

Toute l’étape du jour se fait sur petite route, une bonne partie tout près de la mer. Un massif de dunes couleur ocre, une côte sauvage, à peine polluée par 2 ou 3 Resorts qui font hérisser Evelyne, toujours hostile aux Love Hôtels et aux Resorts. On aime de plus en plus rouler sur ces routes tranquilles du Vietnam, surtout quand le vent nous pousse comme aujourd’hui. Et pour la première fois depuis un mois, on voit des vélos, des vrais, sans moteur, des jambes qui pédalent. Incroyable.

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On découvre une nouvelle variété d’arbre, un genre de cactus qui donne un gros fruit rose, le pitaya appelé aussi fruit du dragon. Ça ressemble à une grenade, et mélangé avec des glaçons au petit déjeuner, c’est explosif. On avait découvert le fruit à Hanoï, on découvre l’arbre aujourd’hui.

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Parmi les découvertes du jour, la préparation de Noël, on en est à J-10. On traverse une région où le catholissisme semble bien implanté. Sur le parvis des nombreuses églises et devant les maisons, des crèches géantes, des illuminations en abondance. Noël va être chaud, on se réjouit de le vivre en famille au Vietnam.

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 A La Gi, on découvre un vieux port, bateaux de pêche en multitude posés les uns sur les autres, envie de dire comme sur la route « mais laissez moi un peu de place », pêcheurs affairés à réparer les filets, tout est vieux et sent le vieux. Les quais sont gris, mais les bateaux sont bleus et donnent un bel éclat au spectacle.

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Ce soir, repas au port, et à Paris, fête au 55. Avec notre don d’ubiquité, on va tâcher de participer aux deux.

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Dernière minute : le Vietnam vient de battre la Malaisie en finale de la coupe Susuki de foot. Folie dans les rues, impossible de traverser la route. Que la victoire est belle ! Allez les rouges !

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14 décembre 2018

Vendredi 14 Décembre - Phan Thiet : km 10,887

Une toute petite étape pour prendre le temps de fêter les 40 ans de Louison dans les dunes, avec un souvenir d’enfance : le saut en parachute que je pratiquais à l’âge de 8 ans dans les dunes de l’ile de Batz, 25 ans plus tard avec Louison dans la même île de Batz, et aujourd’hui dans les dunes de Mui Né.

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On en profite pour faire une grosse fête, se rouler dans le sable qui nous rappelle à la fois le ski dans la poudreuse et les carrières d’ocre de Roussillon. On se demande si Louison ne va pas sortir tout d’un coup de la dune, comme elle l’avait fait - surprise surprise - chez la Claudine au port d’Havøysund l’été dernier, mais on attendra Noël pour la retrouvaille avec toute la famille réunie de l’autre côté du monde.

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 Alors il reste à célébrer en chantant... ma chère Louison, c’est à ton tour.., t’as 40 ans, t’as la banane, t’as la belle vie ! 

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Une étape parcourue le long d’une station balnéaire, une plage de 20 kms et des hôtels partout. Pour ceux qui veulent réserver un hôtel ´sur la mer’, il faut faire très attention à choisir le bon endroit : près de Mui Né, on a une belle plage de sable et de belles vagues, on peut passer des heures à jouer dans l’eau avec les chiens blancs. Près de Phan Thiet, les chiens blancs sont toujours là, mais  ils viennent frapper le béton au pied de l’hôtel. La frontière a l’air de se situer à mi chemin.

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On rencontre aujourd’hui Tông Tung, un jeune Chinois parti de Singapour pour se rendre chez lui à Kunming. On est tout content de part et d’autre, malgré notre incompréhension, même regard sur le vélo de l’autre, même envie de partager un moment et puis s´en va´. Tout de bon Tông Tung, fais quand même attention à la pluie, on a des nouvelles peu rassurantes du Nord où il pleut sans cesse.

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Arrivée au port de Phan Thiet, on aime la couleur bleue des bateaux de pêche, et on aime surtout arriver vers 15 heures, juste avant la pluie.

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13 décembre 2018

Jeudi 13 Décembre - Mui Né : km 10,843

Il y a des jours où on est content de soi... Ce qu’on a fait aujourd’hui, ça ressemble à trois petites étapes regroupées en une bonne.

La première fait 45 kms, on choisit le bord de mer pour contourner un massif qui fait penser aux Alpilles. Une montagne pas très haute, une végétation basse, de gros rochers ronds. La route longe la mer par une succession de caps, c’est éprouvant mais beau, on alterne vent de face et vent dans le dos. On est surpris par un bon orage qui éclate en 1 minute, un vent de plus en plus violent nous fait prendre la bonne décision "vite à l'abri", on repère un hangar de pêcheur devant nous, une seconde d'hésitation mais pas plus en voyant le chien, on fonce quand même sous le toit de tôle ondulée. Il faut dire qu’on n'a rencontré aucun chien méchant au Vietnam. Sauvés, encore une belle averse évitée,

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La seconde étape fait 40 kms, on l'aborde après une longue ligne droite de 5 kms vers le Nord le long des bassins de crevettes, face à un vent fou qui nous déséquilibre et me rappelle l’arrivée au cap Nord. Changement de direction, on repart vers le Sud et on va profiter du vent. On reprend notre route Ho Chi Minh, on y retrouve nos commerces pour les boissons, et les petits kiosques pour repas rapide riz - légumes - viande ou poisson. Ni bon ni pas bon, mais suffisamment nourrissant pour nous permettre d’aborder la troisième étape.

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La troisième étape fait 40 kms, on l’aborde après la traversée du village de pêcheurs Phan Ri Cuà, c’est la deuxième récompense de la journée. Le soleil est plus bas, il fait bon, on traverse de longues étendues de sable, le paysage devient dunaire. Avec le coucher de soleil, c’est magique. Bon à savoir : Evelyne retrouve toujours des forces en fin de journée quand la température baisse et que le soleil éclaire à raz. C’est comme ça qu’on peut ajouter 40 kms en fin de journée.

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Parmi les rencontres-photos du jour, le monsieur qui ressemble à Ho Chi Minh devant le cimetière, le grand père heureux avec sa petite fille, la dame du hamac, les vaches sur le pont.

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Et pour terminer la journée, Evelyne nous trouve au bon moment juste avant la nuit une Guest House. On ne comprend pas la différence avec un hôtel, c’est en fait plus joli et moins cher. Pour le repas, c’est plus compliqué, car il faut reprendre le vélo et aller au village. De nuit. Noodles dans un bar-hangar, on est accueilli par LUI qui retourne vite dans son hamac faire son travail sur son smartphone, pendant qu’ELLE nous fait frire les noodles. Ambiance crispée, mais pour régler la note, c’est LUI qui se lève. On aurait bien pris encore deux oeufs au plat, mais y’a plus d’oeufs. Ou plus de plat ?

Une étape qu’on offre à Louison pour son réveil demain, 125 kms à vélo ça vaut bien un parcours de 40 années.

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12 décembre 2018

Mercredi 12 Décembre - Phan Rang : km 10,718

On a le choix ce matin entre une belle petite route de bord de mer qui serpente au milieu de la montagne et la grande route Ho Chi Minh à 6 voies. L’orage menace fort du côté de la montagne, on préfère Ho Chi Minh. On essaie de partir un peu plus tôt mais ça ne suffit pas, la chaleur est déjà là. Premiers kilomètres pénibles avec une circulation intense dans les traversées de villages, il faut faire attention à tout, guetter le motard qui remonte la file en sens inverse, éviter celui qui s’arrête sans prévenir ou celui qui débouche sur le côté sans se soucier de ce qui arrive derrière lui. Et tout cela dans l'éternel concert de klaxons. Mais les mauvaises choses ont une fin, on finit par se trouver en campagne, poussés par un vent violent, au milieu des canards.

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Le meilleur moment de la matinée : la pause hamac - coco, une petite cabane au bord de l’autoroute, un petit stock de noix de coco et de limonade, c’est peu mais ça suffit à faire vivre le monsieur avec qui on a un bon échange à de sourires et de mimes.

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Arrivée pour le repas de midi à  Phan Rang, une petite ville animée, on retrouve le flux des motos. La mer est à 5 kms du centre, on est surpris de trouver les hôtels tout le long de la route qui mène à la mer, mais aucun hôtel le long de la mer. Et pourtant la baie est belle. Passage devant 2 monuments de nature et de style très différents : la grande place de la victoire, et l'église catholique.

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On a du mal à progresser en Vietnamien. Il faut savoir que l’ancienne écriture basée sur la calligraphie Chinoise a été remplacée par une écriture bien plus simple utilisant notre alphabet latin légèrement remanié, avec des voyelles surmontées de plusieurs accents. Une initiative du pouvoir colonial Français qui a imposé en 1918 cet alphabet datant du 16ème siècle. Contrairement au Japon ou à la Corée, on a l’impression de savoir lire car on croit reconnaître les lettres. Et pourtant... la commande au restaurant est un moment d'incompréhension délicieux qui se termine en général par abandon. Et quand on passe à table ce soir, c’est vraiment par hasard qu’on peut dire que pour la seconde fois ce mois, on a très bien mangé. 

 

 

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11 décembre 2018

Mardi 11 Décembre - Cam Ranh : km 10,645

On s'est couché tard hier soir, et on a peut-être abusé des roestis. On choisit l'étape courte, moins de 50 kms sur une petite route de bord de mer. On quitte Nha Trang, ses plages, ses parasols et ses palmiers. Pour ceux qui veulent s'établir au Vietnam, c'est - selon cousin Pierre - le bon choix : une ville animée, un tourisme familial, des bars, des restaurants, peu de pluie, température supportable en été. Comparable à Da Nang, mais Da Nang est sous la pluie en ce moment, jusqu'à fin janvier.

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Route agréable, mais grosse lassitude sous la chaleur, on s'arrête plusieurs fois, on a envie de boire n'importe quoi pourvu que ce soit froid. On connaît la solution : décaler notre journée, et voyager de nuit, de 18h à minuit ou de minuit à 6 heures. On en a choisi une autre : raccourcir les étapes et prendre le temps d’une sieste.

On reste toujours étonné de voir le chargement des deux roues, c’est pour nous un bon moment de divertissement. On a vu hier un motard transportant 4 vélos sur son porte bagages, ça donnait l'effet d'un mobile Calder ambulant, il dégageait une image d'équilibre parfait.

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Notre route de bord de mer présente un parcours accidenté entre mer et montagne, pour retomber tout d’un coup sur une vaste baie en cours d’aménagement. Des investisseurs se sont emparés d’un espace d’une dizaine de kms pour y créer une ville nouvelle. Des jardins déjà aménagés autour d’avenues géantes, on a vu grand. Il ne reste plus qu’à construire hôtels et logements, et faire venir les touristes. C’est la Golden Bay de Cam Ranh, le futur paradis des vacances au Vietnam. On croit rêver, on se demande où on est. En tout cas ça n’a rien à voir avec le Vietnam que l’on traverse depuis un mois. Affaire à suivre.

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On suit avec tristesse à distance les conflits qui agitent la France, souhaitons bien sûr que la France se reprenne, que les politiques trouvent la bonne route, que le bon sens l'emporte et qu'on puisse réellement parler de Liberté Égalité et Fraternité.

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10 décembre 2018

Lundi 10 Décembre - Nha Trang - km 10,598

Aujourd'hui, retour sur la route numéro 1, la grande route Ho Chi Minh. Un genre d'autoroute où on se sent bien en sécurité en roulant sur la voie de dégagement réservée aux deux roues. Ressenti d'une grosse frustration au départ, le tunnel est interdit aux vélos, c'est injuste...mais c'est bien plus joli de faire le détour par le bord de mer, même si ça nous coûte un peu de grimpette au réveil.

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Journée chaude, à 11 heures on relève la température de 42,3, record presque battu. On est sur une route où on ne se sent jamais seul, elle est jalonnée de petits commerces qui proposent de l'eau, quelques boissons, parfois une noix de coco... et on se demande toujours comment les gens arrivent à vivre de si peu. Quand on s'arrête pour la noix de coco de 11 heures, la femme s'occupe de nous, prépare la noix de coco, fait sa vaisselle, encaisse pendant que son chéri s'occupe d'épiler les quelques poils qui poussent sur son menton, une activité qui a l'air de prendre tout son te temps et toute son énergie...mais il semble quand même que sa femme fait la tête.

À midi, détour par un petit village où on prend le café en assistant au ramasssage des poubelles, ambiance orageuse entre celui qui range les sacs dans le camion et celui qui lui balance les sacs. Il faut reconnaître que le ramassage est assez artisanal, il faut être costaud pour balancer les sacs poubelles dans la benne.

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L'arrivée à Nha Trang : une belle route le long de la mer, Nha Trang fait penser à Da Nang : une ville moderne, ouverte, claire, station balnéaire au bord de la mer, des terrasses de bars et restaurants comme chez nous. De nombreuses enseignes sont rédigées en alphabet cyrillique, on est dans une région où l'investissement russe est apparent.

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Et le soir, surprise surprise. Le hasard nous met en contact avec un vieux cousin par alliance que j'ai à peine connu enfant - il a 7 ans de plus que moi, il jouait au cow boy avec mon frère, il m'appelle 'Jacky'. Je me souviens de sa mère que j'appelais cousine Thérèse. Un baroudeur qui a mené une vie pleine de piment entre ses enfants, ses femmes, ses divorces, ses affaires... Il a touché à tout ce qui brûle - boxe, boîte de nuit, business de sacs entre Vietnam et France -, des enfants en France, d'autres ici au Vietnam, Il vit maintenant ici à Nha Trang, ancienne capitale du royaume de Champa (le peuple de Cham occupait toute la partie au sud du col des Nuages avant de se regrouper avec ceux du nord pour créer le Vietnam à l'époque des Nguyen...., ). Après 25 ans de vie au Vietnam, il ne rentrera pas. Son jugement sur le Vietnam est plus sévère que le nôtre, on est certainement plus naif, mais ça ne l'empêche pas d'affirmer que c'est devenu son pays, il aurait du mal à revenir vivre en France aujourd'hui. Belle soirée d'échange d'expériences tellement différentes. Salut cousin.

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On se rencontre dans un bar Suisse 'la casserole' , au choix roesti, fondue ou raclette, la serveuse est légère comme un papillon.

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09 décembre 2018

Dimanche 9 Décembre - Dai Lanh : km 10,501

Une étape réduite à 51 kms, on a divisé l'étape d'hier par 2. Tout en bordure de mer, une bonne partie en montagnes russes ne dépassant pas 10%, avec des passages près des villages flottants. La belle vie ? La vie rude ? On ne sait pas, mais quand on voit un pêcheur quitter sa maison avec sa barque et venir à terre prendre sa moto, on se dit que la vie à bord d'une maison flottante n'est peut-être pas si différente d'une vie à la campagne.

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Quelques moments insolites en compagnie des animaux rois de la route, c'est pas de chance pour le chien qui traverse pour me courser dans une descente, au moment où arrive la camionnette. Grands cris et pleurs de l'enfant qui assiste à la scène.

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C'est aujourd'hui dimanche. Pour les adultes, c'est jour de Karaoké, un bruit assourdissant dans tous les villages, mais la musique pleins tubes vaut mieux que les klaxons des camions. Pour les teen-agers, c'est la sortie moto-cigarette, dans un enthousiasme et une insouciance qui font envie. Pour nous, un petit record, la température est montée à 39,7. On n'a pas battu les 43,5 de Medicine Hat, mais on s'en approche.

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On aime bien cette étape, on avait le choix entre la grande route Ho Chi Minh et le détour sinueux mer et montagne, on recommande le détour, un bon moment d'évasion. Heureux d'avoir trouvé à Dai Lanh un village avec hôtel (le Routard nous avait prévenus), on n'avait pas envie de rouler 85 kms de plus pour arriver à 4 pattes à Nha Trang. Bonne intuition, l'orage éclate en même temps que notre Saigon beer. Ça fait 5 jours qu'on joue au chat et à la souris avec la pluie, on a gagné les 5 manches, pourvu que ça dure..

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08 décembre 2018

Samedi 8 Décembre - Tuy Hoa - km 10,450

Partis pour une étape de 45 kms, on en fait 102, un de moins qu’hier car hier, c’était trop.

On veut profiter au réveil de la jolie baie de Quy Nhon, on prend notre temps pour un breakfast omelette (prononcer homeless) en terrasse. Le patron du bar est super chaleureux, je ne comprends pas son anglais, il ne comprend pas le mien, match nul. Il nous explique la route à suivre, entre mer et montagne, je lui demande si ça grimpe, sûr de lui, il me répond ´flat’.  Tu parles ! 500 mètres de dénivelé, c’est pas ´flat’.

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On quitte Quy Nonh en passant devant la place où les statues imposantes de Ho Chi Minh et de son père rappellent la profonde reconnaissance du Vietnam à celui qui a amené son indépendance. Respect.

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Paysage totalement différent, fait d’alternance de brèves montées et descentes, quand la route passe entre la montagne et la mer, il faut s’y attendre. Loin des rizières, on se demande même si on n’est pas en train de rouler en France, sur un revêtement parfait, mais les 37 degrés de température nous rappellent vite où on est.

On change nos habitudes : on ne s’arrête plus pour le café de 11 heures, mais pour la noix de coco de 11 heures. On trouve un bar ombragé à proximité de l’arrêt de bus - c’est incroyable, mais il y a des gens qui prennent le bus dans des endroits vraiment perdus -, on découvre un breuvage à base de canne à sucre, on fera certainement des arrêts canne à sucre de 11 heures. Autour de nous, c’est hamac à volonté.

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Au bout de 45 kms, on prolonge de 25, au bout de 70 kms, on prolonge de 30. Et c’est comme ça qu’on fait 100 kms sans l’avoir voulu au départ.

Parmi les surprises du jour : les vaches sur l’autoroute, elles remontent la voie de gauche en sens inverse, et ça marche, les camions changent leur trajectoire. Elles sont courageuses, les vaches !

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Arrivée à Tuy Hoa, on se dit qu’on a quitté le Vietnam. Route parfaite bordée d’immeubles neufs, ambiance de banlieue toute propre, on a l’impression d’entrer à Montpellier par la route de Palavas. Mais où sont passés les ateliers obscurs qu’on trouve habituellement à l’entrée des villes, garages de fortune, petits commerces, kiosques à noodles ...

Bilan de la journée : on n’est plus qu’à 500 kms de Ho Chi Minh City où on va se poser pour Noël, on va pouvoir ralentir l’allure. Il nous reste à trouver une solution pour refroidir la selle, elle n’a pas le temps de récupérer  en une nuit. Et nous?

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07 décembre 2018

Vendredi 7 Décembre - Quy Nonh - km 10,348

Grosse journée, 100 kms cahoteux entre pluie et soleil. Deux bonnes rincées évitées de justesse, sans oublier l’averse qui éclate quand on prend la douche. Une belle étape sur de petites routes de campagne granuleuses mais tranquilles. Toujours au milieu des rizières, on est admiratifs du geste des dameurs de la terre, ces silhouettes fines de travailleurs coiffés du traditionnel chapeau de cône en bambou, étalant la boue à n’en plus finir. Et aujourd’hui, les semeuses s’en mêlent, le geste auguste du semeur.

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Une étape longue car lente, on roule à 16 km/h sur revêtement inégal, le vélo absorbe les vibrations mais on a le cul en feu à l’arrivée. Aucun regret d’avoir quitté la route Ho Chi Minh pour cet itinéraire qui nous rapproche de la mer et nous conduit dans les profondeurs du Vietnam.

Quelques souvenirs du jour....

En passant près de bassins de rétention d'eau, on se demande pourquoi l’eau est brassée par des palles actionnées par un moteur. La question tombe pile au moment où on trouve un café restaurant familial sur la route. Arrêt obligatoire, et en plus, c’est l’heure. Contact très difficile avec la famille, aucun échange de regard, on est servi dans le plus grand silence et le rendu de monnaie est brutal. Frustrations du jour ? Frustration du passé ? En tout cas, on n’a pas la réponse à notre question.

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On s'arrête un peu plus loin pour un café dans un village, c’est le contraire. Un endroit chaleureux, on fait l’objet de regards en coin et de rires, une jeune fille nous offre des bonbons, et pour finir, le café nous est offert par la table des petits jeunes qui suivent tous nos gestes. Moment de gêne, et puis photo et gros merci.

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Les enfants de tous âges nous croisent d’un « Hello what’s your name » qui laisse supposer qu’ils parlent anglais, mais il semble qu’ils en soient tous restés à la première leçon. Alors on fait la même chose en répondant « Xin chào », éclats de rire.

Fin d’étape en montagnes russes, on avait perdu l’habitude des côtes. À 15 heures, la route longe enfin la mer, on se lance, c’est le premier bain de notre trip, eau chaude avec fortes vagues. Les 30 derniers kms se font avec du sable dans le cuissard, c’est pas drôle.

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Phuong Phi, carrefour de routes, un gigantesque bouddha perché en haut de la colline attire notre regard. C’est le Ong Nui temple, un temple bouddhiste dont on refuse de monter les marches, notre conscience terre à terre nous incite plutôt à prendre la route si on veut arriver avant la nuit.

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Et puis l’heure du coucher de soleil approche, on veut faire une belle photo, la route longe un lac mais les nuages s’en mêlent. On reporte nos espoirs sur le pont de 3 kms plein Ouest qui nous amène sur la ville étape, mais il est trop tard. Arrivée de nuit, au milieu des vélomoteurs et leurs phares, mais ça va, on sait faire. Même si on n’aime pas trop ça.

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Et pour finir, je crève de faim, ça fait trois jours qu’on se nourrit de petites choses dans des kiosques, le corps réclame. On s’est dévoré un régime de bananes ce midi, ce soir ce sera Pizzeria. Le patron est australien de mère Italienne et père Irlandais, il a trouvé l’amour de sa vie ici au Vietnam il y a 4 ans, ils ont monté la pizzeria ´Sisters’. Une façon de rendre hommage aux 2 sœurs Bà Trung qui ont lutté contre l’envahisseur Chinois il y a 2000 ans, et ont donné leur nom à la rue Hai Bà Trung où se situe la pizzeria. Le monde est plein d’anecdotes...

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06 décembre 2018

Jeudi 6 Décembre - Tan Quan : km 10,245

Petit déjeuner au café 333, un jeune se joint à nous. Dan a 33 ans, origine Polonaise, prof d’anglais dans une école, mais avant tout grand coureur d’à travers le monde. Parti avec sa bicyclette de Sydney, il a remonté l´Indonésie jusqu’à Singapour, traversé la Malaisie, Thaïlande, Myanmar, Laos, et il s’est posé un moment au Vietnam. Un jour il rentrera chez lui en traversant la Chine, il lui faut un visa de 3 mois renouvable une fois. Il mène sa barque tout seul, il campe, adore les passages montagneux surtout dans les pays où c’est compliqué. Il ne recule devant rien. La frontière entre la Malaisie et la Thailande, classée rouge foncé dans le Sud de la Thaïlande ? Il passe inaperçu dans les zones montagneuses. Au Myanmar, il n’a pas le droit de camper, les étrangers doivent aller à l'hôtel. La police le réveille un soir dans sa tente, et lui intime l’ordre de décamper : il demande à passer la nuit au poste. Des anecdotes, il en aurait pour la journée. En tout cas on comprend peut être pourquoi ce chiche-à-tout voyage seul, pas facile de partager son culot. On ne roule pas dans la même catégorie, mais on a au moins une chose en commun : le plaisir de se lever chaque matin pour enfourcher sa bicyclette et sillonner le monde. Bravo Dan, un jour peut-être tu vas passer par Genève ?

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C’est encore jour de chance, on attendait la pluie, on passe la journée vent dans l’dos par 35 degrés au soleil. Au virage du seul panorama sur la mer, on croise Lin, parti de Singapour pour un trip de 6000 kms qui le ramène chez lui en Chine à Nanning. Il passera la frontière à Lang Son. C’est notre premier Chinois, on est tout content, et on adore son look.

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La suite de l’étape : A l’Est la mer, à l’Ouest les Highlands, partie montagneuse du centre du Vietnam. Et toujours des rizières en cours de remise en état, sur toile de fond montagneuse. En remplaçant les rizières par des vignobles, on pourrait se croire en Alsace dans la descente de la plaine du Rhin, les Vosges sur la droite.

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A la tombée de la nuit, au retour de notre repas rapide dans un kiosque au milieu de toute la famille - la mère au fourneau, la fille aînée au service, la petite fille dans son landeau, et plein de complicité de gens tout autour qui nous observent, et nous et nous avec notre bronzage cycliste et notre air de martiens descendus d’une autre planète - on passe devant une église grande ouverte, on entre au moment où l’arbre de Noël vient d’être installé. Moment chaleureux d’échange avec le pasteur Dang Thái Dinh qui ne parle pas anglais, et le jeune étudiant Ro Ayon venu passer une année de stage dans la paroisse. On évoque Noël au Vietnam, on ne se comprend pas très bien mais on trouve le dénominateur commun en chantant « we wish you a merry Christmas and  a happy new year ». Un grand merci aux chants de Noël !

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05 décembre 2018

Mercredi 5 Décembre - Quáng Ngai : km 10,152

Petit déjeuner au parfum d’époque coloniale dans notre petit hôtel recommandé par le Routard, décoration de circonstance et fond sonore de chants de Noël, comme pour nous faire plaisir. Evelyne n’aime pas, mais le petit déjeuner est bon.

On profite d’une grande journée soleil 35 degrés pour faire un bond de 110 kms vers le Sud, fuir en vitesse le centre et ses pluies de décembre. La première moitié du parcours est chouette, petites routes de campagne, de longes lignes droites qui rappellent les Prairies Canadiennes, on traverse des dunes de sable blanc, des tombes sont dispersées dans tout le paysage - simples cimetières ou tombes militaires, on ne sait pas. C’est l’époque ou on refait le sol des rizières, je revois le geste des paludiers des marais salants de Guérande.

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Repas de midi à la table d’un café pour bébé, on ne s’en rend pas compte en s’y installant, tellement on est pressé de trouver un peu de fraîcheur. On se fait un repas yoghourts, et c’est en quittant le café qu’Evelyne éclate de rire en lisant l’enseigne en Vietnamien « bienvenue à bébé ». Arrêt coca cola 300 mètres plus loin, on est prêt pour les 60 derniers kms, sur la grande route Ho Chi Minh. Dans l’ensemble ça se passe bien, un peu comme sur les autoroutes canadiennes, à l’exception de quelques passages où le bruit des camions est vraiment infernal lorsqu’il se mêle avec les klaxons à répétition.

En arrivant à Quáng Ngai, on apprend l’horreur. Dans la période qui suivit l’offensive du Têt en 1968, une compagnie Américaine, dirigée par un lieutenant fou, lança une attaque gratuite dans une zone qualifiée de «Free Killing», à une dizaine de kms de Quáng Ngai, au village de My Lai, soupçonné de fournir une aide aux Viêt-congs. En moins de 3 heures, tout le village fut détruit, ses 500 habitants exterminés. Une femme rescapée fait visiter le musée qui reprend toutes les photos d'un photographe de guerre qui en a fait le reportage. Côté Américain, un seul blessé, un soldat qui s’est tiré une balle dans le pied pour éviter de participer au massacre. A l’époque, l’opinion publique Américaine n’a pas aimé. Nous n’irons pas.

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04 décembre 2018

Mardi 4 Décembre - Hoi An : km 10,039

On arrose le passage aux 10000.

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Lee nous avait prévenus hier, on est dans un pays où la pluie tombe en continu en Novembre et Décembre. On a la chance de commencer par rouler au sec ce matin, et on n’est pas surpris de sentir les premières gouttes au 10eme kilomètre, un petit rafraîchissement qui nous fait du bien au pied de la montagne de marbre qui renvoie Evelyne à Carrare. Une courte étape d’une trentaine de kms, on arrive à Hoi An pour le café de 11 heures, trempés. Heureux de prendre le café de 11 heures à l’heure, et d'être arrivés.

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Hoi An, la plus jolie ville du Vietnam selon le Routard (??), incontournable, même sous la pluie. On tourne à vélo dans toutes les rues et ruelles, le centre est interdit aux voitures. Ambiance de petite ville bourrée de charme, on peut repasser 10 fois au même endroit et encore et encore. Maisons traditionnelles en bois, des habitants fiers de nous dire que la maison familiale leur appartient depuis 200 ans. Migrants Japonais et Chinois se sont installés vers le 15eme siècle de l’autre côté de la rivière, et pour pouvoir faire leur commerce avec les autochtones, ils ont construits le « pont Japonais» qui fait l’attraction du site. Les rues bondées de galeries d’art, cafés, restaurants... c’est bien sûr hautement touristique, mais ça nous fait du bien. Ce genre d’ambiance - dont on ne raffole pas - commençait à nous manquer. 

Même ballade le soir, au milieu des lampions, la rivière chargée de gondoles, de la lumière plein les yeux, c’est Venise. D’ailleurs on entend beaucoup parler Italien.

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Une seule exposition au programme, animée par un photographe Français, Réhahn, parti à la rencontre des 54 ethnies minoritaires dispersées dans le Vietnam. Sa façon d’opérer pour documenter leurs traditions : s'intégrer, faire copain et puis sortir l’appareil photos pour capturer visages et costumes. Pas facile quand on lui oppose un dialecte local dépourvu d’écriture. Certaines ethnies sont réellement en voie d’extinction, il était temps !

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03 décembre 2018

Lundi 3 Décembre - Da Nang : km 10,000 tout rond

Etape de montagne et de changement de Vietnam. On traverse aujourd’hui le col des Nuages, point de passage unique d’une chaîne de montagnes qui coupe le Vietnam en deux. Un lieu de contrôle et surveillance hautement stratégique, même les nuages y sont souvent bloqués, d’ou son nom.  

Pour nous cyclistes, ce n’est qu’un col de 500 mètres de dénivelé, une pente entre 5 et 8%, on a la chance de le monter du bon côté dans la forêt, bien à l’ombre, le soleil tape fort aujourd’hui. Evelyne fait toute la montée en tête, je fais le reportage photo à l’arrière, on se retrouve sur le dernier kilomètre. Il y a certainement eu des épisodes guerriers dans cette montée, la végétation est dense tout autour, de beaux endroits à embuscade... mais aujourd’hui, grand calme. Au col, c’est l’embouteillage, des cars dans tous les sens qui se prennent pour des vélomoteurs et se coupent la route... et des rabatteurs qui se battent pour nous entraîner boire notre coca cola dans leur établissement.

La première rencontre de la journée, c’était au pied du col, en quittant le petit village de pêcheurs Lang Co. Un monsieur de 58 ans sur sa mobylette, il en fait 85, je lui dis ´bonjour’ en le croisant, on s’arrête pour un long échange en français. Il a appris le français avec le curé de la paroisse, il me montre sa collection de billets - il lui manque juste un billet de 10 euros Et ça tombe bien, j’en ai un... Je ne sais pas si je suis bon ou naïf, mais ce monsieur est tellement chaleureux, et ça fait trop plaisir de l’entendre parler français.

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A529ACF9-36CA-4D09-9941-31F0FB53669BLa seconde rencontre, c’est de l’autre côté de la montagne, après une belle descente roulante, sous un soleil chaud chaud chaud. On a rdv avec Lee, notre correspondant Warmshowers à Da Nangd, qui nous avait proposé de garder nos vélos quelques jours pour nous permettre un moment de tourisme en bus dans les montagnes voisines, mais on a changé nos plans. La rencontre nous permet de lui donner des idées sur le vélo au Japon et en Corée, et en retour d´avoir des informations sur la route de Da Nang à Ho Chi Minh City. On apprend que les bus peuvent nous prendre n’importe où avec nos vélos, selon l’envie et l’appréciation du chauffeur. Et qu’on a intérêt à parcourir rapidement les 400 prochains kms, région où la pluie tombe habituellement en continu jusqu’à la fin décembre. On se reverra sur Warmshowers, peut être à Bangkok début mars.

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A Da Nang, visite du musée de la ville. A travers la lucarne des mouvements de résistance des habitants de Da Nang, c’est l’occasion de recevoir un peu d’informaions sur l’histoire des interventions Françaises et Américaines. Pour la partie Française, tout a commencé en 1858 par un siège de 2 ans repoussé avec succès par les mouvements résistants de Da Nang. Et ça prendra encore 30 ans pour que Tourane, ancien nom de Da Nang, entre dans les concessions française. Pour la partie Américaine, la visite du musée est un retour en arrière sur les horreurs et les aberrations de la guerre du Vietnam. Les Américains ont établi à Da Nang une base militaire importante (aviation,  marine, munitions, logistique), l’exposition n’est pas tendre avec les moyens utilisés (napalm, mines, produits chimiques). Des opérations importantes de déminage sont en cours aujourd’hui, l'association internationale MAG nettoie les champs de bataille.

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Fin de journée avec la visite du musée de sculptures Cham. Le peuple Cham est un groupe ethnique à l’origine du royaume de Champā, intégré progressivement au Vietnam. Installé dans le centre du pays, il a laissé de nombreuses sculptures réunies dans ce musée. On retient, pour les yeux  la statue en bronze de Tara, la bodhisattva (qui aide les autres à s’éveiller au rang de bouddha), et la statue en grès d'un éléphant, pour le lien entre les cultures cham et indienne.

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02 décembre 2018

Dimanche 2 Décembre - Lang Co : km 9,957

Hué est connu pour sa saison des pluies, qui opère de façon ininterrompue de Novembre à Décembre. On casse la tradition avec une grande journée de ciel bleu. On choisit de descendre vers le Sud par la petite route proche de la mer de Chine. On traverse des villages où se cotoyent pauvreté et richesse. Les vivants dans leurs maisons faites de bric et de broc, les morts dans leurs somptueux palais. D'un côté des maisons grises et sombres faites de matériau de récupération, de l'autre des mausolées toutes en couleurs, couvertes de mosaïques, toutes plus rutilantes les unes que les autres, avec leurs dragons et leurs grues montées sur les tortues pour chasser les mauvais esprits.

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Pour l'heure du pique nique de midi, Evelyne insiste pour un détour de 10 kms vers la mer. Belle intuition, on arrive dans un décor Robinson Crusoe, un temple bouddhiste fait face à la mer, il est bien orienté, ce doit être un bon endroit pour pique niquer. On s'endort, c'est comme si une noix de coco nous était tombée sur la tête.

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Une belle route, parfois cahotante, avec ses moments insolites... le karaoke plein tube à fond dans les villages au moment du dessert du repas dominical familial, l'agriculteur dans son fauteuil, les 3 filles de la plage, le lâcher de guidon d’Evelyne en haut de la côte. A force de traîner, on arrive de nuit, Lang Co est un joli port de pêche situé entre un lac et la mer, c’est plus animé que dans le Nord, terrasses accueillantes. Les maisons étroites et allongées en forme de container ont disparu, on a l’impression de pénétrer dans un autre Vietnam. On est au centre, ça sent le Sud. Demain grand prix de la montagne. Pour de vrai.

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Anecdote du jour avec le jeune qui nous reçoit à l’hôte, très chaleureux avec une grande accolade d’accueil et une forte envie de nous faire plaisir. Google traduction nous annonce même qu’il veut nous faire à manger, c’est super. Après la douche, on le retrouve dans le hall pour le repas, il commence par s’allumer une cigarette, puis il attend. Et on attend. Alors quand je lui demande ce qu’il va nous préparer à manger, il nous fait signe de le suivre, et nous emmène avec son vélo au restaurant.

 

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01 décembre 2018

Samedi 1er Décembre - Hué

Hué justifie une bonne journée de visite, on choisit la formule simple du tour organisé. C’est pas terrible au niveau du guide, mais c’est efficace au point de vue des transports qui s’enchaînent : moto, bateau, bus, marche à pied, et liberté totale de visite une fois sur le site.

La visite des tombeaux impériaux

Les rois de la dynastie Nguyên, bien servis par les courants religieux et philosophiques - bouddhisme, taoïsme et confucianisme - font à peu près ce qu’ils veulent : la règle veut qu’un enfant obéisse à ses parents, une femme à son mari, un homme à son roi. Le roi, bon ou mauvais, est respecté, alors il en profite. Et comme sa vie après la mort est un prolongement de sa vie terrestre, il met de l’argent et de l’énergie à préparer cet au delà, qui est sa vraie raison de vivre. D’abord, trouver le meilleur endroit, bien orienté, entre collines et rivière. Puis faire les plans, concevoir une belle architecture, et enfin trouver les ressources pour le réaliser. Le Sud de Hué s’y prête, avec la Rivière des Parfums qui coule au milieu des collines. Chaque roi de la dynastie Nguyên a ainsi préparé son mausolée. Plus qu’une simple tombe, c’est un véritable lieu de vie qu’ils se construisent. Certains en ont profité de leur vivant, d’autres ont eu juste le temps d’en faire la conception, laissant leurs héritiers s’occuper de la réalisation. Les mausolées ont des architectures différentes, mais toutes possèdent plus ou moins les mêmes composantes : L’esplanade, avec les statues des mandarins et les animaux de compagnie (cheval et éléphant); L’énorme stèle, transportée sur les lieux par les éléphants, où est gravée en caractères chinois l’œuvre du roi durant son règne; L’obélisque dont la hauteur représente la puissance du roi; Le temple, car le roi, la reine et les concubines ont leur moment de prière; Le tombeau, qui n’est pas toujours un tombeau puisque les rois sont enterrés en secret dans un coin caché ailleurs, de peur de se faire piller les richesses qui les accompagnent dans l’au delà.

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La visite des mausolées est à la fois un agréable parcours architectural, et un prétexte pour cerner la personnalité de chacun.

Gia Long (règne 1802 - 1820) : le premier de la série, celui qui déplace la capitale à Hué et entreprend les grands travaux de la citadelle. Proche de la France qui intervient avec des conseillers (la colonisation, ce sera 1 siècle plus tard), il s’inspire de Vauban pour protéger sa citadelle. On lui reproche la mise en place d’idées rétrogrades, calquées sur le voisin Chinois, telles que perte de la personnalité juridique pour les femmes qui n’ont plus accès à l’éducation, et la mise en place du service militaire de 6 mois par an pour les hommes, ce qui déstabilise pas mal l’économie. On reporte la visite àp demain peut-être.

Minh Mang (règne 1820 - 1840) : numéro 2 de la dynastie, il meurt avant le début des travaux de son mausolée, classé numéro 1. Avec 142 enfants, c’est le roi des rois.

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Tu Dùc (règne 1848 - 1883) : Partagé entre querelles familiales - il a dû tuer son frère et sa famille pour accéder au trône - et ses démêlées avec la France qui installe non sans violence son protectorat, son règne n’est pas le plus facile. Des sommes faramineuses pour la construction de son mausolée, des conflits violemment réprimés avec soldats, officiers, ouvriers. Un tyran, qui inspira un poète local en ces mots : « ses murs sont construits d’os de soldats, ses fossés sont remplis du sang du peuple ».

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Khai Dinh (règne 1916 - 1925) : un grand mégalo qui augmente les impôts de 30% pour financer la réalisation de son mausolée. Ah, si les gilets jaunes voyaient ça ! Le point fort du mausolée : les décors de mosaïques, et la statue de bronze grandeur nature qui le représente, offerte par la France....on croit rêver. Les photos de l’époque révèlent un personnage aux tenues extravagantes, un pantin dans les mains de la puissance coloniale qui l’entoure.

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Bao Dai (règne 1925 - 1945) : C’est lui qui remet les clés du royaume au Viêt-minh lors de la  proclamation d’indépendance en 1945. Il passe plus de temps à jouer au Casino en France qu’à travailler dans son pays. Il meurt en exil à Paris dans un tout petit 2 pièces cuisine, il n’a pas de mausolée, c’est fini.

La visite de la Citadelle

Lieu de vie des familles royales et des concubines, c’est une ballade agréable 2 heures avant le coucher du soleil.

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La grande offensive du têt de 1968 a presque tout cassé. Je retiens du guide la raison de la date de cette offensive : 1968 était l’année de l’élection présidentielle aux États Unis, on entrait en pleine campagne électorale. Ho Chi Minh savait qu’en lançant l’offensive à ce moment là, la population américaine renforcerait son hostilité à l’envoi de troupes au Vietnam, une façon de mettre la pression sur le futur président.

A noter : rencontre d’un guide francophone, très agréable, je prends ses coordonnées, on sait jamais :

Mr Thu +84 9 83 31 22 52  lethu24781@gmail.com

Anecdote du jour : il est prévu qu’un bus nous amène de l’hôtel à l’embarcadère. Mais l'activité touristique est en baisse, seulement 5 personnes (au lieu de 35 les autres années) sont inscrites. On vient nous chercher en moto taxi, en nous rassurant « ça ne va prendre qu’1 minute ». Une expérience nouvelle...

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30 novembre 2018

Vendredi 30 Novembre - Hué : km 9,862

La pluie au réveil, notre guide d’hier vient frapper à notre porte pour nous proposer de nous faire le taxi et nous emmener à Hué. C’est tentant, mais la météo semble meilleure qu’hier, on va entre les gouttes. On se quitte en lui promettant de lui envoyer des clients. Au passage, Evelyne le convaint de se mettre aux nus pieds, il y en a des milliers qui traînent sur la route, perdus par les motocyclistes.

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Monsieur Hoa (+84 090 542 57 01, hoadmz@gmail.com)

On attend 10 heures pour partir sous une bonne bruine qui cesse après 5 kms, pour reprendre en pluie sur les 15 derniers kms, suffisamment pour qu’on arrive bien mouillés à Hué. C’est notre seconde journée de pluie en 6 mois, une pluie agréable à 23 degrés. Et une bonne raison pour passer le linge au lavage.

Et encore une journée de crevaisons, d’abord au départ, puis à 30 kms de l’arrivée. Je mets en cause le pneu usé, problème réglé à Hué où on trouve enfin un magasin de cycles Giant qui a en stock des pneus 26 pouces. 

Une étape de transition qui nous amène dans la capitale du Vietnam à l'époque coloniale. Ce qu'il faut savoir avant d’en faire la visite demain : la dynastie Nguyên prit le pouvoir du Vietnam en 1802, en installant sa capitale à Hué. Le premier empereur prit le nom de Gia Long, après avoir réussi l’unification du Vietnam à la suite d’années de guerre civile. Il était soutenu par des intervenants de la France agissant au nom d’un traité de collaboration datant de 1787, bien avant la période de colonisation qui démarra un siècle plus tard. Le rétablissement de la paix après des années de guerre permit à Gia Long d’entreprendre de gigantesques travaux de construction de la capitale, quitte à récupérer de la matière première dans les édifices de Hanoï. En un demi siècle... on verra demain ce qu’il a fait.

Depuis 1802, Hué a eu son lot de souffrances : en 1885, pillage et destruction de la Cité Interdite par la France (explication du guide demain ?) . En 1968, dans le cadre de l’offensive du Têt, les troupes du Nord Vietnam attaquent Hué et tuent 2500 personnes de l’élite, mais ne prennent pas la ville. De leur côté, les Américains bombardent la Cité Impériale (Autre question pour le guide, était ce en 1972 quand les troupes du Nord Vietnam ont dépassé le 17ème parallèle situé à une centaine de kms au nord de la ville ?).

Pour la petite histoire, on dit que les empereurs Nguyên étaient actifs avec leurs concubines et très prolifiques. Gia Long aurait 31 enfants, son fils Minh Mang 142. Enfants et descendance ont pris le nom de papa, ce qui explique en partie pourquoi 70 % des Vietnamiens s’appellent Nguyên. Une autre raison : les familles régnantes avaient coutume de donner leur nom à tous ceux qui étaient à leur service. Et encore.. quand les Nguyên prirent le pouvoir, les descendants des seigneurs rivaux prirent le nom de Nguyên en signe de soumission. Qui ne connaît pas un Nguyên ?

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29 novembre 2018

Jeudi 29 Novembre - Dông Hà

La journée s’annonce ´pluie’ et ça tombe bien car on est dans un lieu qui impose un moment de commémoration, théâtre de la transformation du Vietnam entre 1954 et 1975. On oublie les vélos et on organise une visite.

On a la chance de trouver un guide local, Hoa, né en 1956 ici à Dông Hà, province de Quáng Tri. Ses parents parlaient Français, pour Hoa, ça se limite aux chiffres de 1 à 10. Dông Hà se situe à 20 kms au sud de l’ancienne frontière Nord-Sud, tout près de la DMZ, notre guide a grandi avec la guerre, ses commentaires nous touchent par leur réalisme. 

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Je tente un résumé chronologique de cette époque, entremêlé de quelques souvenirs de Monsieur Hoa.

1939 Malgré la révolution Hô Chi Minh qui gronde, la France quitte le Tonkin pour s'occuper de ses frontières. Le Japon en profite pour occuper le Vietnam.

1945 Capitulation du Japon lors de la seconde guerre mondiale, Hô Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam.

1946 La France revient récupérer son bien, c’est le début de la guerre d’Indochine.

1954 Après la défaite de Diên Bien Phu, la France se retire. Suite aux accords de Genève, le Vietnam est partagé provisoirement en deux, la frontière se situe sur la rivière Bên Hái qui suit le 17ème parallèle, un seul pont, le Hien Luong Bridge, permet le passage d’un côté à l’autre. Un référendum doit permettre, dans un délai de 2 ans, la mise en place d'un gouvernement unique pour l'ensemble du pays ré-unifié. 

La province de Quáng Tri, à cheval sur le fleuve, se trouve coupée en deux, mais les habitants ont le choix de déménager d’un côté ou de l’autre. L'image symboliquedes ô montrée dans le mémorial situé au sud du Hien Luong Bridge est celui de femmes du Sud tendant les mains vers le Nord dans l’attente du retour de leurs maris à idéal communiste, partis (pour 2 ans) apporter leur soutien à Hô Chi Minh.

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Mémorial Sud : 1954 les femmes de maris communistes 

Mémorial Sud  : 1972 traversée du fleuve en bateau

1956 Pas de référendum, on a tout fait dans le Sud pour l’éviter, on craint trop la victoire du Nord et la mise en place d’un gouvernement communiste. Moment de guerre froide, où les Américains interviennent en tant que conseillers militaires. Nord et Sud s'observent et se défient comme chien et chat.

1965 Intervention américaine plus musclée, la guerre éclate entre Nord et Sud. Les Américains s’installent sur le haut de la colline de Doc Mieu, à quelques kilomètres au sud du pont, et lancent des opérations intensives de bombardement au nord de la province de Quáng Tri, pour pousser les habitants à quitter les lieux, craignant qu’ils alimentent en armes et nourriture la garnison Nord Vietnamienne en place sur l’ile voisine de Con Co. Les villageois ne fuient pas. De fermiers, ils deviennent combattants de l’ombre. Ils creusent un réseau de tunnels pour se mettre à l’abri avec leurs familles. En 18 mois, ce sont des kms de galerie creusés dans l’argile par une centaine de personnes. On visite les tunnels de Vinh Moc, 3 étages de galeries descendant à 30 mètres sous terre pour abriter pendant 6 ans 600 personnes dans des conditions sanitaires impossibles, avec une devise « to be or not to be», traduite par le guide en « ils n’avaient pas le choix ». Des pièces de vie de quelques m2 pour chacune des 100 familles, une vingtaine d’issues côté mer ou côté colline, une salle de bains pour 600 personnes, un local WC pour 600 personnes, une salle d’hôpital, 17 naissances, une salle commune où on fête les anniversaires... C’est différent des tunnels de Cu Chi près de Saigon, utilisés pour approvisionner les troupes du Viêt-cong, qui font partie de la ramification des pistes Hô Chi Minh.

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1968 Hô Chi Minh lance une offensive folle le jour de la fête du Têt. C’est incroyable, c’est une fête tellement respectée, avec retour sur terre des ancêtres et toutes les traditions et le respect que cela signifie. Une offensive qui fait très mal aux troupes Hô Chi Minh - les cimetières militaires regroupent en une seule énorme tombe les combattants du Têt, alors qu’ils ont des tombes individuelles pour les autres batailles -, mais elle frappe psychologiquement l’Amérique qui va se désengager progressivement du Vietnam.

1972 Le Hien Luong Bridge est bombardé par les Américains, ce qui n’empêche pas les troupes du Nord de traverser le fleuve en bateau et de faire reculer les Américains qui gardaient la colline. La frontière est repoussée de 30 kms jusqu’à Quáng Tri, à 10 kms au sud de Dông Hà. Notre guide a 16 ans, son frère aîné est dans l’armée du Sud, il fuit avec sa famille vers le Sud en direction de Da Nang, ils s’installent dans un ancien camp Américain abandonné suite au retrait progressif de l’armée américaine. Selon Hoa, le gouvernement du Sud s’occupe au mieux des réfugiés, ils sont nourris logés, reçoivent de l’argent pour leurs dépenses courantes.

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1973 Départ des Américains.

1975 Capitulation de Saigon, réunification du pays sous le contrôle du gouvernement du Nord. Quand Hoa et sa famille reviennent chez eux à Dong Ha, il ne reste plus rien, le pays a été entière détruit par les bombardements. Le gouvernement apporte un faible soutien au Sud, mais le Vietnamien est débrouillard, il récupère tout ce qui traine (carcasses d’avions, bois, ...) et se fabrique un logement de fortune, et la vie reprend le dessus.

Quelques commentaires de  Monsieur Hoa (+84 090 542 57 01, hoadmz@gmail.com), en vrac :

Les armes à feu : On n’avait pas de fusils, mais on a pris des fusils Français, et on a fabriqué nos propres fusils en faisant des photocopies. 

Les Américains : Hoa a 10 ans en 1966, les soldats en ont 20, ils distribuent chocolat et cigarettes, sympas.

Le Hien Luong Bridge : chaque côté avait ses postes de contrôle, miradors, hauts parleurs de propagande. Un mémorial a été mis en place. Côté Nord : on a reconstitué les lieux d’avant les bombardements américains, c’est la référence. Côté Sud : aucune reconstitution concrète, seule une statue montrant les femmes du Sud tendant la main à leur mari communiste parti vers le Nord. 

Entre les combattants du Nord et du Sud : le message est clair, sans parti pris et sans émotion : seuls les combattants du Nord ont droit à une reconnaissance. Ils sont célébrés comme des martyrs de la révolution, qui se battaient pour la bonne cause, sans être rémunérés, contrairement à ceux du Sud qui recevaient leur salaire et compensation en cas de décès. Seuls les combattants du Nord ont été rapatriés dans les cimetières militaires. Honneur aux vainqueurs, malheur aux vaincus. Visite émouvante de l’un des 70 cimetières de la province de Quáng Tri, avec ses 11000 tombes. Et pour finir, la note positive d’espoir : le Sud ne voulait pas de communisme, mais le raz le bol de la guerre l’a emporté, et la paix trouvée en 1975 a pris le dessus sur les idées politiques. D’ailleurs, au Nord, on ne parlait plus de combattant communiste, on parlait de combattant de la libération. S’il y a une victoire, c’est celle de de la réunification du pays.

Et le vélo dans tout ça ?

Si le Vietnamien est débrouillard, il est aussi créatif et persévérant pour transporter des charges incroyables sur un deux-roues. On le constate tous les jours sur la route en voyant le chargement des deux-roues motorisés. La victoire de Diên Bien Phu est un exemple de la capacité des gens à transporter du matériel, des pièces d'artillerie lourdes ont voyagé sur des vélos à travers les montagnes, personne ne s’y attendait.

Et pourtant, le chargement de nos bicyclettes continue de les interpeller, alors que... y’a rien là !

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