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21 août 2018

Lundi 20 Août - Mission : km 5,933

Le parc aquatique de Harrison Springs était un régal hier soir, avec ses deux attractions vedettes :

  • L'homme fusée : debout sur 2 jets d'eau qui le propulsent vers le haut, le bonhomme vole au dessus de l’eau. On croit à un miracle. Une trouvaille digne du comte de Champignac, savant fou capable d'inventer pour Spirou et Fantasio des moyens de locomotion hors du commun.
  • Le coussin baleine à deux têtes : un coussin géant gonflé sur l'eau, quelqu’un se met en position assise à une extrémité, un autre saute sur le côté opposé, du haut d'un tremplin de 4 mètres, et ça propulse le premier vers les airs. Un autre miracle !

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La fumée s'est évaporée dans la nuit, on aperçoit ce matin enfin un bout de ciel bleu. Pour une étape courte et presque tranquille, marquée par le km de montée qui rappelle le Ventoux, une pente soutenue entre 11 et 14% qu'Evelyne monte à l'arrachée, sans mettre pied à terre et sans se soucier des camions qui la chassent.

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Au confluent des rivières Fraser et Harrison, la végétation commence à annoncer l’automne. Quelques feuilles qui tombent juste devant nos roues, des couleurs qui brunissent... ça sent la rentrée des classes.

Au café de 11 heures à Dewdney, c'est la rencontre au café-magasin général-poste avec l’ancien Bishop de l'église orthodoxe de Vancouver, retraité au monastère de tous les saints d'Amérique du nord. Un échange trop rapide avec un personnage qui dégage tendresse et gentillesse, avec son Français lent mais bien pesé. On l'aurait pris comme coach pour la suite du voyage, avec les bonnes ondes positives qu’il dégage, peut-être on le retrouvera sur le blog à nous donner ses bons conseils.

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 Demain, dernière étape Canadienne, on est rendu bien loin de Montréal !

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20 août 2018

Dimanche 19 Août - Harrison Hot Springs - km 5,876

On a passé la nuit à Hope, au confluent de la rivière Coquihalla avec le grand fleuve Fraser qui descend tout droit du Nord des Rocheuses. Trois itinéraires s’offrent à ceux qui passent par Hope pour traverser les Rocheuses : la remontée de la Fraser river par la Transcanadienne 1, la vallée de la Coquihalla par la Transcanadienne 5, ou le chemin des écoliers par Osoyoos, c’était notre choix.

Des tableaux évoquent la vie du peuple amérindien des Stó:Lo, dont les premières traces le long du fleuve Fraser remontent à 8 à 10000 ans. En 1792, lorsque les bateaux espagnols et britanniques s’approchèrent du détroit de Georgie (l’actuelle île de Vancouver), le peuple des Stó:Lo avait déjà côtoyé depuis 10 ans les pionniers espagnols venus du Mexique avec une belle épidémie de variole qui avait décimé en 6 mois deux tiers de leur population. En 1848, la Hudson Bay Company, en installant des comptoirs à Victoria, Hope, Yale, favorisa le commerce avec les Stó:Lo, en leur échangeant fusils, outils, ustensiles de cuisine contre saumon et canneberge. Des villages entiers se déplacèrent près des comptoirs, pour faciliter le commerce, un nouvel équilibre s’était créé, assez bien contrôlé par la HBC. Mais en 1858, la ruée vers l’or provoqua un afflux de mineurs qui envahirent leur territoire le long du fleuve Fraser, s’installèrent en faisant valoir leurs nouveaux droits. Les Stó-Lo perdirent dans l’aventure plus de 90% de leurs réserves. Aujourd’hui, ils luttent encore pour faire valoir leurs droits. L’histoire n’est pas terminée.

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L’étape du jour salue le retour d’Evelyne et du vent dans l’dos. Étape plane, parcourue dans un épais nuage de fumée le long du fleuve Fraser. Deux mondes s’opposent de chaque côté de la route : à gauche, décontractés et l’air guilleret, les pêcheurs venus en grand nombre taquiner le poisson, à cet endroit du fleuve où le courant est très vif, ils ont l’air de se faire plaisir. Pierre serait prêt à échanger son vélo contre une canne à pêche. A droite, les fumées de plus en plus épaisses dans la forêt, et pour finir les incendies, sous le regard triste des pompiers présents mais assez impuissants, dans l’attente sans doute de la prochaine pluie.

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A l’arrivée, Harrison Hot Springs, lieu de passage de la ruée vers l’or. C’est dimanche, la plage au bord du lac est entièrement occupée par des Indiens d’Inde venus pique niquer en famille, ils se baignent tout habillés, on pense fort à la famille Chouchou qui nous fait concurrence à Pondichery.

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19 août 2018

Samedi 18 Août - Hope : km 5,834

La question du jour : Qui a volé notre moulin à poivre ? 

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On a trouvé ce matin des traces évidentes des griffes de l'ours, partout sur la chaussée. Accusation facile, mais on n'a pas d'autre piste. On avait pourtant réservé pour l'ours une bombe à poivre en cas d'attaque nocturne, nous voilà tous équipés pour lutter à armes égales.

Et ça sent fort la présence de l'ours sur les 20 premiers kms qui mènent au col Allison, la dernière difficulté des Rocheuses. J'ai beau écarquiller les yeux de tous mes sens, guetter les buissons qui frissonnent, il faut que je m'y fasse. En dépit de tous les avertissements des randonneurs rencontrés en Ontario et dans les Prairies, je serai sans doute le seul à ne pas avoir vu l'ours dans les Rocheuses.

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Après le col, près de 60 kms de descente jusqu'à Hope, altitude 50 mètres. 1500 mètres de dénivelé négatif, on pense à ceux qui font la route en sens inverse....

Descente roulante, mais toujours le même problème : soit on roule dans le couloir qui nous est réservé sur la droite de la route,  parfois trop étroit ou défoncé, soit on roule au milieu de la route, sur un superbe revêtement, mais les automobilistes n'aiment pas et ne nous font pas de cadeaux. Et comme il est difficile de passer de l'une à l'autre en raison du crénelage style griffe d'ours qui les séparent, il faut faire un choix. On préfère en général le milieu de la route, en tournant sans cesse la tête vers l'arrière (peur de l'auto) et sur les côtés (peur de l'ours). Bonne nouvelle : les freins sont presque inutiles, la résistance de l'air limite automatiquement la vitesse à 50 km/h dans la pente à 7%. Au delà, il vaut mieux commencer à user les patins.

Arrivée à Hope pour un café MacDo, je ne reconnais pas Christian dans ce choix, peut être la fatigue de la descente ? Le passage presque instantané de la solitude du Parc à l'encombrement de la ville me fait réaliser comme on était bien là haut, dans notre camping au bord de l'eau, même si l'absence d'Internet avait empêché la livraison du blog.

Il reste 3 étapes pour Vancouver, Evelyne va changer d'équipe, quitter la super team des suiveurs pour rejoindre celle des coureurs, et se préparer pour notre second voyage qui commence à la fin du mois. On leur doit un grand merci au trio Donald-Raymonde-Evelyne, ils ont fait un sans faute en assurant transport des bagages, courses, sandwichs, organisation des apéros, repas, plantage des tentes, photos de départ, sourires et poignée de mains, sans un retard, sans une erreur, avec un dévouement Québécois. Une envie de leur dire : Vive le trio libre !

Et une dernière  interrogation d’Evelyne :

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L'obscurité du passé ou le labyrinthe de l’avenir... that is the question.

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18 août 2018

Vendredi 17 Août - Manning Park : km 5,756

Ça fourmille au départ avec la réparation du pneu arrière de notre gazelle. La crevaison s'est passée dans la nuit, personne n'a rien entendu car tout le monde ronflait, mais au matin, le pneu était à plat. Branle bas de combat, on s'y met à 3, il faut bien ça pour rentrer le pneu dans la jente, tellement il est raide.
C'est peut être aujourd'hui ma dernière chance de voir l'ours, car on va dormir en altitude dans un Parc National, c'est le lieu de séjour préféré des ours. On quitte notre voiture suiveuse au départ avec les plaisanteries d'usage, sur le thème 'si tu vois l'ours...'. Sur le papier, l'étape semble difficile, avec ses 1000 mètres de dénivelé, et c'est finalement une des plus faciles. Le revêtement est bon, le vent est tombé, la montée au col à 1280 mètres se fait d'une traite dès le départ, en pente assez régulière, on a un bon rythme, il ne fait pas trop chaud. A midi l'étape est bouclée, sans fatigue, on est installé dans notre camping à l'entrée du parc, au milieu des pins, face à la rivière. Des enfants s'amusent avec des bouées, ils descendent le courant à travers de mini rapides. On apprend que les ours fréquentent le site, de l'autre côté de la rivière. On envisage un tour de garde pour la nuit.

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Une après-midi tranquille, les tablettes sont privées d'accès internet, le blog ne sera pas publié avant d'arriver demain à Hope, on baigne dans une nature sauvage pour de vrai, mais personne ne va se baigner dans la rivière, c'est froid.
Il reste encore une petite chance de croiser l'ours demain lors de la traversée du parc, avant de redescendre dans la plaine, les Rocheuses seront derrière nous.

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17 août 2018

Jeudi 16 Août - Princeton : km 5,700

Grosse lueur rougeâtre hier soir tout en haut de la montagne, petite frayeur : incendie de forêt ? Certainement, car ce sont de belles fumées blanches que l'on aperçoit ce matin quand la route passe à l'arrière de la montagne, avec des odeurs qui ne trompent pas.

On passe notre chemin, pour une étape simple sur le papier, plus compliquée dans les jambes. On quitte nos vergers pour s’enfoncer dans une vallée sauvage bordée de pierriers, on remonte tranquillement la rivière Similkameen sur 80 kms, on traverse des territoires first nations. La pente est faible, mais le vent s'est levé, de face, pas trop violent mais bruyant. Ajouté à la température qui monte à 36 degrés, ça donne une étape difficile. 

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Café de 11 heures dans la petite ville de Hedley, un look de ville des westerns, avec sa rue centrale, son magasin général, sa poste et ses 2 hôtels prêts à accueillir le cow-boy et son cheval. On gare nos vélos à la place habituellement réservée aux chevaux.

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Visite du musée, on comprend l'importance qu'a pu connaître ce village au 20eme siècle lorsque s'est développée l'activité minière. La mine d'or Mascot est née en 1903, suite à des prospections qui l'ont révélée 5 ans plus tôt. La principale difficulté : les gisements sont situés sur le sommet de la montagne, 1000 mètres au dessus du fond de la vallée, sans aucune voie d'accès facile. Ce n'est pas un problème pour l'homme entrepreneur qui construit un village de bâtiments sur la falaise, et établit la liaison avec le village du bas par chariot sur rails. Faut pas avoir le vertige. 140 kms de tunnels ont été creusés, la mine a eu son histoire - fermeture, ré-ouverture, fermeture - elle a produit des billions de dollars de marchandise, elle a terminé sa vie en mine à ciel ouvert. On peut visiter, un escalier d'un millier de marches permet l'accès, heureusement c'est fermé en ce moment, ça coupe court à nos envies irrésistibles.

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 Demain, grosse étape, on en parlera demain.

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16 août 2018

Mercredi 15 Août - Keremeos : km 5,620

Le traité de l’Oregon signé en 1846 entre Grande Bretagne et États Unis a établi de façon arbitraire la frontière entre Canada et États Unis pile-poil sur le 49 ème parallèle. Notre terrain de camping à Osoyoos est situé à 700 mètres au nord de ce 49 ème parallèle, notre grand tour dans le monde ne passera donc pas par les États Unis puisqu’on change de cap, on quitte la route du sud direction Nord Ouest, le Pacifique.

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On devrait traverser quelques cols dans les jours qui suivent, et ça commence aujourd’hui par un petit col de 400 mètres de dénivelé, montée à 6%, c’est agréable de retrouver les sensations des grimpeurs. Silence autour de soi, gouttes de sueur qui tombent de la casquette, regards détournés vers la droite et vers la gauche, rythme régulier toujours difficile à trouver au pied de l’ascension. Les paysages sont chouettes, malgré le voile de fumée toujours présent, il en faut peu pour attirer l’attention : un petit bout de lac, des collines bien bombées, un virage, l’approche du col, les Indiens sur la crête.

L’étape se termine dans les vergers, on en profite pour faire le plein, il parait que les fruits sont hors de prix au Japon.

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Soirée BBQ à venir, face à la montagne et au soleil rouge, et sans doute échanges musicaux franco québécois.

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15 août 2018

Mardi 14 Août - Osoyoos : km 5,572

Dernière ligne droite de la vallée Okanagan pour faire étape à Osoyoos, un détour par rapport à la route de Vélo Québec, mais ça vaut la peine.

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Dès la sortie de Penticton, on longe le Skaha Lake sur sa rive Est, au bord de l’eau, petite route sans circulation, on croise même des cyclistes, un cerf, un couple qui a fait le Ventoux. Et on quitte la vallée pour monter droit dans la pente en direction de Fairview, village fantôme de la ruée vers l’or, qui a vu pousser comme un champignon mines, saloon, prison, général store, hôtel, maisons... et puis plus rien. Pour nous, ce sont des côtes allant de 8 à 14%, des retrouvailles avec la montagne, il faut se préparer car dans 2 jours il va falloir la passer. C’est alors une longue traversée dans les pins, des ranchs isolés, des lacs, des vignes.

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On apprend à Fairview qu´un chargement d’or est certainement encore caché quelque part, celui qui l’avait volé s’est fait descendre avant d’avoir pu dire où il l’avait enterré. On apprend aussi l’importance de cet axe nord-sud de la vallée Okanagan, couloir de circulation des trappeurs qui allaient vendre leurs peaux à Vancouver, avant que celles-ci partent par le train vers l’Est pour être expédiées vers l’Europe. 

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 Camping au bord du lac Osoyoos, baignade dans une eau à 25°, on n’est pas des aventuriers !

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13 août 2018

Lundi 13 Août - Penticton : km 5,493

Soirée bien arrosée hier soir quand les gicleurs sont soudain sortis de terre et ont commencé à arroser la pelouse. Deux victimes : les vélos, qui ont pris une bonne douche, et Donald qui passait par là. Éclats de rire, inspiration pour échanges qui ne sortiront pas du groupe, puis soirée musicale Québécoise, on découvre Michel Rivard et Richard Desjardins.

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Il ne manquait plus que les Canadairs pour l'arrosage final au réveil matin, on n'aurait pas été surpris tant la fumée épaississait le ciel.

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Café à Summerland, on a raté tellement de cafés de 11h en Ontario qui était désertique, je suis encore surpris qu’on puisse s’offrir ce luxe dans les Rocheuses. Et étape à Penticton, on est au bout du lac Okanagan, à la demande des Québécois on cesse de chanter 'Oh Kanagan' , on remplace par 'Gens du Pays' . Avec un grand merci à Gilles Vigneault.

Penticton fait penser à une station balnéaire comme Rimini, la plage est dans la ville, la ville est dans la plage. Le rideau de fumée empêche de voir l'autre bord du lac, mais c'est pas si pire, ça nous donne l'impression d'être en vacances à la mer.

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Activité culturelle du jour : la visite des caves, puisqu'on est dans un pays de vignobles. Les vignes ont été plantées en 1990, par des immigrants venus de l'Est (Allemagne, Hongrie, Tchéquie), on goûte successivement Pinot gris, Muscat, Gewurztraminer, Gamay et Syrah. L'Alsacienne du groupe fait remarquer avec justesse que la jeunesse des cépages ne permet pas la comparaison avec les produits de la Route des Vins. On quitte quand même la cave avec 2 Pinots et 4 Syrhas, les sacoches sont pleines, la soirée est à nous.

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Dimanche 12 Août - Okanagan Lake : km 5,461

Repas Grec hier soir, on se croyait sur une île, et selon les recommandations de l’établissement, on a partagé les plats. Le partage des anecdotes était plus compliqué, puisque Donald les a attaquées en Québécois accent fort prononcé, je n’y comprenais que pouic. Quand Christian m’a fait la traduction, j’ai appris que Donald petit aimait bien aller titiller les clôtures électriques, celles qui nous séparent du monde des vaches. Je ne dirai pas comment il s’y prenait, car l’anecdote ne doit pas sortir du groupe, mais le fil électrique était bien mouillé au moment où il se mettait à pousser de grands cris.

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Les étapes sont de plus en plus courtes, 50 kms aujourd’hui, 30 demain, c’est comme si on voulait faire durer le temps. On attendait la pluie qui est venue dans la nuit, un petit rafraîchissement de température qui fait du bien. Christian a passé la nuit à étudier l’itinéraire du jour, il fait un sans faute, nous trouve de bonnes pistes cyclables et 2 traversées périlleuses de l’autoroute. On n’imagine pas chez nous, en France, des cyclistes traverser les 4 voies de l’autoroute. Dès la sortie de Kelowna, on prend le pont pour passer sur la rive Ouest du lac, celle où les collines cassent les jambes avec leurs pentes à 8%. La vallée du Okanagan Lake nous inspire la chanson de la journée « Oh Canagan, terre des nos aïeux... », on roule gaiement, café à Peachland avec le groupe des suiveurs, bon timing.

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Camping du dimanche soir entre l’autoroute et le lac, tout est réservé, mais Raymonde avait bien anticipé, on plante nos 3 tentes sur un terrain bien plat, à côté de la table, on va pouvoir se faire une salade de saumon fumé. Donald et Pierre partent au Liquor Store chercher la boisson pour la soirée, l’eau n’est pas potable on se rattrapera sur la bière.

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11 août 2018

Samedi 11 Août - Kelowna : km 5,413

La chaleur d’hier a nécessité quelques rafraîchissement, l´occasion aussi de partager nos anecdotes. Bien sûr, tout ce qui est dit dans le cadre du groupe fait partie du groupe et ne peut pas en sortir. Je ne peux donc pas raconter les aventures de Donald en République Dominicaine, enfermé en dehors de sa chambre d'hôtel à 2 heures du matin, en toute petite tenue, les clés à l’intérieur de la chambre, mais où donc peut-on cacher ses clés quand on est en toute petite tenue ?

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L’étape du jour nous fait passer du Kalamalka Lake au Okanagan Lake, un lac assez étroit d’une centaine de kms de long, on continuera de le suivre les deux jours prochains. On évolue entre 400 et 800 mètres d’altitude, dans un cadre campagnard inattendu des Rocheuses, on longe un moment la crête entre les deux lacs, avec des bonnes pentes qui montent à 8 puis 11%. Malgré le voile de poussières toujours présent des incendies de forêt, les couleurs sont belles, entre herbe fraîche et herbe brune brûlée au soleil, vergers et vignobles, ciel voilé et lac sombre, sans oublier l’orage sournois qui nous guette mais ne vient pas. 

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On se sent loin des Parcs Nationaux et des ours qu’on côtoyait il y a 2 jours, et pourtant on en est tout proche. On sait en tout cas qu’on ne va pas s’en sortir comme ça, et que pour rejoindre le Pacifique, il faudra repasser par des montagnes-des-vraies, on ne peut pas dire que les Rocheuses soient derrière nous.

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10 août 2018

Vendredi 10 Août - Vernon - km 5,353

Notre étape la plus courte pour la journée la plus chaude, c'était vraiment bien organisé. On nous parle beaucoup de canicule en France, mais ici, les pointes à 37° en été ne sont pas exceptionnelles. On poursuit notre route dans la vallée, profil toujours bien plat, visibilité faible en raison des incendies, on longe des champs de maïs et vergers d’arbres fruitiers, pommes à gogo... on se demande où sont passées les Rocheuses ?

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L’étape se termine dans le lac, on pourrait se croire à Annecy, altitude 400, température de l’eau 25°, je ne m’attendais pas du tout à me baigner dans les Rocheuses.

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Notre soirée hier dans un B&B noté 9,8 était chaleureuse, je regrette d’avoir omis de capturer une photo de nos hôtes, mais je pense que leur visage nous restera gravé dans la tête. Un peu plus âgés que nous, ils faisaient classe, lui avec son tablier noir au moment du breakfast sunny side up, elle au fourneau avec ses cheveux blancs tout ébouriffés. On a cru un moment qu’il s’agissait des descendants de la famille Schubert, et ça donnait encore plus de classe à leur présence. Hélas non.... Soirée réussie avec Pierre au BBQ, comme promis, et l’histoire des Schubert dans la tête.

L’histoire de Catherine Schubert

L’histoire de Catherine Schubert nous interpelle, elle boucle la boucle qui avait commencé pour nous au quartier Saint Boniface de Winnipeg.

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Née en 1835 en Irlande, elle immigre aux États Unis en 1850, espérant y gagner un peu d’argent dans des travaux ménagers, à partager avec les siens laissés en Irlande. Elle rencontre 4 ans plus tard un jeune charpentier Augustus, elle l’épouse, monte une épicerie pendant que lui travaille le bois. La dépression économique ajoutée aux tensions dues aux mécontentements des Indiens les poussent à tout quitter et partir à Fort Gary (Winnipeg), ils s’installent au quartier français Saint Boniface, achètent quelques vaches, réussissent à s’en sortir. Pas pour longtemps, ils perdent tout à la suite d’inondations, et se retrouvent en 1861 au point de départ, avec 3 enfants plus un à venir. Une expédition pour la Colombie Britannique se monte en 1862, Augustus a entendu parler de la ruée vers l’or, il s’inscrit. Malgré la désapprobation de son mari, Catherine s’incruste dans l’expédition avec ses 3 enfants, en omettant de dire qu’elle attend un bébé, ce sera la 1ère femme à participer à un tel voyage composé d’hommes, chevaux et bœufs. Voyage terrible, 2200 kms sans eau potable, au milieu de l’hostilité des Indiens, dans une nature difficile, il faut faire face aux inondations, construire des ponts... Au bout de 7 semaines, ils atteignent Edmonton, il reste à passer les Rocheuses. Orages, chute des chevaux dans les ravins, famine, noyades... l’équipe se scinde en deux, les Schubert choisissent de suivre la rivière North Thompson, malgré ses rapides. A la recherche de nourriture, ils échouent dans leurs tentatives de négociation avec les Indiens, mais finissent par trouver un champ de patates pourries qui les sauvent de la famine. Ils atteignent Kamloops le 14 Octobre 1862, affaiblis, affamés, et Rose naît le lendemain.

Printemps 1863, le groupe se disperse, les Schubert montent une ferme puis une auberge à Lillooet, sur la rivière Fraser, à l’entrée de la route du plateau Cariboo, le lieu de la ruée vers l’or. A force d’entendre des histoires de gens qui ont fait fortune, Augustus incite Catherine à repartir, un épisode de vie difficile où ils fréquentent des opportunistes sans foi ni loi. En 1872, ils ont 6 enfants, et finissent par abandonner la partie, ils s’installent pour de bon, les enfants grandissent, se marient, Catherine s’investit dans le monde scolaire, Augustus achète des terres avec son fils Augustus junior à Spallumcheen, tout près d’Armstrong où on passe la nuit.

1882 : Par son énergie et avec le support d’Augustus chéri qui cède une partie de ses terres, Catherine ouvre une école, le gouvernement envoie un instituteur, Rose épouse l’instituteur. L’école (Round Prairie School) existoe encore aujourd’hui, la ville d’Armstrong est très fière de sa pionnière, elle siège aux premières loges du jardin public.

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Jeudi 9 Août - Armstrong : km 5,315

On quitte Sicamous, capital mondiale des maisons-bateaux (boat-houses), un genre de péniche avec un vrai bateau ⛴ et une vraie maison 🏡 posée sur le bateau, pour une courte étape bien plane le long du lac de Sicamous, puis dans la vallée. Une route plus tranquille, qui va nous amener en quelques jours plein sud à Ossoyoos, frontière avec les États Unis. L'horizon est brumeux, les incendies de forêt en Californie transportent jusqu'ici un voile de particules qui cachent ciel et soleil. 

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Pour l'équipe cycliste, en dehors de la chaleur qui revient en force, c'est une journée douce, à midi, on a rejoint le groupe à l'arrivée pour le pique nique devant la statue de Catherine Schubert, (une pionnière dont l'histoire va suivre.). 

On nous appelle les Pieds Nickelés, une association de 3 caractères différents qui se complètent. Un peu comme gazelle, girafe et zèbre habitués à mettre en commun leurs synergies pour survivre.

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Christian : la gazelle du groupe, notre leader en technologie. Les randos vélo sont pour lui un prétexte à tester les dernières nouveautés, de préférence dans le monde de la pomme 🍏. Équipé d'un IPHONE, d'un IPAD et d'une montre APPLE, il nous fait passer les yeux fermés à travers les vallées et les cols des Rocheuses, sa montre lui dit tout : la température, l'heure du prochain orage, les changements de direction, les messages et la position gps de Raymonde. Seul son vélo n' est pas 100% APPLE, il contient un peu de SHIMANO. "Je n'aime pas les guerres de religion, j'ai choisi de me concentrer sur un seul fournisseur qui m'assure la compatibilité de ses appareils". C'est Christian qui nous a construit l'itinéraire de traversée du Canada, mais c'est nous qui avons choisi le sens Est-Ouest. 

Pierre : la girafe du groupe. C'est le plus grand, sa taille lui permet de voir au loin, il est donc chargé de repérer le danger, guetter l'ours. Ses longs bras lui permettent de tendre les mains vers les canettes de bières que lui offre Donald. Christian l'a équipé de la montre APPLE , il y reçoit en temps réel les SMS de son frère Michel, ce qui lui occasionne des fourires périodiques en roulant. Pierre a une autre qualité, il sait faire fonctionner un BBQ, et ce soir, il va nous faire à manger.

Jacques :  le zèbre du groupe. Confortablement assis sur sa selle Brooks, il fait une pause et ne s'occupe plus de rien puisque toutes les fonctions d'organisation sont sous contrôle du reste du groupe. Il a quand même conservé  l'animation du blog, publié avant le réveil de Estelle, Louison, Suzy, Nicole, Anne Rose, Chantal, Michou, Martine et les autres malgré nos 9 heures de décalage horaire.

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09 août 2018

Mercredi 8 Août - Sicamous : km 5,260

Dernière journée sur la Transcanadienne 1 : 80 kilomètres de fond de vallée assez plane vent dans l’dos, le train toujours à portée de vue, facile.

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On est sorti des parcs nationaux et leurs sentiers de randonnée, on rentre dans les vallées à attraction touristique plus sexy : karting, parcours dans les arbres, départs en hélico pour survol des glaciers ou dépose à ski, hôtels Resort de luxe, du grand tourisme, mais on n’a pas l’temps pour ça.

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Par le plus grand des hasards, on retrouve notre voiture suiveuse au moment du café-hôtel-de-luxe et au moment du pique-nique dans un village 1st nation, à portée de flèche des indiens cachés dans les arbres.

C’est toujours un bon moment quand on voit passer la grosse voiture américaine avec notre équipe suiveuse, car ils ont tous trois un truc qui fait que ça marche bien.

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Donald - Après une carrière militaire 🎖 qui l'a conduit à des missions en Égypte, Afghanistan et ex-Yougoslavie, Donald se lance dans l'organisation de voyages à vélo. Il exerce le rôle de chauffeur, mais il en fait beaucoup plus, très impliqué notamment dans le montage-démontage du campement. Donald monte une tente aussi rapidement qu'il descend une bière. C'est grâce à Donald que la glacière est bien alimentée en boisson liquide, c'est à lui que quelqu'un du groupe a déclaré en présence de tous  « si tu n'étais pas là, je ne serais pas venu(e). »

Raymonde - Une présence permanente au service du groupe. C’est elle qui s’est occupée de faire toutes les réservations pour les 21 étapes des Rocheuses, Tâche ingrate, pas facile de loger 6 personnes quand tout est complet ou hors de prix. A force de persévérance, elle nous a concocté un programme moitié camping moitié motel, qui nous convient complètement, on apprécie l’alternance des niveaux de confort. Active dès le matin pour la préparation du petit-déjeuner, des sandwiches du jour et de la photo du départ, elle joue le rôle de copilote la journée, et chef des courses le soir. C'est grâce à Raymonde que la glacière est bien alimentée en solide, c'est elle qui a déclaré à quelqu'un du groupe en présence de tous  « si tu n'étais pas là, je ne serais pas venu(e). »

Evelyne - Après la traversée de l’Ontario, Manitoba, Saskatchewan et Alberta, Evelyne a décidé de faire l’impasse sur les Rocheuses et rejoindre le groupe des suiveurs. Sa capacité à se servir de son couteau rose à pointe arrondie est exceptionnelle, elle peut aussi bien tailler une mine de crayon ou l’écorce d’un arbre, beurrer les tartines, réparer un objet brisé, mais elle ne peut pas jouer à la pichnette car la lame de son couteau n’est pas pointue, ni l’utiliser pour découper un poulet. Artiste du groupe, elle ne rate pas l’occasion d’un dessin, et craque parfois sur un morceau de poésie. Ce qui ne l’empêche pas d’être à fond dans le support aux cyclistes, parfaite assistante de Raymonde.

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Demain...on parlera des cyclistes. Ils sont pas si pires.

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08 août 2018

Mardi 7 Août - Revelstoke : km 5,180

Notre soirée camping a été animée par un exposé sous forme théâtrale d'un garde du parc qui nous raconte l'histoire du Grand Glacier. En 1887, dès la mise en fonction de la voie ferrée, un couple d'américains de Philadelhie profite du nouveau train pour passer quelques jours ici, dans un chalet hôtel situé au pied du Grand Glacier. A l'époque, le glacier touche la vallée. Coup de foudre. George Vaux, sa fille Mary et ses 2 fils William and George reviennent chaque année, se documentent, sont pris de passion pour la glace, se lancent dans l'étude du glacier, font appel à des guides suisses pour les aider à prendre des mesures, publient les résultats de leurs recherches, font progresser la science, deviennent des pros du glacier. Le glacier porte leur nom. La régression de ce glacier, 8 à 14 mètres par an (Groenland 20 mètres par jour !) était déjà effective à cette époque, le réchauffement climatique avait commencé. L'animateur nous demande en conclusion d'éviter de contribuer à l'accélérer.

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Grande descente en pente douce aujourd'hui, sur route pas toujours facile. On dispose toujours de notre petite voie sur le côté de la route, mais les bandes striées qui nous séparent de la voie principale nous demandent une attention permanente. On se sent bien mieux dans une bonne descente raide de nos cols alpins.

L'étape est courte (70 kms dont 1000 mètres de dénivelé à descendre), on a le temps de visiter cèdres géants et chou-puant.

Un sentier parfaitement tracé sur un  large escalier en bois nous amène au cœur de la forêt de cèdres géants. Mieux que Broceliande, on s'attend à voir à chaque étage un druide descendre de l'arbre. Mais le druide aurait 500 ans, il aurait connu Christophe Colomb.

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Même sentier bien tracé dans une zone humide, une végétation dense, un paradis pour les  - peut être une préparation pour le Vietnam - le chou-puant est une créature qui émet des odeurs désagréables, on ne les perçoit pas, peut-être on émet bien pire, il est temps de laver les maillots.

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Entre temps, nos trois accompagnants sont allés faire une ballade en direction du glacier. Et pourtant, l'écriteau était clair : "présence d'ours noir et de grizzly, partez en groupe de 4 personnes au minimum.". Ils ont sans doute pensé que leur bombe à poivre jouait le rôle de la 4ème personne.

Et pour finir, camping chouette au bord du lac, au milieu de cèdres pas encore géants.

Altitude 500m, on est tombé bien bas !

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07 août 2018

Lundi 6 Août - Glacier : km 5,110

Première étape de montagne, une vraie, qui nous fait quitter le Parc Yoho pour pénétrer dans le Parc National des Glaciers. Autour de nous, 400 glaciers couverts de poudreuse en hiver, c'est le paradis du ski, connu du monde entier.

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La route comporte 2 cols à altitude moyenne, on roule entre 800 et 1300 mètres, sur des pentes qui ne dépassent pas 5 - 6%, c'est smooth, pour un dénivelé global de 1000 mètres.

Dès le départ à Golden, on quitte notre Kicking Horse River pour suivre vers le nord la vallée de la Columbia River, le meilleur moment de la journée, léger faux plat, rivière calme, route presque tranquille, la Transcanadienne 1 est quand même une artère principale pour camions et auto dans leur traversée du Canada, ça ne peut pas être complètement calme.

On atteint la fabrique de chalets du Canada, un centre de fabrication artisanale agissant aussi comme centre de formation, tout est fait à la main, on y entre des arbres il en sort des cabanes au Canada. Je laisse les coordonnées sur le blog, on sait jamais...

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Puis la route monte et change de direction au col, plein sud vent de face sur la vallée de la Beaver River, réputée pour ses thuyas géants, ça marque notre entrée dans le Parc National des Glaciers. Bonne descente avant d'aller chercher le dernier col, Rodgers, connu pour avoir été sélectionné par le Canadian Pacific pour y faire passer le train. Décision contestée à l'époque, bagarres entre politiciens.

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Une étape qui se termine dans un terrain de camping semi sauvage (pas de réseau, pas de wifi, mais de beaux emplacements au milieu des conifères, des tables, un terrain plat), notre voiture suiveuse est arrivée tôt ce matin pour squatter la meilleure place, au bord de notre nouvelle rivière, la Illecillewaet. Ce soir repas sur la table face à la rivière, on dira aux maringouins qu'ils ne sont pas invités. Et cette nuit on s'endormira bercés par la mélodie de l'eau qui coule coule coule fort fort fort.

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Inspiration Haïku

Plus proche un instant

Saute mouton d'écume

Dans sa paix me sentir

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05 août 2018

Dimanche 5 Août - Golden : km 5,024

Un spectacle dont on ne se lasse pas au réveil : le passage dans la montagne des 110 wagons colorés du train de marchandises, juste avant son entrée dans les spirales. Un bruit lent et agréablement assourdissant qui a accompagné notre nuit sans vraiment nous  déranger. On campe aux premières loges, sur un terrain ouvert à tous, un vrai camping libre service avec plein de tentes dispersées partout, sans ordre, sans barrière, ambiance camp de base pour randonneurs. Au réveil, c'est un spectacle qui met en forme pour la journée.

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Étape brève que l'on rallonge dès le départ par un détour vers le lac Emerald. De source sûre, il doit sa couleur aux fines particules de roches qui restent suspendues entre deux eaux, alors que toute la boue du glacier s'enfonce tout au fond. Beau détour absent du programme de Vélo Quebec, le programme de Christian est le meilleur. 

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Sur la route du lac Emerald, on reçoit de la nature une leçon de géologie : un pont naturel, qui, au départ, était une chute d'eau, puis l'eau a trouvé la brèche et s'est infiltrée pour casser la roche et passer sous le pont. Un jour la roche éclatera complètement et la voie sera ouverte, on appellera ça un canyon. Je laisse la photo sur le blog pour permettre aux lointaines générations futures de faire une comparaison. À mes petits enfants !

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La suite de la journée est une longue descente de la Kicking Horse River, on est de retour sur l'autoroute Transcadienne 1, dans une large vallée en pente légère, petit vent favorable, donc un long moment sans effort. Juste un peu d'attention quand le shoulder se rétrécit, les camions n'ont pas l'habitude de freiner.

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A l'approche du km 5000 de notre voyage, je veux fêter l'évènement symbolique par un café, et ça tombe pile au moment où on passe devant un centre 'Wild Water' qui propose ballades en eaux tumultueuses sur la rivière. Une chance inouïe d'abord, puis une immense frustration car on nous refuse le café, "ici on partage les eaux tumultueuses mais pas le café". Je pense à la chanson de Oldelaf, et j'ai envie d'y ajouter un couplet "la tristitude, c'est quand ça sent fort le café... qu'c'est pas pour toé"., et je me dis pour me consoler que des  aventuriers qui ne veulent pas partager le café, ce ne sont pas des aventuriers.

Étape à Golden, on est tombé bien bas, altitude un peu inférieure à 900 mètres, après être monté au col du Kicking Horse à 1,627 mètres. Pour l'instant, aucune montée raide, de larges vallées en long faux plat à 1 ou 2%. Par contre, en sens inverse, les descentes sont plus courtes mais bien plus raides, de 6 à 8%. Une raison de plus pour justifier le choix de faire le parcours d'Est en Ouest.

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Samedi 4 Août - Field : 4,945

Programme simple aujourd'hui : 60 kms de montée légère jusqu'au lac Louise, passage au col Kicking Horse en Colombie Britannique, et belle descente vers le Parc National de Yoho pour une nuit en camping presque sauvage. 

Le ton est donné dès le départ, sur un panneau à l'entrée de la piste cyclable : "c'est la saison des baies, attendez-vous à rencontrer des ours, ils aiment bien ça". 

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On connaît par cœur la route forestière du lac Louise, puisqu'on l'a faite hier en voiture, on a même repéré les endroits où s'arrêter pour les photos. On avance les yeux grand ouverts, on est aux aguets... puis on finit par oublier. C'est le moment choisi par un gros ours noir pour se montrer, c'est notre premier embouteillage. L'ours est en plein repas, Christian a le temps de filmer la dernière bouchée, j'arrive trop tard, il a trouvé un autre filon. Le film révèle une grosse masse noire au milieu des buissons à une vingtaine de mètres de la route, visiblement plus occupée à dévorer des baies qu'à se soucier des quelques personnes présentes caméra au poing. 

Un peu plus loin, passage dans la forêt brûlée en 1993. L'incendie n'était pas criminel, il était dirigé par les autorités locales, une façon de remettre de l'ordre dans l'écosystème, refaire la flore. Une technique bien utilisée dans les Rocheuses. Ils ne sont pas si fous, ces Canadiens. 

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Et pour finir, le top de la journée : dans la descente finale du col Kicking Horse, un bijou de technologie, inspirée de l'expérience des CFF Suisses : le tunnel en spirale. La pente est trop forte pour le train, d'où l'idée d'un tunnel en spirale qui permet de prendre de l'altitude en conservant une pente faible. Comme les trains de marchandises font plus de 2 kms de long, la locomotive 🚂 sort du spirale avant que le dernier wagon n'y soit entré. Depuis notre poste d'observation, on arrive à voir simultanément 3 rames circulant en sens inverse à des altitudes différentes. Incroyable : elles appartiennent au même train. Evelyne reste sans voix devant ce spectacle, comme un rêve. Trop beau. On est des enfants. 

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On a quitté notre Bow river, on a passé la ligne de partage des eaux, on a basculé côté Pacifique. Un nouveau monde s'ouvre à nous, qui donne de l'inspiration pour un Haïku...

Parfaite nature 

L'air est un rayon du monde

Il vole nos pas. 

Et pour un ôde au Canadien Pacifique, dont on apprécie chaque jour le rôle considérable qu'il a joué dans la conquête de l'ouest.

Notre CP des Prairies se perd dans les Rockies.

Le voilà qui se mange la queue, revient plus haut, redescend plus bas, et jamais ne disparaît en entier.

Et mon cœur d'enfant, jamais n'a vu plus bel exploit !

Plus jamais on ne peut l'embrasser du regard, mais je le trouve tout autour de moi.

Il est là où règne le bon et le vrai.

Ô toi, Canada.

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04 août 2018

Vendredi 3 Août - Banff : km 4,862

Une nuit fraîche sous la tente, bien arrosée. J'avais oublié de mettre à l'abri ma barre de céréales et le tube de marron, mais l'ours n'a rien senti. On en plaisante, mais les mesures de protection sont bien ancrées dans l'esprit des gens, pour se protéger mais aussi pour protéger l'ours qui doit rester dans son monde sauvage sous peine de condamnation à mort.

Deux activités au programme du jour : déplacer les tentes de 500 mètres - sans doute pour brouiller les pistes et tromper l'ours qui nous guette - et profiter de l'auto pour faire un tour dans les Rocheuses. Direction Lac Louise, une route qu'on refera demain à vélo. Tous les cyclos croisés sur la route nous ont vendu les Rocheuses, en citant 2 endroits : Jasper et Lac Louise. Jasper est trop au nord, on saute l'étape, mais Lac Louise est sur la route.

Une ballade à pied de 8 kms entre 1600m et 2000m, temps agréable qui tourne à la pluie au moment où on remonte dans l'auto. On trouve tous les ingrédients d'une belle ballade en montagne : sentier forestier, cascades, glaciers, lacs de montagne, eau verte, et de moins en moins de monde au fur et à mesure qu'on s'éloigne du parking. Le lac Louise tient son nom du prénom de la 4ème fille de la reine Victoria. Un peu plus haut, le lac Mirror doit son nom aux chèvres qui viennent regarder leur image dans l'eau claire du lac. Et au dernier étage, à 2000 mètres, le lac Agnès rappelle l'épouse du 1er premier ministre du Canada Agnes MacDonald, les Québécois l'appellent Lac Louis Riel. Tous ces lacs sont alimentés par les glaciers alentours, dégagent une couleur vert émeraude unique. Dans ses campagnes de promotion 'prenez le train vers l'ouest', le Canadian Pacific était à la recherche de ce genre de site pour attirer le tourisme vers la voie ferrée. Dès son passage à Banff, il a très vite installé un grand chalet au lac Louise, devenu hôtel, mais ça ne s'adresse pas vraiment aux cyclistes voyageurs.

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Anecdote du jour : à la fin de notre ballade, rencontre avec une garde du Parc qui vient fermer un sentier, une maman grizzly et ses 3 petits sont passés une heure plus tôt en direction du bout du lac. On est fier de pouvoir dire "j'ai vu la femme qu'a vu l'ours"...

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Soirée passée à Banff, une foule dense de ville touristique en plein boum ! On a patienté hier soir plus d'1 heure pour trouver une table, on en a profité pour réserver pour ce soir, les vacances à la montagne demandent une organisation stricte. Mais nos Québécois sont là, ils nous guident, on avance les yeux fermés, en toute confiance.

Demain matin, ce sera frais au départ, et à 1500 mètres au dessus de l'océan Pacifique, aura t-on suffisamment d'hémoglobine dans le sang ? En tout cas, chapeau à ceux qui font la route à vélo camping sans voiture suiveuse.

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03 août 2018

Jeudi 2 Août- Banff : km 4,861

Chouette étape qui nous fait monter doucement de 200 mètres en 100 kms. Banff est à l’altitude 1438m, on est arrivé dans le cœur des Rocheuses. Mais le cœur est grand, on va pouvoir l'osculter pendant 1000 kms avant Vancouver.

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L’approche s’est faite en 3 temps : dès la sortie de Cochrane, un passage dans une large vallée bien ouverte, dans le style de la vallée de la Brévine, des pâturages sur les bords dans les collines. Des troupeaux de bovins qui nous observent, peut être les mêmes que ceux qui nous ont régalés hier soir au BBQ. Puis entrée dans la forêt, parfois un lac, mais toujours pas de Rocky Mountain. Et tout d’un coup, c’est la vallée comme on la connaît à Chamonix, la montagne de chaque côté, on y est. Dans un effet ´surprise-surprise´, les Rocheuses ont attendu la dernière minute pour se dévoiler.

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Journée passée dans un fauteuil, organisation parfaite : l’équipe Nord Américaine Skype composée de nos 2 Québécois ayant pris l’affaire en main dès le départ, les 80 premiers kms sont couverts à plus de 23 km/h. L’orage éclate juste au moment où on prend le café, le pique-nique est servi sur une table face au MacDo de Canmore, à 20 kms de l'arrivée, là où s'entraîne l'équipe de ski de fond du Canada.

La bonne surprise : camping à Banff, dans un parc national, le terrain de camping est dans la forêt, les places au milieu des pins, à deux pas de l'ours. L'espace est à nous. Cette nuit, on rangera la nourriture et la pâte dentifrice dans la voiture, et on évitera d'avoir envie de sortir de la tente. 

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Canmore, Banff : villes de départ pour randos. Tout est complet, hôtels, campings, parkings, restaurant... c'est bon signe, l'ours ne viendra pas là.

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02 août 2018

Mercredi 1er Août - Cochrane : km 4,761

On les a retrouvés, au bord de la rivière Bow, c’est comme si on s’était quittés la veille. Ils n’ont pas changé, nous non plus, même si jn’en suis a serrer ma ceinture au dernier cran. Ils sont même un de plus, car Donald, le frère de Christian, est venu participer à la fête. On est donc 6 pour traverser les Rocheuses : Evelyne et moi, Christian et Raymonde, Pierre - le beau frère de Christian, celui dont la sœur a épousé Christian -, et Donald - le beau frère de Raymonde, celui dont le frère a épousé Raymonde. Pierre et Donald ne sont ni frères, ni beaux frères.

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Sur le lieu de nos retrouvailles, on note les personnes qui ont marqué la ville : à commencer par le sénateur Matthew Cochrane, qui installa son ranch en 1881, et a donné son nom à la ville 4 ans plus tard, quand le Canadian Pacific a construit la gare. Sans oublier Walking Buffalo, chef indien de la tribu des Stoneys, sage philosophe leader spirituel, qui a travaillé comme éclaireur interprète pour la RCMP, medicine man, grand militant pour la paix, le pardon, l’harmonie entre les peuples « Cessons de se haïr les uns les autres, et tentons de nous rapprocher de la façon dont le Grand Esprit le souhaite ».

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« Les gens ont du mal à sentir leur sol, voir pousser des plantes hors de leurs pots, ou à s'éloigner suffisamment des lumières de la ville pour percevoir la beauté d’un ciel étoilé. Si on vit loin des scènes de la création du Grand Esprit, on en oublie trop facilement les lois ».

Alors c’est promis, dans les Rocheuses, on restera en éveil, attentifs à cette nature qui nous entoure... sans oublier de contrôler  le grizzli qui nous guette.

Soirée barbecue organisée par les Québécois dans la cour u motel, ils sont forts, les Québécois, ils connaissent la recette magique du BBQ et des patates grelots au four. Avec la viande de Saskatchewan bien sûr.

Et tant pis pour le saloon de la petite ville de Cochrane et son décor western, s’il a perdu 6 clients ce soir.

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