365 jours sans jour sans

19 juin 2018

Lundi 18 juin - Marathon : km 1,761

Nos premiers kms ce matin sont marqués par les récits racontés hier soir par Genevieve de Havre St Pierre. Elle a eu deux occasions de rencontres avec l’ours, qu’elle a surmontées en hurlant. Sous influence, on roule quelques kms les yeux bien écartés de chaque côté de la route, prêts à hurler « ne bougez pas, on ne fait que passer ».

La chance du jour : café au km 25 et re-café au km 38. L,'occasion est tellement rare qu' on n'en rate pas une. On partage le second café avec deux américains, Louis et Don, partis faire le tour du lac Supérieur. Un échange sympa, on se met à rêver ensemble à une piste cyclable autour du lac Supérieur, une vraie, plane à raz du lac.

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Une belle étape, qui nous mène dans la région minière de Manitouwadge. Trois légendes marquent l'histoire de Manitouwadge, en langage Ojibway ´Repère du Grand Esprit’. Elles ne sont pas toutes fausses. 

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La première explique que le grand Manitou est venu un soir se reposer à cet endroit, il a fait de beaux rêves, et à son réveil, il s'est senti tellement bien qu’il a créé ce paysage de lacs, forêts, collines, minerai. Fier de lui, il attribue le nom de Manitouwadge à ce lieu.

La seconde légende qui remonte au 18ème siècle évoque le courage d’un éclaireur qui s’est aventuré dans les lacs cachés, et à l'écoute de l'écho de sa voix, il a vu là l’intervention des grands esprits, d’oú le nom ´Repère du Grand Esprit’.

La troisième est plus récente, elle remonte aux années 1950. Elle raconte l'histoire de trois prospecteurs du dimanche. Emportant avec eux de vieux relevés géologiques datant des années 30, ils se mirent au travail et découvrirent plus de 40 filons de gisement d'or, argent, cuivre, zinc. Suffisamment pour intéresser une Compagnie minière qui les rémunéra aussitôt en cash et en actions de la société. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'argent. 

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Et puis... il ne reste qu’une quinzaine de kms, et le vent violent se lève, il nous faut près de 2 heures pour les parcourir. Dur dur, on se voyait la bière à la main à 14 heures, il faut repousser d’une heure.

Sans oublier le frustration de la toute dernière descente, 100 mètres de dénivelé à plus de 8%, il faudra les remonter demain.

Pas grave, demain est un autre jour.

 

 

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17 juin 2018

Dimanche 17 juin - Whitehorse River : km 1,666

Hésitation au réveil, menace météo,  on y va ? on y va pas?

On est dans une logique positive, alors on passe au Subway de Wawa, on se choisit un bon sandwich pour affronter 93 kms de no man’s land, et on n’a plus le choix : on y va.

Journée passée entre brume, bruine, petite pluie légère qu’on ne sent pas dans les montées mais qui gâche les descentes.

Toujours nos paysages norvégiens, les lacs, Evelyne ne m’a encore pas dit « je regrette de ne pas être venue au Cap Nord », mais ça ne saurait tarder.

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On profite à fond de ces paysages vallonnés, chaque montée est un prétexte à se dire «quand on sera dans les Prairies, on les regrettera, ces côtes et ces beaux dénivelés ». On est encore loin du Manitoba, mais l’esprit y est déjà.

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Surprise à mi-parcours, il sort de la brume comme un bonne apparition, le Halfway Lodge : un motel - station essence - bar - épicerie. Il n’est pas signalé sur la carte, mais il est ouvert, même un dimanche, le patron est sympa, on peut respecter la tradition du café  de 11 heures. Chouette.

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A 14h30 on est arrivé-douché-séché, arrive Geneviève, infirmière à Havre Saint Pierre (extrémité nord est du St Laurent). Elle est partie de Vancouver, il lui reste à rentrer à la maison. Elle a plein de choses à partager sur les Prairies, sur le Québec et sur le vélo, on a une chambre avec 2 lits doubles, on lui propose le second, puisqu’il est libre. Ce soir, voyage rime avec partage.

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Il nous reste à passer au bar, c’est l’heure de la bonne gorgée de bière, en écoutant Geneviève nous parler de sa rencontre avec l’ours il y a 2 jours près de Nipigon.

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Samedi 16 juin - Wawa : km 1,571

C'était hier une belle étape repos, dans un lieu magique qu'on emmènerait bien dans nos sacoches pour le retrouver chaque soir. Avec un coucher de soleil qui ne demandait aucun effort de notre part, on était positionné en face, juste garder les yeux ouverts.

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Pourvu que ce lieu, le Twilight Resort, trouve un repreneur et ne tombe pas à l'abandon, il mérite une vie longue longue longue. For ever. 

Le retour à la réalité, c'est une centaine de kms à travers les paysages canadiens de forêts et lacs du Lake Superior Provincial Park. Les poissons y vivent heureux, les pêcheurs ont le droit de venir jouer avec eux, mais en cas de prise, ils doivent les remettre à l'eau. 

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Un vent faible favorable, mais du dénivelé et de la distance, Evelyne m'impressionne par sa vivacité autant en endurance qu'en cardio. Elle se met à placer des démarrages vers le haut des côtes... Hâte d'en finir, ou bonnes sensations ? Sans doute les deux. 

Destination Wawa - quel drôle de nom -  en langage des premiers occupants Ojibwés, cela signifie Oie sauvage. 

Lieu de commerce avec trappeurs et coureurs des bois, jusqu'à l'arrivée des chercheurs d'or qui n'y ont pas fait fortune, les mines se sont vite épuisées. 

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Une vieille légende concerne la ville de Wawa et se répand parmi les jeunes Québécois qui voyagent entre Montréal et Vancouver en auto stop. Personne ne sait pourquoi personne n'embarque les auto stoppeurs à Wawa , mais certains y sont déjà restés coincés pour plusieurs jours sans que personne ne les aide à faire un bout de chemin. (c'était aussi le cas pour les déserteurs US de la guerre du Vietnam) .

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La légende va de simples accidents engendrés par des arrêts non-sécuritaires aux psycopathes auto stoppeurs meurtriers, mais ce qui reste sûr, c'est que peu importe la raison, il ne faut jamais s'arrêter à Wawa si l'on voyage sur le pouce. Les gens seront désagréables avec vous et vous aurez beaucoup de mal à vous trouver une voiture.

Ouah ! Ouah ! 

 

Pique nique de midi près d'un des nombreux lac, les panneaux nous mettent en garde de ne rien laisser pour les ours, et les moustiques nous chassent, on déjeune en moins de 10 minutes. 

Et puis les rencontres du jour...

Sam et ses 4 collègues, 5 canadiens de moins de 25 ans partis le 9 mai de Vancouver pour St John, camping tous les soirs, 5 vélos de nature différente, aucune pièce de rechange commune... ça me rappelle Megeve - Draguignan 1976.

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Et Tom, parti seul avec son blue jean de Minneapolis pour Thunder Bay, puis Sault Ste Marie et le tour des Grands Lacs. J’ose pas évoquer le tour du lac Léman.

il nous quitte vite car il craint l’orage tonnerre - éclairs ce soir.

... et d’autres rencontres simplement immortalisées dans le petit carnet d’Evelyne...

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À l'entrée de Wawa, près de l'Oie sauvage symbole de la ville, une exposition retrace les principaux personnages qui ont marqué la région. C'est sympa, à lire sur www.wawahistory.com

 

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Pour demain, météo incertaine. A suivre. 

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15 juin 2018

Vendredi 15 juin - Montréal River Harbour : km 1,458

Enfin une étape brève et douce, à travers de belles forêts majestueuses, une route bien roulante, plaisir du matin.

On limite l'étape à 40 kms, sinon il faudrait passer à 150, on remet à demain. Ce sera notre étape repos, lavage, nettoyage vélo, WhatsApp vidéo, coiffeur ? Prendre le temps d'aller écouter sur youtube la chanson dont tout le monde parle sur cette côte, puisque la triste histoire s'est déroulée il y a 43 ans sous leurs yeux - the Wreck of the Edmund Fitzgerald.

On est seuls dans un dernier coin de civilisation que son propriétaire essaie de vendre, mais comme il ne trouve personne intéressé à un travail difficile, c'est invendable. Peut-être un intérêt pour un lecteur du blog? ça s'appelle Twilight Resort, c'est au bord de l'eau, une dizaine de chalets simples et équipés pour la cuisine, pas de télévision, le lac (et quelques moustiques) sous les yeux. 

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On apprend que le lac Supérieur contient 10% de la réserve d'eau douce de la planète. Alors pas grave si on ne trouve pas de bière dans notre cottage, on tirera directement sur la réserve d'eau douce.

Encore une rencontre aujourd'hui, ils ont l'air fatigués, Skyler et Mario ont quitté Victoria le 23 avril, ils se donnent 100 jours pour se rendre à Saint John. Ils confirment la possibilité de rouler sur la Transcanadienne 1, de longues longues lignes droites, et en général un bon bas côté pour les vélos. Quoique... Au Manitoba, les routes ne sont pas très bien entretenues, il faudra apprendre à sauter avec le vélo.

 

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Dans l'ensemble on se sent toujours en sécurité, mais Il faut rester toujours vigilant sur la route, se méfier notamment des réparations de fortune qui laissent des traces molles et  glissantes sur la chaussée, on ressent parfois une petite émotion quand le pneu s'y glisse. 

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Demain, France-Australie foot, France - Nouvelle Zélande rugby. Ça tombe bien, on n'a pas la télévision.

Allez les bleus !

 

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Jeudi 14 juin - Bachawaga Bay : km 1,420

 

 

Les jours se suivent, les vents se ressemblent. C'est heureusement moins fort qu'hier, mais ça reste vent de face, et ça réduit l'admiration que je portais aux cyclistes croisés en sens inverse. Trop facile ! 

La visite de Sault Sainte Marie ce matin se limite à la traversée de la ville jusqu'au pont pour les US. Une rue centrale, Queen street, la Sainte Catherine de Montréal, et on a à peu près tout vu. Le passage du lac Huron au lac Supérieur se fait sans transition, entre les 2 lacs simplement une rivière. On n'est pas à Niagara !

La sortie de la ville est un peu hard, on passe une bonne dizaine de kms en sécurité sur des trottoirs faits de plaques de béton qui claquent au passage des roues, on souffre pour nos vélos. 

Remontée plein nord sur Transcanadienne 17 -  je crois qu'elle va nous conduire jusqu'à Winnipeg -  des sections roulantes, et des sections en travaux.

Dialogue à l'entrée d'une zone à circulation alternée. 

How long is this section ? 

Heu... There are 2 sections, you will get another one after. 

How long is this one ? 

Heu... Not too long. 

Not too long... L'unité de mesure des distances reste toujours un problème quand la demande concerne un vélo. 

La route monte le long du lac Supérieur, on longe quelques plages, content de retrouver le lac, on hésite entre lac et mer.

Parfois des baigneurs, pas nous...

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Pause du soir au dernier motel de Batchawana Bay, le gérant décrit la région comme le bush. Un no man's land de 150 kms jusqu'à Wawa, corridor d'immigration américaines au moment de la guerre du Vietnam, un coin où les déserteurs se trouvaient coincés (they were stuck) sans issue, et personne ne les prenait en stop.

Mais on est (peut être) plus malin que le gérant... On a trouvé le dère de dère à 40kms, on va pouvoir couper la prochaine étape en 2.

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Un endroit qui a inspiré la chanson "the wreck of the Edmund Fitzgerald". De sources sûres...

SS Edmund Fitzgerald était un navire cargo américain en activité dans les Grands Lacs en Amérique du Nord, transportant durant 17 ans du minerai de fer des mines près de Duluth (Minnesota) vers les aciéries de Détroit, Toledo et autres du Midwest. Le navire a établi six fois des records saisonniers de chargement, battant souvent son propre record.

Le navire a coulé dans le lac Supérieur à la suite d'une tempête le 10 novembre 1975 au large de Whitefish Point, avec tout son équipage de 29 personnes. Lors de son lancement le 8 juin 1958, il était le plus grand navire sur les Grands Lacs et reste le plus grand y ayant sombré. Une chanson sera dédiée aux victimes « The Wreck of the Edmund Fitzgerald » écrite, composée et chantée par le canadien Gordon Lightfoot.

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Sur la plage le soir, on se croirait à Tahiti.

Dialogue :

Lui : Elle est comment, salée ?

Elle : Froide.

On n'est pas à Tahiti. Mais c'est chouette quand même, surtout avec nos noodles préparées dans la chambre.

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13 juin 2018

Mercredi 13 juin - Sault Sainte Marie : km 1,332

Journée sous contrôle grâce au site météo norvégien yr.no

Éclairs et tonnerre au réveil face au lac en colère, mais yr.no nous donne un créneau de 9h30 à midi pour avancer de 40 kms.

A 9h30 précises, la pluie cesse, le ciel se couvre de bleu, on en profite.

La route n’est pas très agréable, les camions se succèdent, le vent souffle dans tous les sens. Mais il ne pleut pas.

On croise Jack, parti de Winnipeg pour Halifax, il ne connaissait pas yr.no et a eu droit à l’orage. Il a eu la chance de trouver un abri de fortune dans une cabane de stockage du sable sur le bord de la route. Dans son malheur, il a la chance d’avoir le vent dans l’dos.

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Ce moment de rencontre d’un voyageur est important, même si l’échange peut paraître banal, il fait partie du jeu, et c’est un plaisir de raconter d’où on vient et où on va, et d’écouter la version de l’autre. Sans oublier le moment de la photo. 

 

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A midi moins cinq, on arrive à Bruce Mines avec les premières gouttes de pluie, on commande notre Caesar salad dans un bar motel et 5 minutes plus tard, c’est l’explosion, pluie forte et vent violent. On ne comprend pas le jeune indien d’Inde qui a décidé d’affronter l’orage pour rejoindre Sault Sainte Marie à 66 kms, avec un vent de face annoncé entre 54 et 60 km/h.

Au moment du dessert, on décide de faire étape dans ce motel un peu sordide malgré notre envie d’aller à Sault Sainte Marie, la grande ville moitié canadienne moitié américaine, ville frontière entre le lac Huron et le lac Supérieur.

On sait que le ciel va revenir au bleu à 15 heures, mais le vent restera violent. On ira demain.

... quelques heures plus tard, on a additionné 65 kms au compteur, on se demande encore où quand comment pourquoi ça s’est passé... Evelyne raconte.

Arrivée 20h16.

Moshi Moshi ! On a ajouté une étape au pays du grand ciel bleu couchant, par vent de face N/O nous obligeant à rouler en dévers pour garder le cap.

Une voiture nous offre un lift pour nous avancer, on refuse, on veut s’entrainer pour l’Alberta.

A mi-chemin, on reçoit l'encouragement  - Tuuuut Tuuuut - du train pour Vancouver, avec ses 120 wagons de marchandises. 

C'est l'fun, on est en territoire indien First Nation d'Amérique du Nord, this is Indian Land.

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Arrivée à Sault Sainte Marie, on n'a même pas le droit de monter sur le pont, il est en territoire US. Mais on a le droit de le prendre en photo.

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Mardi 12 juin - Iron Bridge - km 1,227

Encore une belle journée sur la Transcanadienne 17, qui commence par 4 rencontres.

Le daim qui traverse la route et va se poster de l'autre côté pour nous prendre en photo.

Suivi de peu par le gros chien noir qui dévale la pente, et malgré mon hurlement "BOZO ça suffit !!!" nous fonce droit dessus. Je ne peux qu'hurler à Evelyne "pédale, Forest, pédale", et on sort vainqueur de l'aventure en quittant son territoire, à 30km/h.

Suivi par le serpent qui se met en travers de notre petit espace de route -  Sandrine, tu peux sauter cette phrase. L'histoire se passe près d'une commune indienne nommée Serpent River, on s'imagine que le serpent est le gardien de la réserve.

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Suivi enfin par Bren (on dirait Luc), un cycliste gnoufi parti de Victoria le 12 mai, qui traverse chaque année le Canada depuis 7 ans de Victoria à St John, entre 6000 et 8000 kms, à raison de 120 kms en moyenne par jour. Là encore on ne roule pas dans la même catégorie, mais on a l'impression de faire partie du même groupe. 

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Du plaisir sur 50 kms, jusqu'au tronçon en cours d'aménagement, il faut se frayer un chemin au milieu des aspérités du bitume gratté, un moment de forte attention où on ne peut pas s'évader dans le rêve. 

A la pause de midi à Iron Bridge dans un fast food asiatique, tous les regards se portent sur nous, on doit avoir un drôle de look. Mais eux aussi ont un drôle de look, on aimerait leur dire "on vous prend en photo et vous nous prenez en photo", ils en meurent d'envie et nous aussi. 

Ce soir, halte dans un cottage, l'équivalent du chalet en Norvège, on est au bord du lac, Evelyne a préparé le bois pour le feu, on va se faire à manger... un peu comme à la maison mais ce sera extra ordinaire.

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On sera attentif à ne pas laisser trainer la pâte dentifrice.

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12 juin 2018

Lundi 11 juin - Spanish : km 1,143

Grand beau au réveil, pour une étape au look Norvégien. Paysages de lacs et forêts, on passe d'île en île à l'intérieur de l'île, c'est un remake de la route du Cap Nord. Avec les moustiques en prime. 

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Rencontre avec des colonies de chenilles 🐛, elles sont sans doute la cause des nombreux arbres morts autour de nous. C'est franchement dégoûtant, on n'a pas envie d'y goûter, même grillées. Heureusement, on est au pays du poulet grillé, pour les chenilles, on attendra l'Asie. Et pour le camping... on va botter en touche  quelques temps. 

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Détour par le petit village de WhiteFish Falls. On ne le regrette pas, même si tout est à l'abandon. A l'entrée du village la boutique LCBO, puis l'église transformée en bistro, la cabane au toit rouge telle qu'on imagine sa cabane au Canada, puis le cimetière en plein milieu du village, et surprise, la caserne des pompiers à la sortie du village. Mais où sont les pompiers ?

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Tout est à vendre, sauf le cimetière et la caserne des pompiers.

 

Café sandwich au Subway d'Espanola, près de l'usine de pâte à papier. C'est une première, on apprend comment commander son sandwich 🥪.

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Et puis 30 kms de bonheur l'après midi sous un soleil mexicain sur une route tranquille, la Lee Valley Road, le long de la Spanish River, route plane bordée d'érables et de sapins, on roule à fond... si bien qu'en passant devant l'église bleue de Macey, on décide d'ajouter encore 20 kms pour faire étape à Spanish.  

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À 5 kms de l'arrivée, on fait comme les pros : on vide les gourdes, pas en les jetant, en buvant jusqu'à la dernière goutte. 

Soirée motel au bord de la highway et de ok à voie ferrée, on imaginait que tous ces lieux étaient le fruit d'une colonisation espagnole, mais la paella a été remplacée par fish and chips. On s'y fait.

Une étape qui frôle les 100kms, ça donne le temps à Evelyne pour renouer avec son ancêtre FEUERSTEIN. L'anecdote se situe au 19ème siècle dans une cabane à sucre de l'Ontario où venait de s'installer une famille d'immigrants de l'Europe de l'Est : les FEUERSTEINs.

Le capitaine tenait d'une main gantée un crochet qu'il actionnait violemment. Le rocking chair vide basculait encore quand le capitaine tira de sa cariole le pain de glace à l'aide de son gant au crochet acéré.

Il hissa le bloc dégoulinant sur son épaule protégée d'un double sac de chanvre.

D'un pas ferme, il se précipita vers la 4ème marche de la maisonnette, quand surgit la mama, la bouteille de schnaps à la main.

Surpris, le capitaine laissa échapper la masse blanche par la porte ouverte de la cuisine.

Là, se trouvait le petit FEUERSTEIN, aux premières loges devant le jet de mélasse dégoulinant en stalactite sur la glace.

Quelle merveille de stupéfaction devant la métamorphose du filet de sirop d'érable se figeant instantanément.

En tirant 4 roues de rondelles et en les relevant, le petit FEUERSTEIN pouvait s'imaginer un bolide avançant et reculant sur la piste glissante.

FIRESTONE était né, le pneu révolutionnaire de glue et de broc.

À tous les migrants créateurs et à tous les jeunes qui rêvent d'un monde meilleur, le poète visionnaire du 19eme siècle F. HÖLDERLIN adresse son message : "Je me représente de préférence le monde comme une maison où chacun, sans même y penser, s'adapte aux autres, vit pour le plaisir et la joie des autres, parce que son cœur le lui inspire"

 

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11 juin 2018

Dimanche 10 juin - Little Current : km 1,045

 

Rendez vous tôt ce matin avec les motards sur la file d'attente du ferry, en route pour l'île Manitoulin. 

Les motards : ils ont des machines bien plus belles que les nôtres, ils se regardent les uns les autres, on doit admettre qu'on ne les intéresse pas. Certains nous montrent la poignée d'accélération de leur machine avec un sourire qui en dit long. Mais tout cela se fait dans une bonne atmosphère de presque bonne camaraderie. 

Une traversée de 2 heures en compagnie d'un cow boy fringué comme Dean Martin, même démarche nonchalante quand il s'approche du bar. Un autre lui fait la conversation, il a un style un peu différent genre 'les amiches de mes amiches sont mes amiches'.

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Vroum Vroum... On est sur la ligne de départ, on sort les derniers. 

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Manitoulin est une importante  île lacustre, elle attire les touristes randonneurs dans une ambiance de nature sauvage. On se sent entre Camargue et Semnoz. 

La route (toujours la 6) est calme, on est heureux quand de temps en temps un motard nous croise. 

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Surprise en arrivant à Little Current, petite ville de 1500 habitants, au bord du lac. On s'attendait à un endroit cosy et chaleureux, on est sauvé par le gong quand on trouve à 18h30 une barraque frites ouverte jusqu'à 19h.

Une journée qui nous aura appris une nouvelle unité de mesure de distance : le 'minute drive'. 

Les gens l'utilisent facilement pour donner la distance au prochain café, mais quand ils voient nos vélos, ils font une drôle de tête en réalisant que ça ne marche pas. 

Pas facile convertir des minutes drive auto en minutes drive vélo ! 

On s'est fait avoir aujourd'hui, le café qu'on cherchait depuis le départ était en fait à 5 kms de l'arrivée. C'était pourtant pas difficile à dire ! On a attendu 4 heures pour comprendre. 

On sait donc sous quelle forme on posera la question demain. 

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09 juin 2018

Samedi 9 juin - Tobermory : km 975


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On est arrivé au bout de la péninsule, on est pile poil sur la croix. Ça fait penser au Cotentin, on se croit à Cherbourg. Un petit bout du monde trop touristique un samedi soir où tout est complet.

Bonne intuition : j'ai réservé il y a 2 jours par téléphone une chambre chez l'habitant, en racontant notre histoire. "You must be young !" m'avait dit la dame Cathy qui nous accueille très chaleureusement, en tentant de cacher sa surprise, elle s'attendrait à voir arriver des gamins.

À notre droite, la Baie Georgienne, c'est le côté froid du lac Huron. Dur dur en hiver.

En face, la petite île Manitoulin Island, on va y accéder en ferry demain matin, pour la traverser vers le nord jusqu'à Little Current, et de pont en pont rejoindre la terre ferme à Espanola. Une sorte de rappel du voyage au Cap Nord, sur la route numéro 6 (Un détail que Gigi va comprendre).

La journée a été extrêmement simple pour le GPS : une ligne droite de 90 kms sur la Transcanadienne 6. J'en profite pour utiliser ma dynamo pour charger le smartphone plutôt que le GPS, et ça marche, je complète les 50% manquants.

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 En jetant un coup d'oeil à la carte, on découvre qu'on est sorti du milieu de nulle part. On est arrivé en plein milieu des grands lacs américains, à mi-parcours entre Montréal et Thunder Bay qui marquera notre départ en direction du Manitoba.

Les grands lacs ... Elinaomi, ça vous parle ???

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Vendredi 8 juin - Shallow lake : km 885Tu

Grand beau, 20 degrés au réveil, ça annonce une soirée camping. 

On quitte Collingwood par le Georgian trail, une agréable piste vélo / ski de fond le long du lac Huron, au pied des Montagnes Bleues- joli nom pour des collines de 300  mètres où on pratique le ski de descente l'hiver ("on", ce sont ceux qui osent passer l'hiver ici, les autres s'enfuient en Floride). 

Rencontre d'un Québécois parti de Joliette. Il s'appelle Jacques Baudry, il a reçu de sa femme 2 cadeaux pour sa retraite : 20 gallons de peinture pour rafraîchir la maison, et 1 bon de sortie pour traverser le Canada. Première mission accomplie, il attaque la suivante en voyageant 'léger', il pense arriver à Vancouver vers le 25 juillet, c'est à peu près le moment où on sera aux abords de Calgary. On ne voyage pas dans la même catégorie, les Rocheuses nous séparent.

On partage quelques kms, selfie  avant de se quitter, on lui joue le couplet 'vive le Québec libre', il acquiesce en souriant. On se retrouve, on se quitte à nouveau, je suis sûr qu'on va le retrouver dans le ferry de Tobermory dimanche matin 8h30.

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Extraits de nos rencontres avec les gens du pays à notre arrêt café à Meaford :

"Where are you going, guys ?" 

"Vancouver" -  prononcé avec notre bon accent français. 

"Fai en couououou  veeeeer ! Waououou, it's a long way !!! " 

Éclats de rire 😂 de part et d'autre, on fait connaissance et puis s'en va.

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Ce sont quelques brefs échanges qui contribuent à nous transporter et à porter notre projet. Une façon de mettre l'essence dans notre moteur. 

 

Pour la seconde partie de l'étape, il faut traverser la péninsule par l'intérieur des terres, c'est 300m de dénivelé, facile avec le vent dans le dos, sur route transcanadienne 26 bien aménagée.

On se perd à Owensound et les 10 derniers kms sont sportifs, sur une piste tracée au milieu des étangs, c'est caillouteux et sablonneux, mais c'est beau.

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Et c'est gagné, on arrive à temps pour installer la tente dans une pinède, on est bien sûr la seule tente du camp. Personne ne vient nous disputer nos noodles. 

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Un grand merci au gérant du camping qui a su lire dans nos yeux de cyclistes, il nous apporte 2 bières, on ne peut en acheter qu'à la société des alcools LCBO, premier magasin à 22 kms.

 

Et merci à Marie Marthe qui nous envoie un lien youtube pour notre première nuit sous tente.

Pensez bien à monter la nourriture dans les arbres !!

 

 

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08 juin 2018

Jeudi 7 juin - Collingwood : km 790

Difficile de quitter Ortillia en évitant les highways. On trust le GPS, il nous propose une route qui contourne l'obstacle, et au bout de 20kms, on se rend compte qu'on est à encore à 5 kms de la ville. Tant pis -  ou tant mieux, on est passé par de petits chemins sympas, on a vu des moustiques, et pas un camion.

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C'est une journée 'saut de collines', ça sent fort le dénivelé, on avance de toboggan en toboggan en coupant toutes collines, comme des scieurs de bois. Des pentes à 8-9%, merci au plateau de 22 dents.

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On traverse un paysage moins sauvage que la veille, de nombreuses belles résidences bien calfeutrées au milieu des sapins, on traverse même 2 petites villes, il y a assez de place pour faire passer les camions en plein centre ville.

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Arrêt café devant le salon de coiffure de Coldwater. Si on avait le temps, on y passerait la journée, juste à regarder passer les locaux qui viennent garer leur pick-up et faire quelques courses avant de rentrer passer la tondeuse à la maison. 

'How are you today' est la façon de nous accueillir, c'est comme si on nous disait 'vous voulez un café ?'.

Atmosphère de ville américaine au moment de l'arrivée des premiers colons. Le barbier s'installe en premier, suivi de l'épicier General Store, suivi du café. Il ne reste plus qu'à construire l'église, et une ville est née, on a l'impression qu'elle n'a pas changé depuis l'installation des premiers pionniers.

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Et le chemin continue, et Evelyne se met à piquer une crise en lançant une échappée et hurlant FIRESTONE. Elle me fait croire qu'il s'agit d'un de ses ancêtres émigrants FEUERSTEIN l'homme qui a inventé le pneu, je pense plutôt à une vision subliminale des panneaux DUNLOP qui bordent notre route. 

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Car... C'est aujourd'hui un grand jour au Canada. C'est d'abord la visite de notre président, qui vient de quitter Ferney Voltaire pour se rendre au G7, et puis ce sont les élections générales en Ontario. Les panneaux inondent la campagne, il y en a dans tous les jardins, j'ai cru un moment hier qu'il s'agissait de maisons à vendre, mais ça faisait beaucoup, dans certains quartiers 50% des maisons auraient été à vendre ! Les gens n'hésitent pas à afficher leurs opinions politiques, et ça ne semble pas provoquer de guerre entre voisins.

Belle étape de 100kms qui nous mène à Collingwood, au bord du lac Huron.On s'attendait à une belle ville estivale, mais les bords du lac ne sont pas exploités, c'est plutôt autour de la grand route que se situe l'animation des centres commerciaux.

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On trouve notre bonheur du soir dans un pub, elle est bonne la bière du soir.

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07 juin 2018

Mercredi 6 juin - Orillia : km 692

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La seule difficulté du jour : trouver le bar pour le café de 11 heures.

Dans ces grands espaces, on dispose d'un quadrillage de routes qui offrent maintes possibilités pour se rendre d'une extrémité à l'autre, mais très peu d'itinéraires proposent un bar à mi parcours.

Et c'est important pour nous, le café de 11 heures, même s'il vient parfois en retard. Une bonne façon de couper l'étape en 2, se refaire une santé, échanger.

C'est mon travail de préparation du soir, je deviens un expert en recherche sur Google de bars à café en milieu à faible densité.

On a pris aujourd'hui notre café à Kirkfield - un carrefour avec 1 restaurant et 1 général store - les gens ont (presque) ri de nous quand on a parlé de traverser le Canada jusqu'à Vancouver. Il faudra qu'ils s'y fassent !

Une journée passée sur des routes bien sûr rectilignes, à faible circulation. J'ai quand même réussi à immortaliser le dépassement du vélo par une auto, une photo qu'il faudrait publier dans les auto écoles, c'est agréable de sentir que la voiture qui te double s'est bien déportée sur la gauche.

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On pense avoir trouvé notre rythme, l'étape de 80 à 90 kms ne nous effraie plus, et si jamais on se met à douter, il suffit de penser au monsieur chez qui on a dormi hier soir, celui qui passe la journée dans son fauteuil, on se sent tellement mieux assis sur notre selle (mais pas n'importe quelle selle, une selle Brooks !) que couché dans un fauteuil.

 

Soirée à Orillia, l'immigration semble avoir ici des origines bien italiennes, on mange nos pâtes au restaurant des 3 sœurs - Tre Sorelle Lisa Gina et Carla, une belle histoire de famille, des gens charmants, et des pâtes qui ont trouvé leur destin.

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06 juin 2018

Mardi 5 juin - Lindsay : km 610

Une sensation de liberté au réveil, après avoir passé la nuit dans la cellule d'une ancienne prison rénovée en chambre d'hôte. Le dernier prisonnier a quitté la chambre en 1998, il nous a certainement laissé quelques ondes encore actives qui n'ont pas troublé notre sommeil.

L'étape du jour sera facile pour ceux de Vélo-Quebec qui s'apprêtent à aller prochainement à notre rencontre entre Vancouver et Montréal. Ils sont malins, les organisateurs de Vélo-Quebec, ils se sont renseignés sur la direction des vents. On aurait peut-être dû les consulter, on va certainement penser souvent à eux durant notre traversée. On s'en sort aujourd'hui avec un vent hostile à 7m/s, la moyenne du jour tombe de 22 à 16 km/h.

Début d'étape plein Ouest pour aller prendre notre petit déjeuner à Port Hope, avant de monter plein nord, c'est une étape de transition entre le lac Ontario et le lac Huron. De longues lignes droites bien sûr, mais ce n'est pas monotone, on compte une ferme tous les 2 à 3 kms. Contents qu'elles soient là, sinon il n'y aurait rien.

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Et puis c'est une journée saut de mouton, on alterne montées et descentes, des pentes de 6 à 7%  - on monte 30 mètres, on en redescend autant, on fait ça 20 fois et ça donne 600 mètres de dénivelé.

À midi, on a la chance de trouver à mi-parcours un village au milieu de nulle part, Milbrook,  avec un café culture cycliste, une soupe aux champignons et quiche aux brocolis. Le nombre de calories de chaque plat est clairement indiqué dans le menu, on a du mal à comprendre l'embonpoint des clients.

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Bonne route dans l'ensemble mais à 20 kms de l'arrivée, les camions commencent à nous frôler, le GPS nous indique un sentier chouette, le transcanadienne trail, on termine par 10 kms de ligne droite à travers champs et bois, ça n'avance pas mais on y est bien.

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Pas d'avis sur Lindsay dont on ne voit pas le centre ville, on a trouvé un B&B dans le coin des centres commerciaux.

Hier, Cobourg était une jolie petite ville au bord du lac, avec ses plages de sable et ses terrains de volley beach.

Ce soir, Lindsay évoque une ville bien américaine, où l'activité se développe à proximité des autoroutes qui contournent la ville.

Moment de bonheur à l'arrivée, les 300 derniers mètres pour rejoindre notre B&B sont "vent dans l'dos". 

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04 juin 2018

Lundi 4 juin : Cobourg - km 520

À propos du pickup de Madison,  Marie-Marthe, une lectrice assidue du blog, nous assure un réveil joyeux en nous envoyant un lien youtube.

 

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https://m.youtube.com/watch?v=FGOYgHhShb4

Ben voyons donc ! Ça fait du bien de voir ça, car quand on regarde par la fenêtre, on voit un vent violent qui fait bouger les arbres, une grosse pluie telle qu'on l'imagine à la mousson, et une température tombée à 10 degrés.

Décision prise avant même d'enfiler le short de vélo : on va en profiter pour tester le train.

En route pour la gare située à l'extérieur de la ville, on a la chance d'y trouver un service - un vrai - avec 2 jeunes filles parlant parfaitement le français.

Et là, c'est un choc culturel.

On croyait que le train ne fonctionnait pas au Canada, qu'ils ne prendraient pas nos vélos, qu'il fallait tout organiser sur internet.

On est accueilli avec le sourire, on prend 2 billets pour Cobourg (une centaine de kms), il faudra simplement déshabiller les vélos, leur coller une étiquette et ils s'occupent de tout : le vélo sera transporté dans le 1er wagon destiné aux bagages (on peut aussi y laisser quelques sacoches), et on récupère le tout à l'arrivée. Service - service. On a l'impression de prendre le Transibérien.

Un sacré soulagement quand on apprend qu'il y a 5 marches pour monter dans le train.

Il y a quand même une contrainte: il va falloir patienter 4 heures à la gare, car peu de trains sont équipés d'un wagon  'bagages'.

Ça coûte 25 dollars par vélo. Par contre, le billet voyageur est dispendieux, on nous explique que c'est bien moins cher si on prend les billets à l'avance. La prochaine fois, on regardera la météo à 15 jours....

 

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Autre bénéfice du jour : Evelyne est radieuse, elle adore ce genre d'imprévu.

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En tout cas, il n'est pas question de monter discrètement le vélo dans le wagon.

A moins de se sentir assez fort pour passer sur le corps du contrôleur.

 

 

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Ben voyons donc !

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Dimanche 3 juin - Kingston : km 510

On a coupé le cordon : le groupe se sépare au petit matin, pour mieux se retrouver dans 2 mois au pied des Rocheuses. Bye bye les amis, 2 mois, c'est presque demain.

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Merci à nos 2 locomotives Christian et Pierre de nous avoir aidés à sortir du Québec, et d'y être retournés en emmenant le vent  avec eux. Ils ont dû souffrir un peu aujourd'hui, alors que pour nous, c'est une étape tournée à 22km/h de moyenne, on aime bien ça !

Alternance de courtes montées et descentes, c'est différent des 3 premiers jours complètement 'flat', aujourd'hui on peut travailler en fractionné et modifier plus régulièrement notre position sur le vélo.

Le waterfront trail n'est pas une piste cyclable, juste un itinéraire qui va nous aider à traverser l'Ontario, sur des routes relativement calmes, avec toujours un bas côté pour cyclistes. Les Canadiens démontrent une belle attitude : patients avant de nous doubler, ils n'hésitent pas à faire un écart et se déporter complètement à gauche de la route en nous dépassant. Merci oh Canada.

Ce qui continue de nous surprendre : toujours ni haie ni clôture nulle part, des gazons bien tondus sur de grandes surfaces, on perçoit un souci partagé de bien entretenir maisons et jardins. Peut être il n'y a que des retraités ?

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Même les cimetières participent à ce gigantesque Open Space, situés directement au bord de la route. Une bonne incitation à la méditation.

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03 juin 2018

Samedi 2 juin - Brockville : km 430

Nuit chaude passée à Ingleside dans un B&B particulier, une maison manoir chargée à l'extrême, il reste vraiment peu de place ni sur les murs ni sur aucun meuble. Un vrai musée, autant étouffant que la chaleur moite de la nuit, tenu d'une main de maître par madame Lesley, on n'a pas intérêt à la contredire, surtout pas au moment du petit déjeuner qu’elle sert avec passion - rien ne manque sauf une bonne baguette.

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Longue ligne droite pour démarrer la journée, on est très attentif à ne pas rater le 1er virage au km 29. Une route rapide, vent du nord légèrement favorable, quelques balles de golf égarées des terrains avoisinants (heureusement on a un bon casque) et surtout, des cortèges de pickups roulant à fond la caisse.

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Pour moi, le pickup évoque mon vieil ami Raoul en général perché dans un arbre, son pickup toujours prêt à ramasser les vieilles branches cassées.

Pour Evelyne, c’est la route de Madison. Rêver son voyage, puis voyager dans le rêve. Mais où est donc passé Clint Eastwood.

 

Une journée gastronomique au cours de laquelle on aura goûté à toutes les spécialités locales:

  • Sandwich club
  • Milk shake spaghetti
  • Poutine 
  • Hot dog
  • Pizza
  • Bière et Coca-Cola. 
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Demain nos amis québécois nous quittent, on se retrouvera le 1er août au pied des Rocheuses.

Ils ont 2 mois pour s’y préparer, et pour nous, 2 mois pour trouver une alimentation équilibrée.

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01 juin 2018

Vendredi 1 Juin - Ingleside : km 345

Ça y’est, on a franchi une nouvelle frontière, en quittant le Québec, on est passé en Ontario.

Selon nos amis québécois, cela signifie 2 choses :

. On quitte une province officiellement monolingue où chacun parle français et anglais, pour une province officiellement bilingue où tout le monde ne parle que l’anglais.

. Les routes vont être bien meilleures.

La journée se déroule entre l’orage du matin qui éclate 5 minutes avant notre départ, et celui du soir qui explose 5 minutes après notre arrivée. C’était prévisible, avec la température qui a grimpé jusqu’à 33 degrés.

On a quitté la route verte québécoise, pour suivre la Waterfront trail de l’Ontario, une piste cyclable qui va nous mener pendant plusieurs jours jusqu’à une extrémité du lac Supérieur. Chouette perspective.

Ce qui me frappe le plus aujourd’hui, c’est l'absence totale de haies, les maisons peuvent être vues autant par le voyageur que par le voisin. La route suit les fils électriques très visibles dans les airs, ça donne un look additionnel au décor.

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Une piste cyclable parfaite, le long du fleuve, à travers sous bois, On se sent en sécurité.

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La journée se termine dans la région des îles, la piste cyclable nous ouvre une piste d’île en île, c’est cool. On est sur le chemin du Long Sault, un endroit qui a marqué l’histoire du Canada, c’est là qu’est tombé un grand homme, Dollard Des Ormeaux.

 

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Mais qui était ce Dollard Des Ormeaux???

De source sûre..... je reprends son histoire telle que je l’ai trouvée sur la toile.

La réalité et le mythe sont particulièrement emmêlés dans l’histoire de Dollard. Jeune homme arrivé à Ville-Marie (aujourd’hui Montréal) en 1658, à l’âge de 22 ans, Dollard Des Ormeaux souhaite rapidement protéger la nouvelle colonie.

S’impliquant dans l’armée, il part sur les eaux de la rivière des Outaouais avec une poignée d’hommes recrutés rapidement afin de combattre les Iroquois. En effet, le conflit opposant la Nouvelle-France, alliée aux Hurons, et les Iroquois, empêche le bon commerce de la fourrure.

En mai 1660, Des Ormeaux et ses hommes tentent d’embusquer un groupe nombreux d’Iroquois, eux-mêmes en chemin vers Ville-Marie. Il tient un baril de poudre à canon au bout de ses bras, il le projette contre ses ennemis et... et le baril atteint un arbre, faisant tout exploser autour. Dollard meurt, à quelque part entre l’héroïsme et la stupidité.

Or, c’est «l’héroïsme» que les premiers historiens du Canada français retiennent. Dollard Des Ormeaux devient ainsi un martyr, prêt à tout pour sauver sa nation. Comme symbole patriotique et religieux, difficile de faire mieux! Des statues sont érigées et le jour férié est institué en 1920 (le même jour que la fête de la Reine Victoria, ce qui n’est pas un hasard).

Cependant, le mythe est de plus en plus contesté et révisé. Dollard ne serait qu’un pirate, qui se serait enfuit de Ville-Marie endetté, espérant dérober un butin de fourrures. Il n’aurait pas vraiment arrêté le conflit avec les Iroquois, puisque celui-ci s’est poursuivi. Et surtout, le récit fait très mal paraître les peuples autochtones, qui ont pourtant leurs rôles à jouer dans le développement de la colonie.

Comme Des Ormeaux s’est probablement dit en voyant le baril de poudre se diriger vers un arbre: «woups!».

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Jeudi 31 mai - Sainte Zodique : km 260

Une première journée qui débute par un incident. Le nouveau Québécois qui se joint à nous pour 3 jours - on va l’appeler ‘Pierre’ - est à l’heure lorsqu’il nous rejoint sur la ligne de départ, mais il vient de casser le support de son porte bagage.

Incident immédiatement pris en charge par Christian qui règle le problème  ‘à la Québécoise‘ en moins de 30 minutes. Je me dis que ce serait bien que Christian nous accompagne pendant 1 an...

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A 8h30, on est en formation sur le canal Lachine, direction sud ouest.

L’histoire de Lachine remonte à 1667, époque où l’explorateur René-Robert Cavalier de la Salle prend possession d’une terre au sud ouest de l’île de Montréal, qu’il nomme « Saint-Sulpice », mais que les habitants nomment « La Chine» pour se moquer de son désir de trouver un itinéraire pour aller en Chine. Il faut dire que Cavalier de la Salle avait une curiosité qui l’a amené à parcourir son mini tour du monde, de la région des grands lacs jusqu’à la Louisiane.

Après 15 kms de route, on est déjà sorti de la ville, on traverse des quartiers résidentiels où les maisons individuelles se succèdent,  alignées dans un réseau de routes perpendiculaires où chaque intersection est un carrefour équipé de 4 panneaux ARRÊT. On se régale à les passer ’à la française’, un léger ralentissement suivi d’une accélération brutale dès qu’on voit que la voie est libre.

On est tellement fiers de notre technique qu’on n’hésite pas à en faire la démonstration à deux motards de la police  québécoise postés à un carrefour, et on se sent assez démunis lorsqu’ils nous interpellent - il ne nous vient pas à l’esprit de leur crier ‘salut les filles’ - mais ce sont finalement de bons gars qui nous passent un savon en nous expliquant la façon de procéder, ça nous sera sans doute utile sur les prochains 5200 kms.

Chaleur de plus en plus lourde pour continuer, on atteint les 32 degrés l’après-midi, en roulant le long d’un canal sur une belle piste cyclable qui ne nous fait plus craindre l’incident des 4 panneaux ARRÊT.

Dodo dans un motel typique, les vélos dorment à nos côtés dans la chambre.

Bilan de la journée : pourvu que ça dure !

On se sent quand même  ‘petit bras’ au moment du repas du soir, en refusant la pizza de 18 pouces qui nous est proposée, soit 2/3 de la taille des roues de nos vélos. On a raté quelque chose, c’était deux pour le prix d’une ! 

 

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31 mai 2018

Jeudi 31 mai - Montréal : km 170

Quel accueil ces Québécois !

Ce sera aujourd’hui 365 jours sans jour sans dire merci à nos amis québécois.

À Montréal, on pourrait faire une halte de 1 an, et même 3, ça nous est déjà arrivé.

On quittera la ville ce matin, dès que nos amis Québécois seront réveillés. Pour nous c’est facile, il est encore 11 heures dans nos têtes au réveil, on est prêt à partir.

Jour J pour de vrai.

 

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Montréal, ville de contrastes, toujours en plein essor, les tours poussent encore au centre sans envahir la ville, de larges espaces verts subsistent.

Pour le vélo, c’est facile, et si c’est trop, il y a le métro.

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On n’a rencontré que des Québécois heureux.

Escorte québécoise pendant les 3 prochains jours, pour nous amener en toute sécurité en Ontario.

Ça va être fun.

 

 

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