365 jours sans jour sans

17 février 2019

Dimanche 17 Février - Chumphon : km 13,084

Notre dernière étape en Asie se boucle avec un chiffre rond, 100 kms. Près de 4,000 kms parcourus de Hanoï à Chumphon, en passant par Baie d’Halong, Baie d’Halong terrestre, Hué, Col des Nuages, Hoi An, Muiné, Hô Chi Minh City, Phnom Penh, Siem Reap, Ayutthaya, rivière Kwai, Hua Hin.  C’est comparable à la traversée du Canada, sans les Rocheuses et sans ketchup.

Lever de soleil en plein milieu du golfe de Thaïlande pour lancer la journée, On poursuit à travers les forêts de bananiers et cocotiers, avant de retrouver le golfe de Thaïlande à l’embarcadère pour l’ile de Koh Tao. Un avant veille de pleine lune qui donne des ailes à Evelyne. On vient de passer 4 belles journées sur petites routes agréables, sans circulation, alternant bord de mer et forêts tropicales. Avec l’impression d’avoir fait aujourd'hui un grand pas en direction de la Nouvelle Zélande, en s'entraînant sur des dénivelés auxquels on n’était plus habitués. 

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La rencontre du jour : un couple de Québécois, Dave et Catherine, des habitués de vacances à vélo, ils nous font penser à Christian et Raymonde. Ils habitent Sept Îles, originaires de Havre Saint Pierre, connaissent par cœur l'archipel de Mingan et Anticosti, on a suffisamment de repères communs pour que l’échange se prolonge. Je parie que ça va rappeler des souvenirs à Nicole et Bernard. Ils nous conseillent l’ile de Koh Tao, et comme ils sont plus âgés que les petits jeunes qui nous l’ont déjà conseillé, on va les écouter.

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 La suite du programme : 4 jours sur Koh Tao, puis retour en train sur Bangkok pour une semaine, avant de s’envoler le 3 mars vers Christchurch.

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16 février 2019

Samedi 16 Février - Prachuap Bang Boet Bay - km 12,984

Départ tardif peu avant 10 heures. On se laisse aller ? Un petit luxe qu'on s'offre au réveil, un moment pour marcher le long des vagues, Evelyne adore mettre les pieds dans l'eau. C'est bon pour tout - circulation, arthrose, piqûres de moustiques, inspiration, respiration, massage...On a retrouvé les jambes qu'on avait perdues pendant 2 jours. Peut-être parce que la température a légèrement baissé, l'averse menace mais ne tombe pas.

Une journée entièrement passée sur de petites routes, en grande partie le long de la mer. Les détours nous coûtent facilement un jour, mais on a décidé qu'on avait le temps. Les plages sont belles, toujours bordées de l'ombre des palmiers. Elles sont vides de monde, malgré les nombreux Resorts qui proposent de belles vacances palmier-piscine-whisky-dodo, un luxe qui doit tour à fond à la belle saison... mais c'est aujourd'hui, la belle saison, et il n'y a personne.

On est doublé de temps en temps par un pick-up avec haut parleur qui fait de la pub pour le candidat unique d'élections prochaines, ça me rappelle les annonces pour le toro piscine aux Saintes Maries de la Mer.

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Les rencontres du jour : sept frères et sœurs affamés, il nous reste 1 saucisse du petit déjeuner, on partage en treize. Un peu plus loin, c'est la jeune Thaï occupée à se faire une beauté visage quand elle nous coupe la route - deux cyclistes à sacoches, c'est rare - on ne se comprend pas mais on rit et on se selfie. Et puis, c'est la rencontre que l'on attend depuis 6 mois. Elle s'appelle Sue (Suzanna), elle habite Berlin, elle a une trentaine d'années, elle est partie à vélo début avril avec une copine, en passant par la Bulgarie, traversée de la mer noire en ferry vers la Georgie, Azerbaïdjan, traversée de la mer Caspienne en ferry, Kazakhstan, Kirghizistan, Kazakhstan again, Chine, Laos, Thaïlande, et la voilà à partager un jus d’ananas seule avec nous, sa copine l’a laissée au Laos. Elle a roulé de Luang Prabang à Vientiane, elle nous avoue que la partie montagneuse n’était pas si difficile, par contre elle n’a pas oublié la poussière. Elle va prendre l’avion de retour à Kuala Lumpur, plus que 1000 kms, elle termine en roue libre, cool. Mais il reste à traverser la frontière entre la Thaïlande et la Malaisie, classée zone rouge, elle prendra la route de l’Ouest apparement sans problème. La raison de ce voyage : une bonne expérience de vacances à vélo, des rencontres avec des cyclistes qui ont pris cette route, une envie qui monte monte monte, un changement de job en perspective et hop là, une année de break et yaka. Bravo Sue et bienvenue à bord.

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Arrivée à Bang Boet Bay, un tout petit port avec sa plage et sa rue animée, ses crevettes et sa salade de papaye. Et le vent qui tombe, et la première gorgée de bière qu’on offre à Jérémy et Brice, et la seconde pensée pour Ilyas.

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15 février 2019

Vendredi 15 Février - Prachuap Thap Sakae - km 12,904

On réplique aujourd'hui l'étape d'hier, même direction, même distance, même chaleur, même vent, mêmes sensations. On souffre un peu plus de la chaleur que dans les Prairies Canadiennes, le taux d'humidité de 83% n'est pourtant pas excessif, mais il pèse sur l'organisme.

Itinéraire partagé entre petites routes et la Petkhasem road, la grande route qui file plein Sud vers Singapour. Traversées de la voie ferrée, alternance de passages le long de la mer ou dans des forêts de palmier. On se situe dans la partie la plus étroite de la Thaïlande, le Myanmar est à moins de 20 kms à vol d'oiseau, mais très peu de routes mènent vers l'Ouest. La faute aux montagnes ?

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Les seules rencontres du jour, ce sont les chiens. Par groupes de 4 à 5, on en croise plusieurs centaines, ils rôdent au bord de la route, sans collier. L'air un peu conspirateurs, comme des ados dans une cour de récré. Bien que inoffensifs, souvent endormis, peut-être affamés, on a l'impression qu'ils montent la garde et on se méfie. Evelyne a sorti son sifflet scout, elle a plus de succès avec les chiens qu'avec les singes. Mâles, femelles, noirs, bruns, de taille moyenne, ils nous laissent passer, sans même un regard, et pourtant...Ils n'ont pas dû voir beaucoup de cyclistes, ils pourraient quand même marquer le coup. On en a vu regroupés autour d'un autel à prière, peut-être une future réincarnation de bouddha ? 

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Et comme hier, on trouve notre refuge au bord de l'eau. Petit chalet dans un terrain de camping, on profite de la mer, de la piscine, du grand air, de l'ombre des palmiers, de la soirée et du long sommeil qui nous attend.

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14 février 2019

Jeudi 14 Février - Prachuap Bo Nok : km 12,817

Notre cadeau de reprise pour la Saint Valentin, une étape de 90 kms, vent de face, grosse chaleur, et une rando à pied de  200 mètres de dénivelé dans les massifs karstiques, limite escalade..., ce soir, on est mort. 

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Départ très matinal, à jeun, on veut rouler 20 kms avant le petit déjeuner. C'est une nouvelle méthode que l'on a inventée, peu de gens la pratiquent, on la teste parfois et les résultats ne sont pas mauvais car psychologiquement, l'étape est réduite de 20 kms. Et ça commence bien car on trouve - pour la première fois depuis qu'on a quitté la Corée  - une vraie piste cyclable sur une dizaine de kms.  La route rejoint ensuite la mer, on passe plus de la moitié de la journée en bord de mer, c'est chouette mais c'est aussi là que le vent souffle le plus fort.

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C'est jour de ramassage des noix de coco. Je pensais que quelqu'un allait grimper en haut du palmier pour décrocher les coques, ou qu'on allait secouer le palmier jusqu'à ce qu'elles tombent. Tout simplement, il faut s'armer d'une longue perche en bambou et taper jusqu'à faire décoller le fruit qui tombe sans se fracasser, c'est du solide. En voyant notre air intéressé, quelqu'un nous offre une noix prête à la dégustation, la meilleure noix de coco qu'on ait jamais bue, un liquide pur et frais qui arrive pile poil au bon moment. Trop sympa.

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On poursuit la route en roulant en paysage Lofoten (salut Gigi), avec des massifs qui se dressent autour de nous et qu'on contourne sans cesse, heureusement sans dénivelé, on réserve ce plaisir pour la Nouvelle Zélande.

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A l'entrée dans le Khao Sam Roi Yot National Park, des flèches indiquent un détour pour un point de vue. On y va, mais très vite la route s'arrête à un parking, il faut continuer à  pied, mais il faut d'abord faire demi-tour et prendre des tickets pour la visite des sites du parc. On rencontre un couple de jeunes Francais heureux, tout neufscsur la Thaïlande, en voyage d'amour pour 6 mois dans cette vaste région, avec un programme chargé  - Thailande Birmanie Sri Lanka Laos Cambodge Vietnam Philippines - ils ont bien raison, les jeunes, de partir en attendant que l'emploi se décante. Ils nous recommandent la visite, c'est trop beau... je laisse Evelyne un moment pour m'occuper des billets, et je retrouve à mon retour une Evelyne en pleine négociation avec les singes. Elle venait de se faire chourer un lot de bananes séchées, par un singe bien plus malin qu'elle... puisqu'il l'a observée, il l'a vue ouvrir sa sacoche et poser les bananes le temps de se faire une beauté, et hop là il s'est servi. Elle est vraiment en colère et lui fait la morale comme elle le faisait à son chien Bozo.

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Fin de l'épisode, on laisse là nos vélos bien cadenassés en faisant bien attention à ne pas se faire voler la clé par les singes... pour découvrir, après une bonne demi-heure de dure grimpette, un point de vue effectivement unique sur les montagnes et les bassins à crevettes.. Sans regret, mais quelle suée !

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Arrivée peu avant le coucher du soleil, la mer est un peu déchaînée, et Évelyne m'impressionne avec son énergie pour une ultime trempette. Une sacrée Valentine !

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Mercredi 13 Février - Hua Hin

Une vraie der de der de journée de repos riche en couleurs, en compagnie de Patrick et de Pam, toujours aux petits soins. Retrouvailles avec nos vélos restés à l'abri pendant près de 2 semaines, avant notre reprise demain en direction du sud pour quelques jours. On en profite pour remettre de l'ordre - vis de selle, changement de pneu, réparation chambres à air - on fera un contrôle complet à Bangkok dans une semaine.

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Une journée en partie gastronomique, on teste successivement la cuisine Française (café - croissants), Thaï (riz, seafood) puis Italienne (Caprese, Pasta), on cause, Patrick est bavard, il est déjà 22 heures, dodo.

Dans ce long voyage, où on a pris l'habitude de changer de lieu presque chaque jour... on adore ces haltes auprès des gens qui sectrouvent sur la route du tour du monde, pour un moment d'échange. On a une pensée pour Henri et Mireille, Nicole et Bernard,  Gigi et Annick, Martin et Carine, Christian et Raymonde et Ugo et Sara, Pierre et Donald, Kennichi et Tomomi, Delphine, Fred et Himori, Lee,  Pierre Raphoz, Tara et Kyss, nos enfants et petits enfants, Loumi, Monsieur Lo... On est heureux d'accueillir Patrick et Pam dans cette liste, on restera marqué par votre accueil. En trois mots...merci tout plein. Kakoune.

 

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12 février 2019

Mardi 12 Février - Hua Hin

Un sacré pays, ce Laos qu'on quitte aujourd'hui. On est content de ne pas s'être limité à un AR avion pour Luang Prabang, la vieille capitale pleine d'histoire et de charmes. Avec nos 1,200 kms de traversée d'Ouest en Sud Est jusqu'à Vientiane, en utilisant uniquement les transports en commun, les sensations nous restent gravées dans la peau. Un vrai tatouage. Les 2 jours de bateau Mékong de Houay Xai à Louang Prabang, les 3 jours de mini-van jusqu'à Vientaine, avec détour AR vers Phônsavan pour la plaine des Jarres et arrêt (obligatoire pour les plus jeunes) à Vang Vieng... sans avoir eu de vrais échanges avec la population locale, on a l'impression d'avoir voyagé à leurs côtés comme si on faisait partie du décor. Intégrés. Evelyne reste sous le charme des frangipaniers, je reste marqué par les routes de montagne sans fin dans le style de l'Ardèche. Un aperçu des étapes impossibles du 'tour du monde', tel qu'on l'avait pressenti au Festivelo de Lausanne. On n'a pourtant aucun regret à avoir laissé de côté nos vélos pour se permettre cette partie du voyage, poussière et état des routes nous auraient tués, et en même temps.... on aurait envie de les reprendre, retourner à Louang Prabang pour prendre la route de Hanoï en passant par Dien Bien Phu, Sapa, Lao Cai.. et boucler la boucle de l'Asie du Sud Est. En tout cas, dans la tête, la boucle est bien bouclée.

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On retiendra du Laos un ciel 100% bleu, le Mékong et sa présence permanente, - si on avait le temps, on le suivrait jusqu'à Phnom Penh -, les tous petits villages disséminés sur les collines et dans la montagne, leurs peuples de Hmongs ou autres ethnies fidèles à leurs traditions, l'artisanat tissu de Louang Prabang, la quête des moines au petit matin, les bouddhas efféminés - visage féminin et tétons bien marqués -  les femmes avec leur longue jupe droite tissée main ,aux motifs tous différents. Mais aussi la poussière, l'état désastreux des routes, le drame des UXOs (unexploded ordnances) de la plaine des Jarres, la présence bruyante de touristes Chinois. Si on ose une comparaison entre Vietnam et Laos, les routes sont bien plus praticables au Vietnam, mais au Laos, les habitations semblent plus cossues et les femmes mieux habillées.

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Avion retour pour Bangkok, au contrôle des bagages, Evelyne se fait chourer son Opinel rose à bout arrondi et ses mini ciseaux pliables, un niveau de sécurité plus sévère que chez nous. Moralité : il vaut mieux passer les frontières à vélo !

Arrivée Bangkok, que des bonnes nouvelles : l'aéroport dispose d'un service de consignes pour les vélos, et Singapore Airlines prend les vélos emballés dans des cartons de taille 'normale'. Par contre, tous les bus pour Hua Hin sont complets, on trouve une solution dont on ne connait pas l'issue, affaire à suivre.. bus S1, le chauffeur nous dira quand prendre la correspondance pour le 511 qui doit nous amener au Southern Bus Thailand Terminal. Et là... surprise surprise, des dizaines de mini-van attendent le client. Horaires non garantis, il faut que le véhicule soit suffisamment rempli pour partir, la concurrence est rude. Le système est bien fait, le client devient à son tour vendeur car il a intérêt à trouver d'autres clients pour pouvoir partir. On s'en sort bien, le temps d'un bol de noodles et on est parti pour 180 kms.

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11 février 2019

Lundi 11 Février - Vientiane

Pétard mouillé, baiser volé, poupée brisée.... On ne trouve pas de mot pour qualifier la débâcle de Twickehham hier. Roger Couderc s'est retourné dans sa tombe. Et pourtant, j'ai aimé ce match,  j'avoue avoir apprécié le jeu vif et  aérien livré par le XV de la Rose. Qu'est ce que nos amis anglais se sont régalés, il faut les remercier pour ce beau spectacle. De Jim à Mark, en passant par John, la bière a coulé fort cette nuit, avec  une saveur toute particulière. RDV en Octobre, on a 8 mois pour se faire une santé et une équipe.
Dernière journée au Laos, on se concentre sur 3 visites. 
Le Vat Inpeng, classé 1 étoile seulement, mais repéré par Evelyne pour ses fresques faites de tableaux ventant les vertus bouddhiques - générosité, sagesse, ... -, et sa roue du dharma en dorure sur fond vert. On s'interroge sur le bouddha vert en position cool assis dans le jardin, bouddha martien ?

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Le Ho Pra Keo, une pagode construite pour abriter le Bouddha d'émeraude, dont l'histoire présente une analogie à celle du Phra Bang (blog du 9 Février) : sorti d'un stupa par la foudre, ce bouddha fut transporté par un éléphant jusqu'à Luang Prabang, puis transféré à Vientiane par le roi Setthayhirath pour éviter les pillages. Peine perdue puisque les armées siamoises saccagent Vientiane en 1778 et volent le Bouddha, conservé encore aujourd'hui au Wat Phra Keo à Bangkok. Un peu comme si les Anglais nous avaient volé une statue de Jeanne d'arc. De nombreuses statues de Bouddhas y figurent, donnant un aperçu du style Lao de représentation du bouddha, visage, positions du corps et des mains, féminité.

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Le That Luang, avec son immense stupa doré entouré d'une multitude de petits stupas dorés. Le monde est petit, on y retrouve une statue très vénérée du roi khmer Jayavarman VII - après l'avoir découvert au musée de Siem Reap, on ne l'avait pas oublié - ainsi qu'une statue du roi Setthayhirath, à l'origine du transfert de la capitale de Luang Prabang à Vientiane. Sans oublier le Bouddha couché, celui qui nous fait rêver.

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10 février 2019

Dimanche 10 Février - Vientiane

Une journée qui commence par une panne générale d'eau et électricité. Ça ressemble plus à une panne qu'à une grève générale, surtout un dimanche matin. Tout le quartier est touché, on imagine la souffrance des congélateurs et on décide de changer de quartier, risque zéro, éviter la turista qui guette les consommateurs de produits avariés. 
Au programme, la visite du parc des Bouddhas (Xieng Khouan), à une vingtaine de kms de Vientiane. Le bus 14 nous amène du centre ville jusqu’au pont de l’amitié (de l’autre côté, Nong Khai - Thaïlande), et poursuit jusqu’au Biuddha Park. Un parc créé par un moine artiste bouddhiste en 1958, une centaine de statues en béton pour une ballade sereine dans une atmosphère sereine. Ici, se côtoient Bouddhas, divinités hindous et créatures mythiques, éléphants, nagas. Les trois niveaux du monde (enfer, terre, paradis) y sont représentés à l'intérieur d'une citrouille dans laquelle on peut aisément circuler. Ils sont nombreux à faire une longue halte en enfer...  Et pour Evelyne, une source d'inspiration pour des travaux futurs. 

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On suit avec attention le parcours de deux petits moines espiègles et téméraires, partis à l’assaut d’un stupa, à 10 mètres au dessus du sol. J’imagine que le quart d’heure de méditation dans la tour les a aidés à aborder l’impossible descente.

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On apprend que l'artiste créateur est parti en exil vers la Thaïlande pour fuire le communisme en 1978 et reproduire de l’autre côté du Mékong le même parc. Un peu comme si le facteur cheval avait traversé le Rhône pour monter un château en Ardèche.
Fin de journée le long du Mékong, c’est l’heure des séances intensives d'aérobic en groupe. Un public en majorité féminin, on avait vu la même chose à Hanoi. Musique à fond, animation dirigée par une aérobic girl sur son estrade, c’est Véronique et Davina au Laos. Demain matin, ce sera le tour des hommes, avec le tai-chi, Evelyne ira les défier.
Et pour clore la soirée, le passage obligatoire au night market. Luang Prabang nous avait habitués à de superbes produits de l'artisanat local, textile ou bois. Ici, on retrouve les habits habituels résultant de la surproduction, en vrac, sans charme. Et heureusement, de bons kiosques à grillades crevettes crabes et calamars à gogo.

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Ce soir, le crunch. On espère de belles étincelles à Twickenham.

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09 février 2019

Samedi 9 Février - Vientiane

Vang Vieng a fait la fête tard la nuit dernière, techno boum boum, une ambiance qui se conjugue bien avec les activités artificielles de plein air proposées. Pour nous, c’était dodo 22h, mais réveil avec le soleil, juste à temps pour voir rosir les sommets montagneux. 

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Sur la route de la bus station, on s’adapte en enfilant l‘équipement de circonstance pour lutter contre la poussière. Les commerçants tentent d’asperger la chaussée au jet d’eau, peine perdue, c’est aussitôt sec. On a vu que tout  ce qu’on achète est imbibé, chaque article est nettoyé au chiffon quand on passe à la caisse. Je plains au passage les boutiques qui exposent des fringues, pas terrible de vendre des habits qui pèguent.

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Dans notre minivan pour Vientiane, on croit être seul, on se sent gêné de la situation qui n’est pas normale. Mais le chauffeur fait le ramassage dans le village, le véhicule se remplit, chouette on se retrouve seul au milieu des gens du pays, aucun touriste à bord. On sent une bonne solidarité laotienne, comme si tout le monde se connaissait. D’autres montent en cours de route, on atteint le chiffre de 18 personnes à bord pour une capacité de 15, c’est pas grave, tout le monde se tasse et ça passe. Derrière nous, un jeune qui vomit sur tout le trajet, sans se plaindre, c’est à peine s’il va prendre l’air à la pause.  Un bébé qui éternue sans cesse - la poussière sans doute - on prend tout d’un coup conscience de la difficulté des habitants de ces montagnes face à des besoins de soins médicaux.

Une route bien plus calme que les 2 jours précédents, moins sinueuse, moins montagneuse, moins jolie aussi, en plus mauvais état et bien plus poussiéreuse - un vrai brouillard de peuf qui fait penser au brouillard gessien. Je crains que ce soit le cas de toutes les routes au Laos, du travail en perspective pour les Chinois qui investissent en Asie du Sud Est.

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Arrivés à Vientiane, un coup de took took pour le centre ville, et une première impression agréable : la capitale a une allure de petite ville de province. On est loin des gratte-ciels des capitales d’aujourd’hui. Un petit centre ville qui sent bon le calme, on se limite à une marche jusqu’à la statue de Fa Ngum, le père fondateur du Laos. Avec son look de Tintin, il nous en apprend un peu plus sur l’origine du pays. 

Le jeune Fa Ngum, chassé par son père à cause d’un mauvais présage, est élevé par les Khmers à Angkor, dans la religion  Bouddhiste. Il revient en conquérant dans sa ville natale en 1357, après avoir réuni d’autres petits royaumes pour donner lieu à la naissance du Laos, le royaume des millions d’éléphants, auquel il impose le bouddhisme. Son beau père, le roi d’Angkor, lui fait parvenir un Bouddha en or - le Phra Bang - qui devient le symbole du royaume. Pour la petite histoire, ce Phra Bang va subir au fil des invasions un certain nombre d’aller-retours entre Luang Prabang et Bangkok. Conservé au musée Palais Royal, il fait l’objet d’une procession annuelle au moment du nouvel an Lao.

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08 février 2019

Vendredi 8 Février - Vang Vieng

Selon Evelyne, une journée commence par une photo du lever de soleil et se termine par une photo du coucher de soleil. D’où la photo du matin.

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Pour notre second trajet haute montagne, on a évité de justesse le pickup ouvert, on monte à bord d’un minivan pour 12 personnes pour une belle séance de 7 heures de tape cul. 150 kms pour revenir sur nos pas jusqu’à Phu Khoun. Pas facile d’assurer le reportage photo avec un chauffeur qui fait tanguer son véhicule pour éviter les trous. Un plateau en bordure de cultures d’abord, une terre rouge, puis une montagne avec quelques villages bien isolés au milieu de nulle part. Un regard sur les habitants, savent ils à quel point ils vivent isolés dans un bout du monde ?

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A bord, un couple d’Australiens qui sait dire ‘saperlipopette’, et ‘oulala’, ils sont venus de Luang Prabang en avion 7 places, un coucou dans lequel les passagers étaient placés en fonction de leur poids, pour assurer le bon l’équilibre de l’avion. Ils avouent avoir légèrement menti sur leur poids pour avoir le droit de monter à bord. Un couple d’Allemands à destination de l’Inde, ils nous rassurent en nous affirmant qu’on a ici de bien meilleures conditions de transport qu’en Inde. Une femme avec un bébé - sympa le bébé, une toute petite crise de larmes en 7 heures - et sa fille au pair américaine parlant le Lao, et enfin une femme avec un grand chapeau qui a la chance de s’installer à côté du chauffeur, en compagnie d’une jeune laotienne. Ambiance détendue au départ, s’assoupissant au fil des kms. 

Une route qui n’aurait pas été facile pour les vélos. Alternance d’asphalte, cailloux, gravillons et terre, trous à répétition, à part Gigi, je ne connais qu’une personne pour se lancer sur ce genre de terrain : Sacha, avec son optimisme immuable. Si on l’avait fait, j’aurais dû mentir sans cesse à Evelyne en lui disant « c’est bientôt fini » alors que ça n’en finit point. On a quand même croisé deux cyclistes à sacoches, j’aurais aimé les interviewer, notre minivan ne s’arrête pas.

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La second partie de Phoukhoun à Vang Vieng, une centaine de kms, est assez sportive, les massifs montagneux changent de look : pentes plus raides, reliefs karstiques qui donnent un attrait particulier à la région, c’est chouette et ça donne envie de le faire à bicyclette.

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En arrivant à Vang Vieng, on est surpris de voir la différence avec Phônsavan. Une ville animée, qui propose toutes les activités en ‘ing’ : canyoning, tubing, kayaking,  climbing, caving, trekking, éléphanting...et même cycling. Avec des Guest Houses et des agences tout le long de la rue principale, des guitares dans chaque bar, tout cela donne une ambiance soixante-huitarde et babacool pour des touristes qui n’ont pas connu Mai 68, ils ont à peine 30 ans. On se demande ce qu’on fait là, on se sent plus proche de la découverte de la plaine des Jarres que de ces activités de plein air qui nous ont dépassés. Ce qui n’empêche pas d'apprécier, avec un regard extérieur. En d’autres termes : c’est bien, mais ce n’est plus de notre âge.

On prend le temps d’une ballade de 5h à 7h, direction des grottes de Tham Chang, réputées pour être caractéristiques de la région. Pas de chance, elles viennent de fermer, mais la ballade nous amène près de la rivière, le moment du coucher de soleil, Evelyne adore ça.

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 Échange à table avec des jeunes Marseillais, moins de 25 ans, ils voyagent en stop, avec un budget de 36 euros par jour. Facile si on limite les dépenses à l’hôtel et restaurant, mais il faut ajouter les visas, les visites, les extras.... Ils nous conseillent l’ile de Kao Tao, avec un masque et sans tuba. On se posait justement la question. Mais on n’a pas le même âge. On les écoute ?

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07 février 2019

Jeudi 7 Février - Phônsavan

On ne passe pas par hasard à Phônsavan. Ville isolée  à 150 kms à l'ouest de la ligne Luang Prabang - Vientiane, l'accès depuis Luang Prabang ou Vientiane est une épreuve interminable pour ceux qui veulent rejoindre le Vietnam par la montagne, la frontière est à 140 kms. Phônsavan est aussi une destination touristique pour les courageux qui affrontent le voyage pour visiter la plaine des Jarres.  Peu nombreux, et récompensés par la magie du lieu.

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La grande particularité de la plaine des Jarres, ce sont les 60 sites répartis sur 1000 km2, ou sont rassemblées des jarres, une taille moyenne de 1m à 2m. On en dénombre plus de 300 sur le seul site que l'on visite. Elles remontent à une époque ancienne - on évoque 2000 avant JC - , les archéologues en sont au stade des suppositions, ils ont deux hypothèses. La plus probable serait liée à des rites funéraires, les jarres pourraient être des urnes pour conserver les cendres des défunts. On pense aussi à des utilisations plus terre à terre, les jarres servant à l'entreposage et la conservation de nourriture. Deux approches qui ne sont pas incompatibles. C'est en tout cas pour nous un spectacle hallucinant, qui appelle au recueillement, on a la chance de le visiter seul, en plein calme, loin des preneurs de selfies. Ouf ! 

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La suite de l'histoire est plus récente, elle remonte à la guerre du Vietnam. Le Laos avait un positionnement neutre au moment où les Américains étaient au Vietnam. Mais dans sa neutralité, le Laos laissait s'organiser à travers son pays la piste Ho Chi Minh, ce long tracé destiné à apporter vivres et armes aux Vietcongs installés au Sud du Vietna. Cette piste était visée par l’US Air Force, et toute la région de la plaine des Jarres a subi des bombardements d'une intensité effroyable, on rapporte le chiffre de 1 bombardement toutes les 8 minutes entre 1964 et 1973. Et pour corser l'affaire, les avions revenant à leur base en Thaïlande se déchargeaient de leurs cargaisons peu avant d'atterrir, ils le faisaient dans cette région. Terrible. Pas besoin de plaques commémoratives, des cicatrices sous forme de cratères géants rappellent les faits.

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Il est possible de visiter d'autres sites, ils font l'objet d'un déminage progressif par les équipes du MAG (Mines Advisory Group), car on estime que 30% des bombes n'ont pas explosé. Pas facile pour les gens du pays, agriculteurs et enfants, victimes à retardement de la guerre 50 ans après. Le MAG s’implique aussi dans la formation des enfants, qui continuent à creuser pour trouver des bombes et gagner un peu d’argent en échange du métal.
Pour nous, risque zéro, on se contente de la visite du site numéro 1, au grand désespoir des agences de tourisme qui essaient de placer des visites organisées avec un maximum de sites.

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La ville de Phônsavan ne présente pas d'intérêt particulier, construite en 1970 pour remplacer Xieng Khuang, détruite lors de la guerre civile entre le Phatet Lao et les anti-communistes, elle présente une longue rue interminable (Bois d'Amont) couverte de poussière, il ne fait pas bon vivre à Phônsavan et pourtant, la ville poursuit son développement avec de nouvelles maisons toutes neuves.

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En résumé... 8 heures de route hautement cahoteuse hier, pour 2 heures de visite qui vont nous marquer bien longtemps. A commencer par Evelyne qui fait surgir du fond de la jarre un étonnant cliché de son ET. Ou le retour de Ramsès II ?

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06 février 2019

Mercredi 6 Février - Phônsavan

C’est l’aventure. On a choisi de prendre le bus de transport en commun local pour se rendre à Phônsavan, le village de départ pour les plaines des Jarres. 30 personnes à bord, même les strapontins sont occupés, pour 8 heures de voyage sur une route cahoteuse, chaussée poussiéreuse et déformée, parfois en travaux. On envisageait de le faire en 2 étapes, avec une halte intermédiaire au carrefour des routes de Vientiane et Phônsavan, au village de Phou Khoun perché à 1700 mètres, une vue imprenable. Mais il aurait fallu monter à l'arrière d'un pickup, sièges banquette en métal, 4 heures cheveux au vent et nez dans la poussière, les bras en croix ( 🎶🎶🎶 bonjour Gaby), ce n’est plus de notre âge.

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Notre bus est décoré de dentelles rosées qui créent une ambiance intime, impression qu'on forme un groupe. À bord, un panaché de locaux et de jeunes touristes, un style plus baroudeur qu'à Chiang Mai, on commence à sortir des sentiers battus. Et ça sent bon la poussière, le corps est soumis à de belles tensions pour amortir le choc des trous sur la  chaussée. La crevaison nous guette, je me pose la question des amortisseurs, en tout cas le klaxon fonctionne.

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C'est malgré tout un beau voyage, à travers des coins isolés, ça sent le petit village de montagne, une époque révolue qu'on a envie de retrouver.  Comme l'Ardèche, c'est un pays qui ne connait pas 1 km de plat. Montées et descentes s'enchaînent, une pente pas trop raide accessible à vélo, et bien que le revêtement soit vraiment difficile, l'envie d'enfourcher la bicyclette me reprend. Et ça va donner envie à Sacha. Ah l'Ardéchoise ! J'en profite pour un clin d'œil aux canards.

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Une source de revenus pour les courageux habitants du bord de route : les toilettes, qui rapportent 20 centimes par personne. Tous les groupes - bus VIP, bus local, mini-van, voiture privée - font plusieurs pauses techniques rendues obligatoires par la violence des secousses. Le rendement des toilettes est meilleur que celui des bananes, les gens pressés ne comptent pas.

À 30 kms de Phônsavan, on finit par sortir des montagnes, la route débouche sur un long plateau à 1200 mètres d'altitude. C'est la province de Xieng Khuang, un  plateau où se pratique la culture intensive, la cueillette est pour Avril, le nouvel an Lao.

Et quand le soleil se couche, Evelyne le guette, pour un clin d'œil à Suzy, Gaby, Francine....

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05 février 2019

Mardi 5 Février - Luang Prabang

Les soirées à Luang Prabang se répètent d’un jour sur l’autre : coucher de soleil panoramique, repas sur une terrasse au dessus du Mékong, ballade au night market. Chaque soir, de 16h à 22h, se monte et se démonte le marché de nuit. La rue principale est barrée, les commerçants viennent avec leur charette, montent leur stand et alignent leurs merveilles d’artisanat, tissus façon passementerie couleurs Gobelin. Difficile de résister, on fera peut être un envoi par la poste.

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Au réveil ce matin, on croit que c’est jour de fête, on se dit ´Joyeux Cochon’, puisqu’on célèbre aujourd'hui avec la première lune la fête du Têt, le nouvel an Chinois. Après l’année du chien on passe à l’année du cochon. Un moment important pour les communautés Chinoises et Vietnamiennes qui accueillent ce jour là leurs ancêtres, chassent les mauvais esprits et adoptent un comportement irréprochable, le premier jour de l’année sert de référence aux jours qui suivent. Mais pour le Laos, le nouvel an Lao est lié au cycle solaire, ce sera Boun Pimai au mois d’Avril, avec la fin des récoltes et la fête de l’eau. Frustration pour nous qui nous attendions à une fête, on la remplace par un anniversaire avec plein de bougies. 
On a mis le réveil à 5h30, pour assister à la traditionnelle quête matinale des moines. Dès l’aube, les moines partent en procession récolter le riz offert par la population. Les généreux donateurs s’installent sur un tabouret, et comme pour le Tour de France, ils attendent le passage de la caravane. Placés en file indienne, les moines reçoivent de chacun une boule de riz dans un petit chaudron. Quand le chaudron est plein, il est vidé dans un panier prévu à cet effet, et la quête se poursuit. Un rite religieux qui se répète chaque matin, qui nourrit la curiosité des touristes et contribue au bien être des moines.

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Repos pour le reste de la journée, si on était Chinois, cela signifierait repos pour toute l'année. Avec un beau coucher de soleil pour conclure - un de plus, on ne les compte plus - l’année commence bien, le cochon va être content. On aborde la montagne dès demain, en commençant par un détour vers la plaine des Jarres. Avec 3 étapes de 300 à 350 kms en lacets, on a bien fait de laisser les vélos à Hua Hin. Prochain arrêt  demain à Phônsavan.

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04 février 2019

Lundi 4 Février - Luang Prabang

Luang Prabang, l'ancienne capitale déplacée à Vientiane par le roi Setthayhirath en 1560 par crainte des invasions Birmanes. Saccagée en 1887 par les Hos, bandes de brigands Chinois, la ville a été reconstruite avec goût, le protectorat Français signé en 1893 contribue à donner un style où se mélangent de façon harmonieuse des toitures lao avec des façades en chaux ou en brique, des maisons traditionnelles sur pilotis avec des maisons à étages. La ville se situe au confluent du Mékong avec la  rivière Khan, une situation dont profitent bien le centre ville construit autour de la jonction des rivières. 

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Dès le premier pas dans la rue principale, on est frappé par les bars et restaurants,  tous nous incitent à la flânerie autour d'un verre,  ils nous attirent, on n'aura jamais assez de temps pour les tester. Une ville des plus plaisantes, comme l'ont été Hoi An au Vietna et Chiang Mai en Thaïlande.

On limite la visite culturelle aux deux pagodes à avoir résisté à l'invasion de l'armée du  'Pavillon noir' - le Vat Xieng Thong et le Vat Mai - et à quelques lieux

Le Vat Xieng Thong est une pagode construite peu avant le transfert de la capitale à Vientiane. Les motifs décoratifs des murs de la pagode et des 3 chapelles attenantes sont exceptionnels : danseuses, combats d'éléphants, scènes de bataille ou de la vie quotidienne, arbre de vie - lien entre monde terrestre et monde céleste, un régal de figures simples, limite naïfs, faites de mosaïques à base de morceaux de verre teinté miroir Japonais.

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Le Vat Mai présenté une façade exagérément dorée à notre goût, mais le Bouddha efféminé a belle allure, photo.

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Le musée se situe dans l'ancien palais royal (le dernier roi a abdigué en 1959), il présente un intérêt dans salle du trône décorée de mosaïques. Photos interdites, il faut garder le souvenir dans la tête, mais on retrouve le même style de mosaïque au Vat Xieng Thong, on a les photos.

Le Vat Pa Huak, au pied de la colline, est une bonne surprise : des fresques murales assez endommagées évoquant de vieilles peintures rupestres, je retrouve les couleurs de mes livres de classe de CM1.

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Et pour finir, coucher de soleil tout en haut de la colline qui surplombe Luang Prabang. On est des centaines à attendre le bon moment pour prendre la photo, c'est rigolo, on appuie sur le bouton en même temps et on s'en va. 

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En parcourant le Aggañña Sutta, Evelyne découvre une nouvelle vérité qui convient à son ego. Une nouvelle année qui commence...

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03 février 2019

Dimanche 3 Février - Luang Prabang

On a passé la nuit dans la guest house Bounmee, tout près de l'embarcadère, une grande maison en bois avec terrasse sur pilotis au dessus du Mékong, face au parc des éléphants. C'est simple et chaleureux, on y prend le repas du soir, petit déjeuner et sandwichs pour la route. Il semble que toutes les habitations de Pak Beng offrent le même service, on était d'ailleurs attendu hier au port par de nombreux villageois en concurrence féroce. La plupart ont trouvé le bon filon à travers les agences qui les recommandent, en prenant au passage une belle commission.

Wifi m'a permis de regarder en différé France - Galles, le prochain Angleterre - France va être terrible pour les Anglais qui vont devoir affronter le tempérament revenchard des Français. Affaire à suivre...

Pas facile de charger le bateau ce matin. On est plus nombreux qu'hier, la nuit a fait des petits. Sans oublier quelques autochtones qui embarquent, sac de riz et Smartphone à la main, le progrès a transpercé les montagnes.

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Le comptage des passagers est une épreuve répétée plusieurs fois, on aimerait connaître la réponse, ainsi que le nombre de gilets de sauvetage. Et surtout, leur emplacement de stockage. Applaudissements au moment du départ, quand chacun a fini par trouver un siège ou un coin de natte sur le pont. À bord, c'est comme dans les temples, on pose les chaussures dans un sac plastique. Et pour les toilettes, pieds nus, il vaut mieux s'abstenir.

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Départ dans la brume, on sort les manches longues, une première depuis 1 mois. Avec une pensée pour nos proches sous la neige en France, et un clin d'oeil à Dany qui remonte sa rivière. À nos pieds sur la natte, 3 soeurs laotiennes, elles tapent le carton et vont d'éclat de rire en éclat de rire, en jetant un coup d'oeil au petit garçon surveillé par sa grande sœur. 8 heures de gaieté, notre distraction du voyage.

4957DF99-A7C0-4828-9AE1-ABB615F0C7A9À première vue, le bateau semble fait pour les touristes - on représente 80% des passagers - mais de temps en temps, le capitaine ralentit, une pirogue s'approche pour décharger ses poubelles et livrer sa marchandise, certains grimpent à bord, ils montent à la ville en descendant le fleuve. Un peu plus loin, notre pilote, à l'aise aux commandes de son embarcation, accoste son bateau en douceur le long du rivage pour accueillir des passagers descendus de leur village. Pour passer à bord, une planche étroite, sous le regard du moine qui les protège du haut de sa colline.

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Plus ploin encore, c'est tout un village d'enfants qui profite de 3 minutes de halte pour grimper sur le côté du bateau,  essayer de vendre leur artisanat aux touristes. Ça me rappelle l'époque de mes 12 à 15 ans, on attendait le bateau à roues à aube 'le France' ou 'le Fier' au petit port de Veyrier du Lac, on montait en cachette à l'arrière sur le gouvernail et on se laissait tirer sur quelques centaines de mètres, jusqu'à ce qu'on lâche prise dans le courant devenu trop fort.

Et plus on s'approche de Luang Prabang, plus on fait des haltes pour déposer ou faire monter quelques passagers. À 20 kms de l'arrivée, Pak Ou est le confluent avec la rivière Nam Ou qui descend du nord. Une grotte y abrite 2000 bouddhas. Les bateaux de tourisme y marquent une pause, on passe à toute allure. On comprend enfin que notre bateau est d'abord le moyen de transport des villageois, avant d'être au service du tourisme. Un vrai bateau !

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Bilan de ces 2 jours : l'impression d'avoir rencontré quelque chose, d'avoir approché un nouveau monde. Le Mékong nous a dévoilé sur 300 kms sa nature sauvage, et nous a donné conscience de la dimension de la présence humaine dispersée dans les  villages cachés qui le bordent. Un beau moment d'émotions bien partagées.

Arrivée à Luang Prabang 17h, un coup de took took et on est rendu. le guide touristique dit bien qu'il faut éviter cette période de la fête du Têt, c'est exactement ce qu'on ne fait pas, on est à Têt-2, et on va passer au moins 3 nuits ici.

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02 février 2019

Samedi 2 Février - Pak Beng

Première journée de notre croisière vers Louang Prabang. Ambiance Lucky Luke ‘En remontant le Mississipi’, c’est la saison sèche, on espère ne pas être obligé de descendre du bateau pour le pousser. Notre embarcation, un ´Slow Boat ‘, frôle quelques récifs, évite les bancs de sable, le pilote passe sans cesse d’un côté du fleuve à l’autre, il connaît le Mékong et son métier. On pensait être une soixantaine à bord d’un bateau prévu pour 100 personnes, et à la dernière minute, 40 personnes montent à bord. Evelyne me rappelle son aventure de l’été 1971, un ferry surchargé de Patras à Brindisi avait coulé, il était tellement chargé qu’elle avait dû prendre le suivant. Notre histoire n’a tenu qu’à un fil...

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Cinq heures pour faire les 130 kms de Houay Xai à Pak Beng, notre ‘croisière’ est un régal de sensations, face aux massifs montagneux qui nous entourent, jungle, forêts de palmiers et bananiers, villages isolés dans la montagne, tribus d’ethnies minoritaires autonomes, troupeaux de buffles qui descendent se rafraîchir à la rivière, plages de sable blanc, hébergement de fortune du berger-vacher. De temps en temps on croise une barge qui remonte le courant, un ´Slow Boat’, un ‘Speed Boat’, ou même le bateau croisière de luxe, chaises longues en prime. La moyenne d’âge des passagers est voisine de la moitié de notre âge, on est carrément les plus âgés à bord, heureusement qu’on n’a pas pris les vélos, ça ferait trop décalé.

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Retour sur la journée d’hier, avec un résumé des informations techniques.

Le nord de la Thaïlande, à faire en auto ou à vélo ?

De Chiang Mai à Chiang Rai, environ 4 heures d’autobus sur une route qui s’élève parfois, mais sans difficulté apparente pour un vélo. Un passage poussiéreux d’une dizaine de kms en travaux, mais si on revient dans 10 ans, ce sera terminé.

De Chiang Rai au Triangle d’or, quelques montées dans les plantations de thé, ça rappelle les monts du Beaujolais, c’est facilement accessible à vélo. Seule difficulté, la brève côte - facultative - menant à la vue panoramique sur la frontière Birmane, qui nous rappelle la montée à 18% près du Fuji.

Du Triangle d’or à Chiang Khong, ça se corse, on a un vrai passage en route montagneuse, 4 à 5 kms à 13%... Evelyne n’aurait pas aimé.

Il existe une route directe de Chiang Mai à Chiang Khong, avec un nouveau tracé à 4 voies, roulant, quelques côtes faciles. Une façon plus efficace de traverser le nord, au détriment du Triangle d’or et des villages visités hier, mais ce serait dommage de rater ce détour.

En conclusion, on a bien fait de laisser les vélos à Hua Hin.

Le passage de la frontière 

On avait lu que le passage de la frontière était compliqué et un peu corrompu, en fait c’était simple, facile et rapide. Il faut savoir que les étrangers ne sont pas admis à prendre le traversier direct entre Chiang Khong et Houay Xai, il faut aller chercher la frontière terrestre sur le pont de l’amitié à une dizaine de kms au Sud. La sortie de Thaïlande se fait 2 kms avant le pont, on reçoit un tampon sur le passeport qui officialise notre sortie. On a eu de la chance d’avoir immédiatement accès au bus (1 par heure ?) nous menant de l’autre côté du pont. L’obtention du visa prend 10 minutes, le temps de remplir 2 formulaires où l’on fournit les mêmes renseignements dans un ordre différent. On a pris soin de relever le nom d’un hôtel point de chute à Houay Xai, ça permet de répondre à toutes les questions. On nous demande 1 photo et 31 USD, en coupures propres - on nous refuse deux billets de 20 USD légèrement griffonnés. Après la douane, un took took attend les groupes, pas besoin de faire 10 kms à pied.

La croisière bateau de Houay Xai à Louang Prabang

C’est connu, archi connu, la seule façon simple de rejoindre Louang Prabang. Il existe un bus couchettes de nuit, 500 kms de virages en montagne, au lieu de 300 kms sur la rivière. Il vaut mieux prendre les billets une fois arrivé au Laos, c’est bien meilleur marché qu’en essayant de l’organiser depuis la Thaïlande. On craque juste après la douane, pour un forfait qui inclue bateau - taxi - logement. Le coût : 90 Euros pour nous deux, incluant le Guest House à mi-parcours à Pak Beng. On peut trouver encore moins cher si on prend les billets à l’embarcadère et si on improvise le logement à Pak Beng. Mais on peut aussi trouver croisière plus prestigieuse à 1000 Euros pour deux, incluant le lunch, plus de confort, 25 personnes à bord au lieu de 100. On a choisi la solution simple et simple. Il existe aussi une solution ´Speed Boat’, des hors-bords qui foncent entre les récifs, pour hommes d’affaires pressés ou jeunes avides de sensations.

Contents de notre choix.

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01 février 2019

Vendredi 1er Février - Houay Xai, entrée au Laos

Départ pour le Laos tôt ce matin. On a trouvé une agence super (Mekhong Travel Agency Chiang Rai) qui nous organise en voiture privée le parcours de rêve, celui qu'on n'a pas osé entreprendre à vélo par crainte des dénivelés : la route monte plein nord vers le carrefour Thaïlande Laos Myanmar (le triangle d'or bien connu de Hubert Bonnisseur de la Bath), avant de suivre le Mékong vers le Sud Est jusqu'à Chiang Khong où il reste à traverser le pont pour Huay Xai, point de départ de notre ‘croisière’ bateau Mékong pour Luang Prabang demain. Un beau programme, qui inclue la visite de tribus de villages de montagne, plantations de thé (Chui Fong), la petite ville de Mai Sai (extrémité nord ), le triangle d’or, son musée de l'opium, Chiang Sae, et pour finir passage de la frontière pour Huay Xai au Laos. 

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Trop beau, avec notre guide-chauffeur Dulit, un jeune célibataire qui se lance dans l'activité de guide, raz le bol des petits chefs qui l'ont martyrisé dans le monde de la restauration. 

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 A quelques kms de Chiang Rai, les villages habités par 5 ethnies minoritaires nous ramènent au village des schtroumpfs. Maisonnettes au toit de feuille ou de paille,  sur petit pilotis. L'eau descend de la colline par canalisation. A la saisie des pluies, l'eau s'évacue facilement car le village est en pente. Ce sont des tribus venant de Myanmar (Karen Long Neck), Tibet (Lahu, Haka), Chine (Kauor, Mu Mien), chassées de leurs territoires, elles ont trouvé refuge dans cette extrémité nord de la Thaïlande. Des ethnies qui gardent leur autonomie et leurs traditions, qui vivent en communauté fermée, les villages se touchent mais chacun garde son mode de vie. Le tourisme leur apporte beaucoup  - droit d'entrée dans le village, vente d'artisanat -, peut être la seule ombre au tableau, le rapport établi avec le touriste est biaisé, limite malsain, le touriste a droit à tout pourvu qu'il achète. Le contact avec les 'Long Neck' nous interpelle, les femmes portent le collier dès l'âge de 5 ans, c’était au départ  une protection contre les attaques du tigre, aujourd'hui élément essentiel de leur beauté. Les maris aux champs, elles travaillent au tissage en s'exposant aux caméras, un 'devoir' en contrepartie de notre 'péage', regard mélancolique des gens soumis. C'est à la fois beau et triste, on ne sait pas si on doit prendre la photo, mais celles que l'on ne photographie pas se sentent exclues... donc on prend photo sur photo. 

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 Changement de décor avec les plantations de thé. Situées sur des collines, elles font penser à nos vignobles, avec une grande différence : l'odeur citron-jasmin des feuilles nous fait tourner la tête, au moins autant que l'auraient fait les plantations de pavot qui les ont précédées avant 1987, époque où le bon roi Rama IX a fait basculer le regard porté sur cette partie du monde trop réputée pour ses trafiquants. Pari gagné, l'agriculture nouvelle - café, thé, riz, tabac - attire le tourisme qui compense par ses dépenses le manque à gagner résultant de l'abandon de la culture du pavot. 

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Mai Sai : la route traverse le marché, on roule comme les Dupont traversant le souk, avant de suivre une pente à 18% jusqu'au point de vue sur la frontière avec Myanmar.  Ce bout de route justifie à lui seul notre choix de laisser les vélos à Hua Hin. La rivière sépare les 2 pays, face à nous la montagne, des temples colorent les sommets, un autre pays, uun ancien envahisseur.. 

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Le Triangle d'or, c'est le lieu de confluence des 2 rivières Mae Nam Ruak et Mae Nam Khong avec le Mékong, en même temps que la frontière commune aux 3 pays. Le pavot, progressivement importé de la Méditerranée vers la Chine, a fait son apparition à ce carrefour, bien encouragé par la France qui en tirait de bons revenus. Les trafiquants ont mis la main dessus, selon notre guide les Chinois s'en sont mis plein les poches, les minorités ethniques qui le cultivaient vivaient en dessous du seuil de pauvreté ...le bon roi Rama IX a mis fin à tout ça. 

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Il ne reste pas grand chose de la vieille ville de Chang Saew, partiellement détruite lors des invasions birmanes. Mais le Bouddha a survécu, belle marque de respect des bouddhistes envers leur maître.

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Fin de journée à Chiang Khong pour faire le check out de Thaïlande au service d’immigration. On devient apatride le temps de traverser en bus le pont pour le Laos, y accomplir les formalités de check in... pour dormir en paix dans un nouveau pays à Huay Xai, au bord du Mékong qu’on ne va pas quitter pendant 2 jours. Avec un bon bon bon feeling pour ce nouveau pays.

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31 janvier 2019

Jeudi 31 Janvier - Chang Rai

Adieu Chang Mai, bonjour Chiang Rai. On a passé la soirée hier au night market, agréable surprise de boutiques d'artisanat local de bon goût, et un espace barbecue de super bon goût. On craque. Crevettes grillées et gyozas, c'est le rapprochement Thaïlande-Japon servi dans l'assiette, et ça donne un bon goût à la bière et un sommeil de plomb. 

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On profite d'une excursion touristique organisée pour faire d’une pierre deux coups, la visite du jour et un bon en avant en quittant le groupe à Chiang Rai. 
Premier arrêt aux Hot Springs, 20 minutes d'arrêt pour se dégourdir les jambes face aux projections d'eau brûlante. Les entrailles de la terre. On aurait le temps pour se faire cuire un oeuf, ou pour un bain de pieds réparateur, mais pas assez de temps pour trouver l'oeuf ou essuyer les pieds. 

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Second arrêt au White Temple, le Wat Rong Khun. Rien à voir avec les temples habituels, ce n'est pas un lieu de prière pour les moines. Une oeuvre artistique contemporaine créée par l'artiste Thaïlandais Ajarn Chalermchai Kositpipat, avec trois objectifs : offrir à son pays une oeuvre d'exception, marquer ses croyances bouddhiques, et rendre un hommage au roi bien aimé Rama IX. On y pénètre par le monde des vivants, on enjambe à toute vitesse un pont qui surplombe l'enfer (peuplé de plus d'hommes que de femmes), pour arriver au Paradis où l'artiste présente ses oeuvres. C'est une représentation du monde d'aujourd'hui, où des héros tels que Goldorak trouvent leur place au pied d'un Bouddha. À la sortie, l'arbre magique reçoit nos voeux, on le remercie de nous avoir bien guidés depuis 8 mois. 

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Pour la visite suivante, on change de couleur, on passe au temple bleu. Là encore un temple contemporain, l'artiste créateur était très frustré de devoir faire des kms pour apporter un peu de nourriture au Bouddha, il a trouvé la solution : construire son propre temple, selon ses goûts, sur les ruines d'un temple disparu. La vie en bleu. 

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La dernière visite s'appelle 'Baandam' ou 'Black House', un musée en plein air qui se résume à 40 maisons en bois noir contenant les objets collectés au cours de 50 années de travail par un artiste obsessionnel : ses travaux de sculpture bois ou pierre sont présentés au milieu de quantités d'objets insolites - peaux de bêtes, ossements, pièces d'antiquités - , c'est touffu, on erre comme des badauds dans un dédale d'objets. Le facteur cheval a trouvé son maître. Ce que les gens préfèrent : selfies dans des positions excentriques au milieu de ces pièces d’art. Mais où est l'art ?

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30 janvier 2019

Mercredi 30 Janvier - Chiang Mai

On a choisi une excursion au Doi Inthanon, le plus haut sommet de Thaïlande, perché à 2500 mètres, à 150 kms de Chiangmai. Un minibus pour 12 personnes, on est 3 à avoir choisi en cours de route un petit trek de 2 heures dans la forêt, à l'altitude 1300. 

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Une leçon de sciences de la nature nous attend, avec un guide local originaire de village de montagne, qui nous enseigne la bonne utilisation des arbres et des plantes. Pour lui, c'est une affaire de vie et de survie, l'école de la nature est l'essentiel de la formation des enfants. Des variétés d'arbres cohabitent dans une brousse aérée, bananier, bambou, mangue, café... on ne les connait pas tous mais on sait reconnaitre dans l'écorce de certains des odeurs déjà rencontrées dans nos assiettes. Des plantes pour panser les plaies, guérir les maladies, aromatiser les plats, fabriquer des sifflets, à bien connaitre car on y trouve le meilleur et le pire, plantes et champignons ont les mêmes vertus et présentent les mêmes risques . On comprend mieux pourquoi la cuisine thaïlandaise dégage tant de saveurs et d'odeurs. 

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On évite de s'accrocher aux lianes, de peur que ce soient des pythons - Patrick nous a prévenus  - mais on est en saison sèche, les pythons sont rentrés à la maison près de la rivière. 
La ballade longe des chutes, des canalisations en tuyaux de bambous conduisent l'eau vers les cultures en terrasses. On y pratique une culture alternée, le riz pour la consommation locale, les fleurs, fraises et patates pour la vente au marché,  et ça suffit pour vivre être heureux et avoir beaucoup beaucoup d'enfants. 

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Près du sommet, un lieu de culte important : 2 stupas érigés pour le 60ème anniversaire des précédents roi et reine. Rama IX était un roi aimé, il a règné pendant 70 ans, il a intégré les ethnies minoritaires, Il a restauré l’image de marque de la monarchie. Un règne pas toujours simple, il fallait composer avec les coups d’état militaires, qu’il a appris à gérer. Dans les régions montagneuses, du nord, il a contribué à améliorer les conditions de vie, faisant évoluer lEst plantations de pavot des montagnes do nord vers d'autres types de cultures moins sujettes à trafic. Il est respecté, on lui rend hommage aujourd'hui. Un autre roi, Rama V, partage la même reconnaissance du peuple, il est à l'origine de l'abolition de l'esclavage, a protégé son peuple contre la colonisation. C'est sous son règne que les royaume de Siam et Lanna ont fusionné, la montagne a reçu le nom Inthanon en l’hommage du dernier roi de Lanna, le prince Intha Witchayanon, dont les cendres ont été transférées près de son sommet.
Dernière étape avant le lunch, passage obligatoire au marché. Confrontation de deux mondes : d'un côté les marchands, tous pareils, offrant les mêmes produits locaux - mangue fraise amandes riz artisanat -, de l'autre le monde des minibus 12 places, couleur grise, chauffeur et guide en pause pour 15 minutes, c'est le commerce, on se sent vraiment touristes, on aurait dû venir plus tôt, à l'époque des caravanes de la route de la soie. 

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Fin de ballade sous les chutes de Wachirathan. Sortir d'un minibus pour voir une chute, aussi belle soit elle, puis remonter dans le minibus, ne nous satisfait pas. On est devenu exigeant dans la nécessité d'un effort (ou bien on est devenu adicte au besoin d’un effort) pour nous autoriser à apprécier les belles choses. Ouf, notre petit trek du matin a sauvé la journée. 

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29 janvier 2019

Mardi 29 Janvier - Chiang Mai

La visite de Chiang Mai est un long parcours à travers bars, restaurants, salons de massage, temples, et agences de tourisme, entrecoupés de temps en temps d’un Seven Eleven.  Comme en Avignon, les premiers touristes déambulent tôt dans les rues pour se faire le programme du jour. Des affiches placardées partout sur les arbres, trecks et excursions sont en compétition. À pied, à vélo, en bus, à dos d´éléphant, sur 1 jour à 1 semaine, tout est possible, la ville est entourée de parcs nationaux, montagnes, temples, éléphants, grottes, temples, stupas, on n’a que l´embarras du choix et c’est aussi difficile de trancher qu’au festival d’Avignon. Pour ce jour, on suit notre Lonely guide, tout simplement, en enchaînant quelques temples et un musée, pour terminer la journée au Seven Eleven à préparer demain.
Le Wat Phra Singh nous interpelle par sa rangée de moines immobiles, ils ont un niveau de concentration que l’on n’a pas encore rencontré. Un touriste gonflé se poste face à eux pour les photographier - facile, ils ne bougent pas - Evelyne est offusquée, Quand je me rends compte que ce sont des statues de cire, je m’approche à mon tour pour une photo de groupe, éclat de rire.

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Au Wat Phan Tao, ce n'est pas le Bouddha qui retient l’attention, c’est l’immensité de la salle de prière soutenue par une trentaine de colonnes en teck, le bois du pays. La structure du toit inspire à la méditation.

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Au Wat Chiang Man, ce sont des statues bouddhas de plus de 2500 ans, provenance Chinoise, en crystal et en marbre, mais grosse déception pour Evelyne, on ne trouve pas le bouddha en marbre.

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Par contre, de belles fresques décorent les murs intérieurs du temple, on imagine des songes, de beaux rêves, des gens en quête de grâces... de belles histoires à endormir petits et grands.

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Et pour finir, visite du centre culturel et artistique de Chiang Mai, un parcours qui donne un aperçu de la construction de Chiang Mai à travers les siècles. Capitale du royaume de Lanna dès le 13ème siècle, sans cesse en bagarre avec les voisins d’Ayutthaya et Birmans, envahi par les Birmans au 16ème siècle, puis rattaché au royaume de Siam devenu Thaïlande. On peut commencer à affirmer, après 8 mois de ballade à travers le monde, que nulle part la vie n’a été un long fleuve tranquille.

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