365 jours sans jour sans

19 avril 2019

Vendredi 19 Avril - Miranda : km 15,598

On retrouve ce matin nos petits oiseaux au bec rouge, toujours installés en rangs serrés sur la plage. Ce sont des mangeurs d'huîtres, Thames est sur la route de leur migration, ils se régalent. Les plus malins s'installent sur les quilles de support de l'ancien ponton, on assiste à une partie de chaise musicale.

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Le ponton date de la belle époque de la ruée vers l'or, quand les bateaux venaient chercher le métal précieux pour aller le livrer à travers le monde. Thames s'est construit au pied des collines aurifères, à l'époque des premières prospections qui commencèrent dès 1867. La tribu Maori en place concéda les droits d'extraction pour un prix exorbitant à l'époque. Rapidement, la population grimpa jusqu'à 18,000 personnes, une belle réussite qui a vu naître hôtels, saloons, banques.... et les premiers mariages mixtes, amour ou intérêt ? Une école à réputation internationale s'y établit pour enseigner les rudiments d'extraction de l'or, avec des disciplines touchant à la chimie, métallurgie, géologie, maths, hydraulique, techniques de construction, et même astronomie. La fièvre de l'or dure quelques années, avec succès, puis le filon s'épuise, il reste quand même à Thames une population de 5,000 habitants, y compris les touristes qui entrent ou sortent de la péninsule de Coromandel.

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C'est Vendredi Saint, respecté en NZ, tout est fermé. On a pris nos précautions hier, on transporte dans nos sacoches 2 jours de nourriture - céréales, café, pain, pâtes, beans, thon, fromage. On a oublié le chocolat. On suit un trail plus ou moins gravilloneux jusqu'à Waitakaruru, mi-parcours à une petite moyenne de 14 km/h. Arrêts nombreux près des oiseaux, mémorial aux mineurs, pont sacré des tribus Maoris au dessus de la rivière Wailhou. Un peu plus loin ce sont les vaches en procession en file indienne, on dirait un peuple en exil, la tête basse, elles ne nous prêtent aucune attention, absorbées dans leur tâche de se rendre au bout du chemin.

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On a la chance de trouver un café ouvert, le 'Bugger', un terme de l'argot anglais utilisé pour exprimer quelque chose qui cloche. On apprend que c'est un terme amical, qu'on peut traduire, selon le contexte, par 'vieux con', ou 'oh merde alors' ou encore 'damned'. Sir Edmund Percival Hillary l'aurait utilisé en haut de l'Everest.

On quitte la piste pour remonter la baie Firth of Thanes plein Nord en direction d'Auckland, sur une toute petite route blanche, où on s'attend à ne voir personne. On s'est d'ailleurs renseigné hier pour savoir si la route est bien goudronnée. Erreur ! Tous les habitants d'Auckland partis pour un WE de 4 jours ont quitté l'autoroute saturé pour se reporter sur cette petite route. C'est terrible : absence de bas côté, étroit, des voitures qui se doublent.... Heureusement les camions ne sont pas sortis aujourd'hui, mais les motorhomes les remplacent. Un camping se présente au bout de 6 kms, on fonce, il est complet fully booked, mais en insistant un peu, on trouve toujours un lopin pour une petite tente et 2 vélos. À 100 kms d'Auckland, on est heureux.

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18 avril 2019

Jeudi 18 Avril - Thames : km 15,555

La récompense de la péninsule de Coromandel : une journée sans perdre de vue la mer. La jeune Allemande et son compagnon partenaire Australien en charge du nettoyage du camping nous ont prévenus : 2 bonnes collines à franchir, et puis cool jusqu'à l'arrivée. Des fous de rando vélo de moins de 30 ans, avec le visa vacances - travail, il leur reste 10 jours de travail et ils repartent, un p'tit tour vers Wellington puis Melbourne et un grand tour en Australie. Leur sourire nous parle, il ne trompe pas, il sent fort le bien être de la position assise sur une selle Brooks à raison de 6 heures par jour. On les envie d'avoir découvert ça si jeunes, ils nous envient de le faire encore à notre âge.

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Pour les collines, ils ont raison, elles sont bonnes mais agréables, la pente ne dépasse pas 10%. Les couleurs sont exceptionnelles, mélanges harmonieux de vert et de bleu, des îlots tout proches dans la mer nous rappellent la baie d'Halong.

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Après la descente, on longe la baiecde Thames, 40 kms de route au bord de l'eau. Des rochers, quelques plages de sable, des pins, c'est sauvage jusqu'à 10 kms de Thames où les résidences commencent à faire leur apparition, avec des maisons sans prétention couvertes de lattes de bois, tous font face au coucher du soleil, ils n'auront jamais de voisin pour leur couper la vue. On découvre les premiers villages pour gens âgés, ce ne sont pas des maisons de retraite, ce sont des villages avec structure d'accueil pour soins à domicile, à l'attention de 'retired persons'. Le rêve ?

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La plage de Thames nous offre le spectacle d'une colonie d'oiseaux migrateurs à bec rouge, ils sont rassemblés sur la plage dans la même pensée commune qui donne un tableau impénétrable. La plage leur appartient. J'ose les approcher de plus près, ils me font un envol collectif et je filme pour Mahalia qui a 9 ans aujourd'hui.

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Soirée passée dans une caravane, comme en 2004 à Port Saint Louis. Gigi et Annick se souviennent...

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17 avril 2019

Mercredi 17 Avril - Coromandel : km 15,494

La journée commence bien, trop bien. On a trouvé un raccourci pour se rendre à Coromandel, on va gagner 10 kms et 200 mètres de dénivelé. Au lieu de suivre la grande route SH25 vers le nord jusqu’à Kuaotunu puis virer à l’ouest sur Coromandel, on trouve sur la carte une toute petite route blanche intitulée ´the 309 road´ qui traverse la péninsule tout droit vers notre destination. Et ça démarre bien, dans une forêt tropicale où se mélangent toutes les espèces, dans une belle lumière d’automne, sur une chaussée agréable à rouler.  

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Et puis... le revêtement disparaît, on entre dans une zone gravillonneuse, qui se transforme petit à petit en une boue épaisse qui s’imprègne et se colle entre roues et garde boues. Pas de chance, c’est justement le moment où la pente s’accentue, et passe de 2 à 9%. Une seule solution : accélérer pour  ne pas se mettre en travers. Les amateurs de VTT trouveraient ça super, on a du mal mais on finit par s’amuser, et je me dis que - enfin, ça ressemble à ce qu’on attend d’un pays comme la Nouvelle Zélande, des pistes comme au Canada. Le nettoyage à froid de la boue solidifiée nous prend quand même une bonne heure à l’arrivée.5898C69A-4943-475E-9A6E-4D16701FAF5B

On a la chance de rattraper le rouleau compresseur qui nous fait la trace, ça me rappelle une montée de la forêt du Risoux à ski de fond derrière le ratrack qui ouvrait la piste au dessus de Bois d’Amont, c’était dans les années 1990, à l’époque où il neigeait tout l’hiver. 

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Waiou Falls : un petit coin de Paradis dans la descente, une petite chute qui tombe dans un bassin, un décor de cinéma. Des amoureux occupent la plateforme au pied de la chute, bécot et bécot et puis s’en va...ouf, on peut prendre une photo.

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Dans nos rencontres avec des voyageurs, on nous a souvent parlé en bien de Coromandel. C‘est à la fois le nom de notre ville-étape et de la péninsule. La ville n’a rien d’exceptionnel. Ce qui fait la beauté de la péninsule, c’est l’intégration entre une nature partagée entre mer et forêts, et des petites stations touristiques de taille modeste, qui exploitent au mieux cette nature avec une offre semblable - office de tourisme, plage, cafés et restaurants, mise en valeur des bâtiments du patrimoine, activités sportives telles que kayak, surf, randos. La péninsule a connu quelques heures de gloire au moment de la ruée vers l’or, mais c’est le tourisme qui a pris le dessus aujourd’hui. On imagine que les habitants de la grande ville d’Auckland trouvent des moments d’évasion le week end dans cette péninsule distante de seulement 200 kms.

La question du jour : je me dis que si on n’avait pas entrepris ce voyage, on ne se serait même pas rendu compte de ce qu’on aurait raté. C’est terrible ! Alors même s’il m’arrive d’attendre Evelyne 2 minutes au sommet d’une côte, je ne lui en veux pas. C’était quand même une sacrée initiative d'amener cette idée folle sur la table.

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16 avril 2019

Mardi 16 Avril - Whitianga - km 15,454

Une longue et bonne nuit, coucher 20h, lever 7h, qui dit mieux ? Une grosse humidité parfaitement maîtrisée dans une tente bien montée, et au réveil... la tente extérieure est trempée, tout le reste est au sec. Notre terrain de camping ferme ses portes aujourd’hui pour durée indéterminée, on est les derniers clients, décision du propriétaire pour la plus grande tristesse du gérant. Quelques habitués se disent au revoir et s’enlacent pour la première et dernière fois, mais où vont ils pouvoir planter leur caravane ?

Les nouvelles circulent vite, on apprend l’incendie de Notre Dame de Paris. Terrible, on se sent Français pour de vrai, un événement qui nous concerne et nous attriste, on va passer la matinée à rouler en symbiose avec les pompiers de Paris.

Un défi nous attend ce matin : il faut arriver à Hotwater Beach au moment de la marée basse, vers 10 heures. C’est un endroit particulier qui fait le régal des géothermiciens : les volcans en activité il y a 5 millions d’années ont imprégné la roche, à 2000 mètres sous nos pieds, d’une température qui se refroidit très lentement. Des réservoirs d’eau récupèrent la chaleur qui remonte à la surface sous forme de sources d’eau chaude, elles jaillissent dans le sable à marée basse. Pour nous, il faut d’abord traverser à vélo la forêt (très belle), passer une longue colline comme si on grimpait l’échelle des pompiers... et à 10h30, on est à la plage.

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C’est rigolo. Une plage déserte, et au loin, un filet de couleurs vives. On s’approche, on a d’abord l’impression d’apercevoir des gens partis à la cueillette de crabes, bigorneaux, couteaux, crevettes... comme en Bretagne. Mais plus on s’approche, plus on les voit tassés les uns sur les autres, avec des pelles, on pense à des chercheurs d’or qui se querellent un morceau de territoire. Chacun s’est creusé son bassin dans le sable, petite piscine, pour un bain d’eau chaude qui sort à 60 °. On a l’air fin avec nos clés allen, en l’absence de pelle, on s’approprie les piscines vides.

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La suite... une ballade agréable dans la verdure des petits vignobles jusqu’à la Mercury Bay, un coup de  ferry et on atterrit à Whitianga pour une soirée cool dans une cabine, reprendre des forces et de l´énergie avant le dernier tronçon vers Coromandel. Toujours un super beau temps, j’ai l’impressIon que les saisons ont été sympa avec nous depuis le début. Ça aide...

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15 avril 2019

Lundi 15 Avril - Tairua : km 15,412

Debout avant l’aube, il faut profiter d’être sur la côte Est pour assister à tous les levers du soleil, pourquoi pas voir le rayon vert. Être le premier sur la plage, sentir le froid du matin jusqu’à l’arrivée du premier rayon, et faire participer à distance la petite famille qui se trouve aux antipodes en France, prête à aller se coucher. Le jour et la nuit, et puis la nuit et le jour.

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Il faut se sentir en forme pour aborder la route touristique qui fait le tour de la péninsule de Coromandel, paysage fait de collines, collines et collines. Des pentes qui ne dépassent pas 8%, c’est abordable, c’est même un plaisir avec ce ciel bleu et une température idéale autour de 20°. 

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À midi, le dénivelé est fait, on s’installe à la table d’une station service pour un repas qui ressemble à une collation de 16 heures : pain beurre et chocolat. Evelyne y ajoute une boîte de thon pour tromper sa faim. Table partagée avec 2 jeunes - Française et Allemande - Ils sont courageux ces jeunes partis seuls avec leur gros sac à dos pour 2 à 12 mois, à la découverte, toujours dans le système travail - vacances. 

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La petite ville de Tairua se situe au nord de l’embouchure de la rivière Tairua, au pied d’un monticule - le mont Paku - où sont établies de belles villas résidentielles avec vue sur l’océan. La prospection d’or et le travail du bois sont à l’origine de l’établissement des colons, c’est aujourd’hui un lieu de passage rapide pour les touristes. Il reste 1 restaurant, on a la chance d’occuper la dernière table.

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Sur la plage de Tairua, au moment du coucher du soleil, on croise de petits oiseaux tout frais sortis du nid, une femme toute excitée vient nous expliquer qu’il s’agit de ´New Zealand shore ployer - tūturuatu’, une espèce en voie de disparition : la femelle niche dans le sable, et les chiens rôdent...on sort nos caméras 

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Brrr 20 heures, tout est fermé, on entre dans la tente, il ne fait pas chaud. À demain soleil !

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14 avril 2019

Dimanche 14 Avril - Whatamanga : km 15,372

Soleil pas trompeur ce matin, pour un combiné café - marche matinale sur la plage au sable dur. Un bon moment de quiétude, le long d’une longue plage à marée basse, trop frais pour se dévêtir et se jeter à l’eau. Au retour on tombe sur nos voisins, ils sont adorables, Linda and Michael, un couple d’origine Anglaise et Écossaise, établis à Wellington depuis 2 ans. Ils resteront en Nouvelle Zélande. Je me rends compte qu’on a souvent sympathisé avec des Britanniques tout récemment immigrés, hasard ou coïncidence ? Linda a commencé par nous offrir hier des barres de chocolat « you need energy », et ce matin, elle nous offre l’hospitalité  à Wellington. Trop tard...

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On a 5 étapes pour aller à Coromandel, un lieu recommandé par tous les guides. Ce sont de courtes étapes - entre 30 et 50 kms - mais toutes présentent un bon 500 mètres de dénivelé. On est bien loin de la Thaïllande et ses étapes planes de 100 kms. C’est un peu comme au nord de la Bretagne, la route touristique nous mène de plage en plage en passant par l'intérieur des terres, il faut franchir les collines. La végétation est belle, on a même l’impression à certains endroits qu’un jardinier intervient pour l'élagage - Olivier où es tu ? - on est loin du bush de l’ile du Sud.

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Arrivée à Whiritoa pour midi, l’étape est faite, on prend notre temps. La dame du seul café nous envoie faire une ballade sur la falaise, vue imprenable sur la plage et sur un gouffre où se jettent les vagues, on est à marée haute et ce pourrait être spectaculaire, mais la mer est trop calme.

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Les couleurs sont belles - on hésite entre le bleu-vert et le vert-bleu. On est à la recherche de beaux feuillages d’automne, et justement, en arrivant à Whatamanga, Evelyne débusque notre premier specimen qui commence à virer au rouge, un érable ?

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Tente plantée près de la mer dans un Motor Camp, un village de caravanes posées à l'année mais occupées uniquement le week end. Ils sont tous rentrés à la maison - travail oblige - et nous laissent seuls avec notre tente, les douches, et un ciel étoilé.

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13 avril 2019

Samedi 13 Avril - Waihi Beach : km 15,327

Si des Américains lisent le blog, ils vont croire à la faute d’ortographe... Waihi Beach est un petit coin tranquille d'un bout du monde. Avec ses 2 cafés, son super marché, ses quelques.motels, ses 2 terrains de camping Holiday Park Top 10, ses plages et ses menaces de tsunami, on est loin de faire concurrence à l´autre folie sans commune mesurée qui sévit à Miami Beach, avec ses plages, ses bars, ses célébrités, sa vie nocturne. On est arrivé dans un endroit calme pour gens calmes, situé à l'entrée de la péninsule de Coromandel connue pour la beauté de ses paysages, mais pas pour ses attractions.

On ne peut pas parler d’une belle étape : une grande partie se fait la route nationale numéro 2, c´est la route pour Auckland, on est doublé par des bolides pressés, c’est bruyant, et on n’a pas toujours l’espace suffisant pour rouler en sécurité. Le profil de la route est extrêmement valloné, on ne fait que monter et descendre. Dans ce genre d´étape, il faut rester concentré, mais il faut aussi avoir un truc en tête pour avancer. Pour moi, c’est la recherche des paroles de chansons. J’ai réussi à remettre de l’ordre dans la complainte des filles de joie avec ses rîmes en ´ol’, je pense avoir réussi à recomposer l’histoire en roulant. Je ne suis pas certain à 100% de l’ordre des couplets, mais j’ai retrouvé les textes et j’en suis content. Pour Evelyne - elle a un faible pour le poète Hölderlin qui lui a appris plein d’anecdotes - c’est jour de voyage avec Homère. Elle a en tête un épisode raconté par Hölderlin, qui évoque la vie de jeunes épris de culture, lors d’une soirée dans une grotte où siège un buste en marbre de Homère. A la fin de la soirée, chacun s’est coupé une mèche de cheveux qu’il a balancé sur les épaules du poète. Extraits....et puis un petit dessin pour se remettre des efforts de la journée.

A l’intérieur, dans la pénombre magique de la grotte, où la lumière ne pénétrait qu’à travers les feuilles et les branches, par les interstices des rochers, se dressait le buste en marbre de l’Aède qui semblait sourire à ses pieux descendants.  Nous nous assîmes autour comme des enfants autour de leur père, et lûmes quelques chants de l’Iliade, au gré de nos préférences, car nous étions tous des familiers.../... Enfin, en rougissant, Mélite se pencha vers Notara et lui murmura quelque chose à l’oreille. Notara, heureux de l’attention qu’avait imaginée la jeune fille, sourit, prit les ciseaux qu’elle lui tendait et se coupa une boucle de cheveux. Je compris et l’imitai sans mot dire. « A qui d’autre qu’à toi ? » dit Adama en élevant sa boucle à la hauteur du buste....

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Les autres souvenirs du jour : quelques belles haies, un petit nuage éphémère et sans occupation, un train de marchandises qui rappelle le Canada...

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 ... et a l’arrivée, des jeunes qui font la course, c’est la fille qui l’emporte.

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12 avril 2019

Vendredi 12 Avril - Tauranga : km 15,262

Les premiers rayons du soleil sont pour nos guidons, la nuit a chassé la tempête.

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Les deux grandes questions du jour : Brexit or not Brexit, Hobbit or not Hobbit. Pour le Brexit, le choix de notre itinéraire ne changera pas grand chose. Pour les Hobbits,  une opportunité unique se présente à nous : le village de Matamata, situé à 80 kms, abrite, creusé dans ses collines, le village de Hobbiton, avec ses minuscules maisons conçues pour les petits personnages du Seigneur des Anneaux. A la suite du tournage du film, quelqu'un a eu l'idée de conserver le décor, Matamata est devenu un site touristique à succès. Pour nous, le détour a un prix : 500 mètres de dénivelé en peu de kms le lendemain pour retomber sur nos pieds. Décision vite prise : on fait l'impasse, et on restera sur le souvenir d'une soirée passée fin décembre 2001 dans un cinéma de Toulouse où on avait du mal à se concentrer sur les aventures des Hobbits, nos pensées s’envolaient vers le bébé au bonnet orange qu’on venait de rencontrer à la maternité. De son côté, Evelyne immortalise la scène dans un dessin taillé comme dans la pierre.

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On roule vers le nord, le long de la rive Est du lac de Rotorua, la tête remplie d’images de lave dégoulinant jusqu’à ce que le socle s’effondre, mais où était on il y a 250,000 ans ?

168B0647-19F6-4514-B15A-5CE4307256A7Première pause  aux chutes de Okere. Rien à voir avec Niagara, mais pour ceux qui ont l’âge de la folie, un circuit proposé en rafting pour descendre la rivière Kaituna est sportif et plein de sensations, il traverse des successions chutes d’une dizaine de mètres de hauteur, on entend de grands cris, surtout des filles. On préfère une petite marche à pied le long de la rivière, dans une forêt presque tropicale, et tant pis si ça retarde notre journée.

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Le café de 11 heures, il se prend à 13 heures, dans le seul bar sympa sur notre longue étape. On fait halte au Trading Post de Paengaroa. Une auberge qui ressemble fort à une maison de Hobbit, le monde est vraiment petit ! C’était le relai pour chevaux et diligences, qui date de 1870, une époque très ancienne pour la Nouvelle Zélande. Le propriétaire a ouvert il y a 15 jours, il en a fait un endroit chaleureux, un jardin mignon minuscule avec quelques tables - le genre d’endroit oú on ne rate rien de la conversation des voisins -  des petites salles intimes à l’intérieur, avec décoration tableaux, c’est cosy, le genre d’endroit où on adore trouver refuge en fin de journée et passer soirée et nuit. Dommage, on a encore de la route... mais on recommande l’endroit. Le nouveau patron, un ancien du marketing de grosse société, s’est lancé un défi. Et il nous offre le second café, trop content qu’on ait placé son établissement sur la route du tour du monde.

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 Il est 14h30 quand on attaque les 35 derniers kms, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire. Les kms après 14h30 comptent double, et les montées comptent triple. En passant près de Te Puke, on découvre les exploitations géantes de kiwis. Les arbres forment de véritables cathédrales, ils sont protégés contre le vent et la pluie par des haies de tuyas de plus de 10 mètres de haut. 

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Arrivée avec le coucher du soleil, on retrouve l'océan, et une température de plus en plus clémente. Tauranga, un port bien protégé calfeutré à l’intérieur des terres. Une ville en pleine croissance avec ses 100,000 habitants, on la parcourt de nuit à vélo à la recherche d’un lieu sympa. Une grande artère traverse la ville dans sa longueur, entrecoupée par des avenues numérotées de 1 à 23, on ńy trouve pas le charme de Wellington.

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11 avril 2019

Jeudi 11 Avril - Rotorua : km 15,173

Bonne activité au réveil : on déménage. La météo annonce une pluie violente, on transfère la tente dans une cabine, et on passe la matinée dans l'eau chaude minérale de la piscine naturelle, à attendre la pluie...qui ne vient pas.
On part en visite au moment où la pluie commence à tomber. Rotorua est connu pour toute l'activité géothermique qui l'entoure. Ça sent fort le souffre. En regardant de près une carte de la région, on voit le lac enfoui dans la caldeira, il s'est formé il y a 250,000 ans lors l'effondrement de la poche magmatique du volcan en éruption. 

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C'est une région qui attire le tourisme, en particulier les jeunes amateurs de sensations fortes : émotions garanties dans les activités de tyroliennes, sauts à l'élastique, pendules, descentes de rapides, jet boat, ... De notre côté, la nature est suffisamment belle pour nourrir nos émotions, inutile de faire le saut de l'ange pour rêver.

Déception en arrivant au musée de la ville : l'établissement ne respecte pas les normes de sécurité sismiques, il est fermé pour une durée indéterminée. La bonne nouvelle : il n'est pas impossible de le remettre aux normes, mais on ne sait pas à quel prix et dans quel délai. Dommage, c'était le bon endroit où se réfugier sous la pluie.

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On a un plan B, un pub Irlandais qui nous joue de la musique Country Irlandaise, celle que Dan O'Sullivan nous avait fait connaître dans les environs de Kilkenny, à l'époque où Evelyne découvrait le vélo et Elina la vie. La télé passe des extraits du rugby à 7, tournoi de Hong Kong.  Après avoir battu la Nouvelle Zélande en 1/4 de finale, la France se qualifie pour la finale en battant les Samoa par 19 à 12. On arrose ça. J’apprends que les Fidjis ont finalement emporté la finale. 
Pluie et vent tempête pour terminer la journée, tout cela sera balayé demain et on pourra reprendre la direction de l'océan, puis la péninsule de Coromandel.

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10 avril 2019

Mercredi 10 Avril - Rotorua : km 15,164

Réveil dans la tente couverte de gouttelettes, une seule solution : foncer dans la baignoire en plein air, et attendre que ça sèche. Evelyne préfère prolonger son rêve sur son matelas, elle craint que la chaleur du bain réduise ses performances à vélo. Elle est devenue pro !. Mais quand même, 37 degrés le matin, ça dégage les narines, ouvre les pores de la peau, donne de l'appétit...

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Départ 10h30, on prend notre temps, pas de précipitation aujourd’hui, on veut simplement avancer jusqu’à Rotorua, On a encore les couleurs d'hier dans la tête. On suit la Waikite Valley, bon choix, une route bien verte, vallonée, agréable à rouler. Des troupeaux y paissent en toute tranquillité, les vaches alpines font des traversées exactement comme on le ferait avec  nos skis, poids du corps sur la jambe aval. Un moment de stress avec la rencontre de l’essaim d’abeilles en cours de capture par l’apiculteur, je passe à travers comme s’il s’agissait d’un champ de mines, tête baissée, à fond sur les pédales. Evelyne, que je préviens à haute voix, crois que je veux la photographier, elle n’a pas le temps de se faire belle quand elle aperçoit à son tour le danger. On s’en sort. 

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Peu avant l’arrivée à Rotorua, au sommet d’une côte, une histoire maori, la première légende... celle du grand chef Ruamano et son épouse infidèle Waiarohi. L’histoire révèle les valeurs du grand chef qui va préserver les intérêts de son peuple au détriment de sa fierté personnelle. Chez les maoris, un chef est un chef. 

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On fait l’impasse sur le parc Te Puia, un site qui semble trop touristique, et la nature ne vaut pas celle de Wai-O-Tapu. On va rater le geyser le plus haut de l’hémisphère Sud, on ira voir le jet d’eau de Genève, promis. On plante la tente au Holiday Park, et le soir, on part à la découverte de la ville dont on a beaucoup entendu parler. « C’est beau », disent les gens, parce qu’il y a un lac, et surtout une rue piétonne de 200 mètres bordée uniquement de restaurants de bonne qualité, on peut manger Indien, Italien, Thaï, Chinois... boire des bières en faisant du bruit, en terrasse ou à l'intérieur. On choisit l’Italien, en se demandant si on n’en va pas rester 3 semaines à Rotorua. En tout cas demain.

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09 avril 2019

Mardi 9 Avril - Waikite Valley : km 15,115

Le ton est donné  dès le départ : un coup d’oeil derrière nous, et on découvre à l’horizon le paysage qu’on a longé dans la brume avant hier : le Ruapehu légèrement teinté de blanc, et le Ngauruhoe, en forme de cône, qui lui fait face. On les avait rencontrés sous forme de cartes postales, mais ce n’est pas la même chose de les découvrir tout frais au réveil.

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On progresse dans un paysage bicolore vert et bleu, entrecoupé de montées de fumerolles. Notre regard a du mal à se détacher de ces petits nuages blancs, heureusement on roule sur une petite route secondaire tranquille, plane, sans aucun stress. Une étape superbe.

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 Le clou de la journée : la visite du site Wonderland de Wai-O-Tapu. Là encore un parcours dans une immense caldeira, mais on ne sé contente pas de fumerolles : l´acidité transportée par les vapeurs d’eau a provoqué à la longue des effondrements spectaculaires et fabriqué des cratères au fond desquels ça crépite pite pite. Les minéraux sont remontés à la surface, provoquant une coloration comparable à l'éventail de nos boîtes de Caran d’Ache. Une ballade à pied de 2 heures, un moment  unique de la vie. Le site nous avait été recommandé il y a 3 jours par un néo-zélandais fier d’être de la 5ème génération, s’il y a une visite à ne pas rater dans cette région riche en sites spectaculaires, c’est celui là.

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Cerise sur le gâteau... à une dizaine de kms de là, le Waikite Valley Thermal Pools est un petit site sans prétention qui offre une dizaine de piscines naturelles avec des bains de 37 à 42 degrés. Il dispose de quelques places pour planter la tente, on en profite car on est à cheval sur 2 jours de grand beau. Baignade au moment du coucher de soleil, on n’a même pas besoin de se préoccuper de réchauffer l’eau comme on devrait le faire dans la baignoire. Seule la faim nous fait sortir de l’eau.

On dort à deux pas des fumerolles... si le vent tourne ce sera une expérience nouvelle cette nuit. La température ne doit pas descendre en dessous de 8°, on va se pelotonner et on aura chaud...

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 ... et on aura du mal à empêcher la couleur de s’installer dans nos rêves.

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08 avril 2019

Lundi 8 Avril - Taupō : km 15,050

Un lundi de commerçant, on se met en congé pour la journée. D’abord parce qu’on est bien là où on est, et surtout parce que le lieu est magique, il s’y déroule plein de choses inhabituelles. Mais on ne les voit pas, ou peu, car tout se passe sous terre. Ça bout, ça crépite, ça dégage des fumerolles et de la chaleur. Une vie souterraine intense, qui attire et effraie.

On attaque la journée par un bain à 40° dans un espace naturel ouvert. Tous les établissements - même les terrains de camping -  proposent à leurs clients une piscine naturelle chauffée, l’eau jaillit à bonne température de la terre. Une eau minéralisée - on nous déconseille de tremper la tête - mais inodore. Comme dans un bon spa, on reçoit notre dose de massages souterrains et douches chaudes, un moment particulièrement cool, sans rouler.

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Un bain qui creuse l’appétit, on en sort affamé, et on attaque un second breakfast avant d’avoir digéré le premier.

Pour le reste de la journée, une seule activité : à une dizaine de kms de Taupō, le site de Waitakei propose une visite du ‘cratère of the moon’. Un volcan qui a eu sa période d’activité éruptive, et se limite pour l’instant à un magma bien chaud qui dégage de belles fumerolles. Le cratère a été aménagé pour nous permettre une marche en relative sécurité (rien ne dit que tout cela ne va pas tout d’un coup exploser) sur un sentier en bois - défense absolue de s’en écarter -, une ballade d’une heure de cratère en cratère. Le moment fort : la boue qui fait de grosses bulles au son du crépitement de la vapeur d’eau qui sort de la roche. On regrette une seule chose : ne pas avoir emmené les œufs et le coquetier.

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Un moment qui ramène Evelyne à l’anecdote de la sandale d’Empédocle : un philosophe originaire d’Agrigente en Sicile, qui se suicida en se jetant dans l’Etna. Sa sandale de bronze fut retrouvée, certains croient que c’est l’Etna qui l’avait rejetée, mais Evelyne sait très bien que le philosophe l’avait posée sur le bord du cratère pour que l’on sache qu’il avait fait le grand saut.

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Fin de journée, le ciel crache sa lumière hollywoodienne qui annonce le grand beau pour les 2 prochains jours.

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07 avril 2019

Dimanche 7 Avril - Taupō : km 15,021

Réveil humide et glacial, et pourtant on est passé à l'heure d'hiver, l’heure supplémentaire de soleil ne suffit pas pour nous réchauffer. On se précipite dans la cuisine commune du camping, c'est pire, trop humide, on est finalement mieux dehors face aux premiers rayons du soleil.

On est à un bout du lac de Taupo, avec un programme simple : se rendre à l'autre bout. Une étape de 50 kms en bord de lac, avec une bonne colline de 150 mètres de dénivelé au milieu. Avec un moment spécial en haut de la côte : on passe le km symbolique 15,000, un repère puisque c'était la distance initialement prévue pour notre voyage. Alors... on s'arrête ?

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On continue... L'étape est belle, le soleil brille par intermittence, le lac dégage des teintes turquoise, des cônes volcaniques s'élèvent autour de nous, on se met à penser aux époux Kraft qui ont passé leur vie à défier les colères des volcans. Malgré l'envie, on évitera la tentation.

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Café - croque monsieur au bord de l'eau en arrivant à Taupō, dans une ambiance cool du dimanche en famille, un bar branché qui joue The Dock of the bay. Evelyne écoute avec intérêt sur son smartphone un exposé de l'Uni de Montréal sur les fondements de la philosophie de Nietzsche, pendant que je rédige le blog... Elle en sort en m'expliquant le secret de la plus grande jouissance : vivre intensément, dans la joie, la création, la plénitude vitale, le corps et la culture. Il nous reste 2,5 kms pour méditer avant de retomber sur terre à la recherche de notre Holiday Camp. On va rester 2 jours au pays des sources chaudes. Je propose de planter la tente ⛺️  dans une cabine, on médite bien mieux au chaud. 

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... et qu’est ce qu’on se sent bien dans notre 1 pièce cuisine douillet à 18h quand l’orage éclate. Au début, ça gronde fort, on hésite entre tonnerre et volcan... mais c’est bien la pluie qui se met à dégouliner à grosses gouttes, on va mettre pour la 1ère fois le chauffage, on va se peletonner et regarder le film du dimanche soir.

Quelques chiffres, suite au passage des 15,000, qu’on peut classer en 2 catégories :

- 14,000 kms parcourus en étapes pour avancer d'une place à l’autre. Au total 181 étapes, avec des distances moyennes de 77 kms (entre 40 et 150), à une vitesse moyenne de 17,7 km/h.

- Les autres 1,000 kms sont les distances parcourues localement lors de la visite des lieux où on est resté (exemple Vancouver, Tokyo, Seoul, Saigon, Bangkok, Ko Tao, Nord de la Thaïlande et Laos, ...), au cours des 136 jours restants.

Le rapport entre les 181 jours de vélo et 136 jours de visite est interessant, il signifie tout simplement qu’on a fait en moyenne  chaque semaine 4 jours de route et 3 jours de visite. (Pour les matheux... 181 / 136 = 4 / 3). Une façon de dire qu’on a inventé la semaine de 32 heures !

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06 avril 2019

Samedi 6 Avril - Turangi : km 14,970

On a mis le réveil à 7 heures, il fait encore nuit et il pleut. Quelques minutes de farniente, on est bien sous la couette avec tous nos habits qui sèchent à nos côtés sous les draps. La raison l'emporte vite, on a un jeu de poker avec la météo aujourd'hui. Je donne l'exemple, et dès que le café est prêt, Evelyne sort du lit.

Mais très vite, elle donne des signes de ‘on roule cool’, envie de causer, comme pour retarder le départ. Inspirée par le geste qu'elle fait en coupant sa pomme et son oeuf mollet en deux, elle me raconte un de ses  films fétiches 'Le cheval de Turin' de Béla Tarr. Son geste lui rappelle une scène répétitive du film, où le père et la fille pèlent chacun leur pomme de terre, unique repas de la journée. Jusqu'au moment où il ne reste plus qu'une pomme de terre pour deux, et puis plus rien, ni pomme de terre ni schnapps. Le film fait référence à une anecdote de Nietzsche, sur le chemin de la démence, qui serait allé embrasser un cheval maltraité par son cocher, probablement une envie irrésistible d'embrasser sa mère.

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Pour ne pas être de reste et ne pas lui donner l'impression de vouloir forcer l'heure du départ, je lui raconte à mon tour une scène d'un film que je n'ai jamais vu. "Le pont", film bosniaque, deux amants séparés se retrouvent par hasard à l'occasion d'un procès où chacun appartient au camp opposé. La scène se passe dans un café, juste avant d'entrer au tribunal, les anciens amants sont côte à côte, leurs mains se frôlent... Pas de chance, je tiens la scène du livre qu'Evelyne m'a passé, elle l'a lue avant moi et éclate de rire, elle ne l’a pas oubliée.

Et à 9 heures pétantes, on est parti, la pluie a cessé, la température est montée à 6 degrés. Evelyne tout terrain - ETT - devient Evelyne toutes températures, avec une paire de chaussettes rouges toutes fines qu’elle sort comme par magie de son sac. La première fois qu’elle habille ses doigts de pieds en 10 mois. Motivée par l’idée de traverser la route du désert, elle se régale de voir le panneau qui signale notre entrée dans le désert.

ADEF5227-2A9F-4DD3-860E-75029ECCC04DC’est un plateau vers lequel la route monte progressivement jusqu’à l’altitude 1074, la température tombe à 4 degrés.  Sur la gauche, le Ruhapehu, toujours en activité, il offre une éruption chaque année, la dernière éruption violente remonte à 1996. Perché à près de 3000 mètres, il abrite les plus belles pistes de ski de l’ile du Nord. C’est certainement un joli panorama, hélas bien caché derrière le brouillard. Heureusement, on a mis la main sur des cartes postales qui en disent long sur les cônes  volcaniques de la région.

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 On fait malgré tout un concours de photos, mais on ne se souvient même plus lequel a pris laquelle. Match nul.

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Un bon moment de la journée, avec l’arrivée de quelques rayons de soleil, la température monte immédiatement. Tiens, et si on faisait une petite pause café ?

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Trop longue, la pause café, la pluie a le temps de nous rattraper. Mais on l’oublie vite, une petite ondée que l’on sèche aussitôt au vent dans la descente sur Turangi. On ne la retiendra pas dans nos journées de pluie, on compte toujours 2 jours de pluie sur 10 mois de randonnée. Et l’horizon s’ouvre en arrivant sur Turangi, notre premier volcan...

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... en carte postale, il procure presque la même sensation.57943966-6F7D-4A36-927A-FACE855AE73C

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05 avril 2019

Vendredi 5 Avril - Waiouru : km 14,906

Le patron du Café - Camping nous a parlé de Flat Hills. On a effectivement une belle étape à travers les collines, mais on ne peut pas dire que ce soit plat. Le dénivelé de la journée dépasse les 1000 mètres, dans un paysage peut-être modelé par une succession de séismes. En tout cas on est gâté par la variété du relief qui nous entoure : des failles, des falaises, tout ce qu’il faut pour nous distraire. Rien n’est plat, mais rien n’est raide. Et quand on arrive à midi à Taihape, on est à mi-parcours, avec la possibilité d’y faire étape, Evelyne refuse, elle veut continuer et mener le petit au bout. Échange avec les motards qui l’ont doublée dans la dernière côte dans un bruit d’enfer, elle leur dit ‘vroum vroum’ et ils pensent qu’elle les encourage à faire pétarader leur engin. Quand ils nous doublent à nouveau après le café de midi, on a droit à une succession de klaxons et de bras levés. Evelyne pourrait continuer à moto, elle se ferait plein de potes.

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Une journée dans une atmosphère humide, mais il ne pleut pas. Température entre 11 et 13 degrés, on est à la latitude de Valence en Espagne, on espère qu’en allant vers Auckland, qui est à la latitude de Gibraltar, ça va se réchauffer un peu. 

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Heureux de trouver à Waiouru un motel avec chambres équipées en cuisine, ce n’est vraiment pas un temps à coucher dehors, la pluie tombe en même temps que notre plat de pâtes à 19 heures. On est arrivé à l’entrée du parc national Tongariro, au pied du mont Ruapehu qui surplombe un lac enfermé dans le cratère du volcan. Demain, c’est la traversée du désert de Rangipo qui nous attend, altitude 1000, on espère voir plein de cailloux, et apercevoir le volcan qui culmine dans la brume à 2000 mètres.

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04 avril 2019

Jeudi 4 Avril - Ohingaiti - km 14,847

Etape de transition, on a choisi  d'aller de Palmerton à Mangaweka par la plaine, 100 kms sur les grandes routes nationales 3 et 1. En roulant en bonne sécurité sur une bande de 50 à 80 cm de large, avec quelques frissons parfois quand des semi-remorques nous frôlent à 90 km/h, en émettant un violent appel d'air. Une campagne pas désagréable, bien aérée, les couleurs du jour sont les couleurs de la semaine, du bleu au vert en passant par le jaune.

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Nos collègues cyclistes Frank et Sophie  ont choisi l'option montagne, même distance, moins de trafic, plus de côtes. Ça ne me surprendrait pas qu'on se retrouve demain aux alentours de Mangaweka et qu’on poursuive jusqu’à Taupo ensemble.

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Evelyne prend son pied chaque fois qu’elle voit passer un train de marchandises, un vieux souvenir qui lui rappelle la traversée du Canada. Mais la comparaison s’arrête là, la longueur du convoi ne lui a même pas laissé le temps de sortir son appareil photo. Pas grave, elle a plus d’une photo dans son sac.

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A Ohingaiti, on s’est bien rapproché des montagnes qui se dessinent au loin et nous attirent déjà. Prochaines grimpettes dès demain.

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Camping cabine au Flat Hills Café, qui se trouve pile à l’endroit où on avait envie de s'arrêter. En compagnie d’un groupe d’Alpagas tout fraîchement rasés, on les plaint, les soirées commencent à être fraîches et les nuits bien froides. Ce matin, il a fallu que j'amène le café chaud à Evelyne sous la tente pour qu’elle ose sortir de son sac. Ça ira mieux dès dimanche avec le passage à l’horaire d’hiver, on va gagner 2 à 3 degrés au réveil, et un peu de soleil pour sécher la tente.  A l’approche des zones volcaniques, on entre dans un territoire assez désertique et montagneux, où il faudra bien gérer les distances et les étapes. On est prêt.

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03 avril 2019

Mercredi 3 Avril - Bulls : km 14,786

Sophie et Frank, on les retrouve sur la place du village, au moment du départ. Chacun a suivi sa route hier, pour nous c'était le jeu de cache cache avec la pluie sur la grand route, pour eux les chemins vallonnés bien arrosés par la pluie. Si on avait voulu se donnet RDV ce matin, on n'aurait pas fait mieux. Échanges d'expérience, on leur raconte notre rencontre avec les kiwis, ils nous parlent avec enthousiasme de la route tranquille qu'ils ont prise, de jolies petites collines sans circulation.

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Nos chemins convergent ce matin, on doit franchir le même col, c’est marrant de se retrouver 2 jours de suite au même endroit à la même heure. Comme ce sont des pros, je me dis qu’on n’est pas si loin de l'être...
Une montée agréable qu’on avait initialement éliminée de notre programme en contournant l’obstacle par la route des gorges. Les aléas de l’état des routes en ont décidé autrement, et on ne regrette pas, c’est chouette... sauf au passage de quelques semi-remorques un peu trop pressés.

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Surprise en attaquant la descente sur Palmerston : c’est une grande plaine qui s'étire devant nous dans toutes les directions, on a vraiment basculé sur le versant Ouest de l’ile du Nord, la mer de Tasman n’est pas loin. Tout est à refaire, dès demain on reprendra le chemin de la montagne.

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On se quitte à l'arrivée à Palmerston, notre dernière grande ville avant Taupo. Ils sont invités chez un hôte warmshowers, leur première expérience, avec le petit bout d'inquiétude ou d’appréhension des enfants qui vont pour la première fois dormir chez des amis. On profite de la ville pour trouver un magasin de cycles. Les 2 vis qui tiennent ma béquille sont cassées, tout en restant vissées dans le filetage, adieu béquille il faudra trouver un magicien de la perceuse pour te remplacer. Par contre, je suis heureux de trouver un pneu Schwalbe Marathon Plus - la marque préférée de tous les cyclos - pour remplacer un pneu de secours qui aura fait 5000 kms depuis Hué, et qui m’a inquiété toute la matinée avec une hernie naissante. Après vérification, on voit que l'intérieur du pneu présente des fibres qui s'étirent. Comme quoi, un pneu bon marché, ça finit par coûter cher...

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Camping avec douches, toilettes et cuisine, Evelyne trouve une nouvelle recette à base de pommes de terre, oignons, beans, crème de champignon. C’est onctueux, c’est moelleux, on se régale. Et on reste un moment dans la cuisine-salon, les soirées deviennent fraîches. Et si on dormait dans la cuisine ?

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02 avril 2019

Mardi 2 Avril - Pahiatua : km 14,716

Bien décidés à faire une bonne étape, grand ciel bleu et temps frais des matins d'automne au départ.

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On fait un bout de route avec Sophie et Frank, un couple de 96 ans, des baroudeurs des vrais. Instituteur et documentaliste, ça fait des années qu'ils ont un mode de fonctionnement moitié travail, moitié rando, 6 mois à  fond, puis 6 mois à fond. Leur vélo a parcouru plus de 100,000 kms, à travers Patagonie, Asie, routes désertiques des bush d'Australie...La vie est un grand tour à vélo. Mais que feront ils quand ils prendront leur retraite ? On a des vélos semblables, mais des plans différents : ils suivent les trails tout terrain, on reste sur les routes. Ils ont suivi avant hier la route des tunnels de l'ancienne voie de chemin de fer, là où on a hésité, et reconnaissent que ce n'était pas facile, avec quelques éboulements et passages étroits vertigineux. On se quitte mais on se retrouvera, notre route vers Auckland va suivre les mêmes étapes, chemins différents.

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La route s'élève en pente douce jusqu'au Mount Bruce, on est vite rattrapé par la pluie qu’on n’attendait pas. Arrêt providentiel au centre d´interprétation de la nature Pukaha, transformé en nursery pour kiwis. La population kiwi est en voie d’extinction, leur nombre est passé de millions à 60,000. La faute aux nombreux prédateurs qui ont été ré-introduits et qui rôdent. Le centre s’est organisé pour assurer leur protection : les Rangers parcourent la forêt pour récolter les œufs, et quand le petit kiwi casse sa coquille, il est pris en charge, logé et nourri jusqu’à l’âge de 6 mois. Quand il commence à avoir assez d'énergie pour se défendre, il est remis à la vie sauvage. On arrive pile à l’heure du repas d’un petit de 8 jours, merci la pluie !

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Cache cache avec la pluie qu’on arrive à éviter en faisant une halte vegan à Eketahuna. Intuition féminine ? Evelyne découvre que les gorges de Manawatu sont fermées depuis 2017 suite à un éboulement. C’est notre route prévue pour demain entre Woodville et Ashhurst. On change nos plans, on fera plus court aujourd’hui et plus haut demain. En restant bien décidés à passer à gauche de la montagne, direction Waiouru et parc national Tongariro.

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Ce soir, dodo dans un Backpackers à vendre, le vieux monsieur propriétaire nous reçoit dans son bar à bière, pieds nus, et nous accompagne dans notre 2 pièces cuisine avec une bouteille de lait qu’il dépose discrètement dans le réfrigérateur. Santé, pas !

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01 avril 2019

Lundi 1er Avril - Masterton

Aujourd'hui 1er avril, on décrète jour férié pour notre trip. Mais pas pour le blog, même s’il y a peu à dire... à moins qu’on annonce notre intention de prolonger notre voyage d’une année, pourquoi pas en refaisant le même itinéraire en sens inverse... île du Sud, Hua Hin, Luang Prabang, Siem Reap, Saigon, Hanoï, Seoul, Busan, Hiroshima, Kyoto, Tokyo, Vancouver, Montreal, Lyon, Annecy, Moens. Une idée qui fait son chemin. 

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Journée de congé, repos, farniente, terrasse café. On en profite pour ne pas passer l’aspirateur ni la serpillière, cela fait 10 mois qu’on fonctionne sans balai, aspirateur, panosse, chiffon à poussière. Par contre, on est devenu fort en préparation Nescafé, œufs durs et sandwich gouda tomate, notre repas de fête.
La visite de Masterton nous prend la moitié de l’après-midi : on parcourt plusieurs fois à pied la rue centrale, Queen Street, du Nord au Sud vent dans l'dos, du Sud au Nord vent de face. On ne s’en éloigne pas, pas question de se perdre. Passage chez le marchand de cycles qui n’a aucune solution pour changer ni la béquille fragile de mon vélo, ni le porte bidon cassé, ni le porte drapeau. La météo, qui  annonçait pluie et vent, a eu raison pour le vent, elle est passée à côté pour la pluie. On n’aurait pas apprécié une étape de 80 kms contre des rafales à 35 km/h, on se félicite donc de notre choix et on trouve la journée bien belle comme elle est.

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Un bref passage au musée d’art et d’histoire de la ville, pas de chance on est trop tôt et trop tard à la fois, entre 2 expos. Il reste quelques poissons qui grimpent les murs, ça tombe bien, on est le 1er avril.

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31 mars 2019

Dimanche 31 Mars - Masterton : km 14,645

Une étape courte, 40 kms de longues lignes droites dans la plaine, face au vent, on n’avance pas plus vite qu’hier sur nos pentes raides. Evelyne en vient à préférer la montagne au vent, elle devient pro. La principale attraction du jour : des vaches drapeaux, avec leurs robes qui semblent toutes douces, à croire qu’on a croisé vache et mouton.

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A 10 kms de Masterton, premier incident mécanique sérieux, un frottement monstre dans le vélo d’Evelyne : après l’avoir tourné dans tous les sens, on s’aperçoit que la fourchette gratte le grand plateau. Pas grave, Evelyne fera 10 kms sun petit plateau. A l’arrivée, je reprends mes cours de mécanique vélo en remerciant Brice pour leur clarté : le bord inférieur de la fourchette doit se situer 3 mm au dessus des dents du grand plateau. C’est gagné, il faut déplacer la gourde qui exerce depuis 14,645 kms une pression sur le support de la fourchette, remonter le support de la fourchette de 3 mms, recentrer la fourchette sur l’axe de la chaîne... merci Brice, ça marche.

On a fait étape à Masterton, 20000 habitants, c’est la plus grande ville de la région Wairapapa, une longue plaine calée entre la chaîne de montagne qui borde la mer et celle qui traverse l’ile par son milieu. On anticipe un probable mauvais temps demain et une journée de repos, on trouvera de quoi passer là une journée s’il pleut. A l’office du tourisme, on reçoit de nouvelles cartes de l’île, avec des explications qui nous interpellent. On aura une décision importante à prendre après notre prochaine étape à Woodville : tourner à droite ou tourner à gauche ? Préférence pour la gauche, en direction de la route volcanique qui va de Waiouru à Taupo, et de la traversée du désert de Rangipo, on ne sait pas ce que ça signifie, mais le nom est tentant...

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